‹ Œuvres choisies de Bossuet (volume 3)Chapitre 188 sur 221 · Ep., lib. VI, ep. VI, ad Child. reg., tom. II, col. 79S · texte numérisé non relu

Ep., lib. VI, ep. VI, ad Child. reg., tom. II, col. 79S

a mansuetissima ejus sobole semper orandum est». » Et s'il vivoit en nos jours, qui doute qu'il n'eût dit encore avec joie, pour la reine son luguste mère, dont le zèle ardent et infatigable auroit bien dû être -.onsacré par les louanges d'un si grand pape? Nous devons donc prier

ans relâche pour toutes ces personnes augustes, « pendant le temps .lesquelles, voici un éloge admirable, les bouxîhes des hérétiques sont irmées, » et leur malice, leurs nouveautés n'osent se produire: î Quorum temporibus haereticorum ora conticescunt'. » Mais reprejons le fil de notre discours.

L'Église a tant travaillé pour l'autorité des rois, qu'elle a sans doute bien mérité qu'ils se rendent les protecteurs de la sienne. Ils régnoient sur les corps par la crainte, et tout au plus sur les cœurs par Tinclination. L'Église leur a ouvert une place plus vénérable; elle les a fait régner dans la conscience : c'est là qu'elle les a fait asseoir dans un trône; en présence et sous les yeux de Dieu même : quelle merveilleuse dignité! Elle a fait un des articles de sa foi de la sûreté de leur personne sacrée , un devoir de sa religion de l'obéissance qui leur est due. C'est elle qui va arracher jusqu'au fond du cœur, non-seulement les premières pensées de rébellion, les mouvements les plus cachés de sédition , mais encore et les plaintes et les murmures; et pour ôter tout prétexte de soulèvement contre les puissances légitimes, elle a enseigné constamment, et par sa doctrine, et par son exemple, qu'il en faut tout souffrir, jusqu'à linjustice, par laquelle s'exerce invisiblement la justice même de Dieu.

Après des services si importants, une juste reconnoissance obligeoit les princes chrétiens à maintenir l'autorité de l'Église, qui est celle de Jésus-Christ même. Non, Jésus-Christ ne règne pas, si son Église n'est autorisée : les monarques pieux l'ont bien reconnu; et leur propre autorité, je l'ose dire, ne leur a pas été plus chère que lautorité de l'Église. Ils ont fait quelque chose de plus : cette puissance souveraine, qui doit donner le branle dans les autres choses, n'a pas jugé indigne d'elle de ne faire que seconder dans toutes les affaires ecclésiastiques; et un roi de France, empereur, n'a pas cru se rabaisser trop, lorsqu'il promet son assistance aux prélats, qu'il les assure de son appui dans les fonctions de leur ministère : a afin, dit ce grand roi', que notre puissance royale servant, comme il est convenable, à ce que demande votre autorité, vous puissiez exécuter vos décrets : » t Ut Qostro auxilio suffulti, quod vestra auctoritas exposcit, famulante , « ut decet, potestate nostra, perficere valeatis*. »

Mais, 6 sainte autorité de l'Église, frein nécessaire de la licence, et unique appui de la discipline, qu'es-tu maintenant devenue? aban- 'donnéepar les uns et usurpée par les autres, ou elle est entièrement abolie, ou elle est dans des mains étrangères. Mais il faudroit un trop long discours pour exposer ici toutes ses plaies : Sire, le temps en

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