Marc, vm
âge, toujours recueilli devant Dieu : dès l'âge de douze ans, il quittoit ses parents et amis, pour aller vaquer, disoit-il, aux affaires de son Père '. Surtout elle en verra quelque autre dont le soin principal sera de conserver son corps et son âme dans une pureté très-entière ; il n'a que de chastes plaisirs, il n'a que des amours innocents; Jésus possède son cœur, il en fait toutes les délices. Parlez-lui d'une parole d'impureté, c'est un coup de poignard à son âme; vous verrez incontinent qu'il s'arme de pudeur et de modestie contre de telles propositions. Voilà, Chrétiens, voilà un enfant de la Vierge : comme elle s'en réjouit! comme elle s'en glorifie! comme elle en triomphe! avec quelle [joie] elle le présente à son bien-aimé, qui est par-dessus toutes choses passionné pour les âmes pures I
C'est pourquoi excitez-vous, Chrétiens, à l'amour de la pureté; vous particulièrement qu'une sainte affection pour Marie a attirés dans une société qui s'assemble sous son nom, pour se perfectionner dans la vie chrétienne. C'est votre zèle qui a aujourd'hui orné ce temple sacré, dans lequel nous célébrons les grandeurs de la majesté divine. Mais considérez que vous avez un autre temple à parer, dans lequel Jésus habite, sur lequel le Saint-Esprit se repose. Ce sont vos corps, mes chers Frères, que le Seigneur a sanctifiés, afin que vous eussiez du respect pour eux ; sur lesquels il a versé son sang, afin que vous les tinssiez nets de toute souillure; qu'il a consacrés, pour en faire les temples vivants de son Saint-Esprit, afin que les ayant ornés en ce monde d'innocence et d'intégrité, il les ornât en l'autre d'immortalité et de gloire.
SERMON POUR LE DIMANCHE DES RAMEAUX
Fer patientiam curamus ad propositum nobis certamen, aspicientes in auctorem fidei nostrae et consummatorem Jesum.
Courons par la patience au combat qui nous est proposé, jetant les yev^ sur Jésus , l'auteur et le consommateur de notre foi. Hekr. xii. 12.
Voici les jours salutaires où l'on érigera le Calvaire dans tous nos iemples, où nous verrons couler les ruisseaux de sang de toutes les plaies du Fils de Dieu, où l'Église représentera si vivement, par ses thants, par ses paroles et par ses mystères, celui de sa passion douloureuse, qu'il n'y aura aucun de ses enfants à qui nous ne puissions
2. Deaxième Sermon poor le dimanche des Rameaux, sar U nécessité des souHrancea.
dire ce que l'apbtre disoit aux Galates' : que Jésus-Christ a été crucifié devant ses yeux. Elle commence aujourd'hui à lire dans l'action de son sacrifice l'histoire de la passion de son Rédempteur : commençons aussi dès ce premier jour à nous en remplir tellement l'esprit, que nous n'en perdions jamais la pensée pendant ces solennités pleines d'une douleur qui console, et d'une tristesse si douce, que, pour peu qu'on s'y abandonne, elle guérit toutes les autres.
Parmi ces spectacles de mort et de croix qui s'ofl'rent à notre vue , le chrétien sera bien dur, s'il ne suspend, du moins durant quelques jours, ce tendre amour des plaisirs, pour se rendre capable d'entendre combien les peines de Jésus-Christ lui rendent nécessaire l'amouf des souffrances. C'est pourquoi j'ai différé jusqu'à ces saints jours à vous proposer dans cette chair cette maxime fondamentale de la piété chrétienne. Il m'a semblé. Chrétiens, que pour vous entretenir avec efficace d'une doctrine si dure, si contraire aux sens, si considérable à la foi , et si peu goûtée dans le siècle où l'on n'étudie rien avec plus de soin que l'art de vivre avec volupté, il falloit attendre le temps dans lequel Jésus-Christ lui-même nous prêche à la croix; et j'ai cru que je parlerois foiblement, si ma voix n'étoit soutenue par celle de Jésus mourant, ou plutôt par le cri de son sang, « qui parle mieux, dit saint PauP, et plus fortement que celui d'Abel. »
Servons-nous donc. Chrétiens, de cette occasion favorable, et tâchons d'imprimer dans les cœurs la loi de la patience, qui est le fondement du christianisme. Mais ne soyons pas assez téméraires pour entreprendre un si grand ouvrage, sans avoir imploré le secours du ciel par l'intercession de Marie : a Ave, Maria. »
Dans les paroles que j'ai rapportées pour servir de sujet à ce discours, vous aurez remarqué. Messieurs, que saint Paul nous propose un combat auquel nous devons courir par la patience; et en même temps il nous avertit de jeter les yeux sur Jésus, l'auteur et le consommateur de notre foi; c'est-à-dire, qui l'inspire et qui la couronne, qui la commence et qui la consomme, qui en pose le fondement et qui lui donne sa perfection. Ce combat, dont parle l'apôtre, est celui que nous devons soutenir contre les afflictions que Dieu nous envoie : et pour apprendre l'ordre d'un combat où se décide la cause de notre salut, lapôtre nous exhorte, de la part de Dieu, à regarder Jésus- Christ, mais Jésus-Christ attaché en croix : car c'est là qu'il veut arrêter nos yeux, et il s'en explique lui-même par ces paroles : « Jetez, dit-il 5, les yeux sur Jésus, qui, s'étant proposé la joie, a soutenu la mort de la croix, après avoir méprisé la confusion : » « Qui proposito «sibi gaudio sustinuit crucem, confusione contemptâ. »
De là nous devons conclure, que pour apprendre l'ordre, la conduite, les lois, en un mot, de ce combat de la patience, l'école c'est le Calvaire, le maître c'est Jésus-Christ crucifié: c'est là que nous renvoie le divin apôtre. Suivons son conseil; allons au Calvaire; considérons attentivement ce qui s'y passe.