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ruuLion, et de résister à ses attraits; la troisième, plus éminente, est d'eu imprimer le dégoût aux autres, et d'en empêcher la contagion. Ces trois grâces sont dans TÉglise; mais il Sàt rare de les voir unies dans une même personne, et c'est ce qui me fait admirer la vie du grand saint Sulpice. Il l'a commencée à la cour, il l'a finie dans la solitude : le milieu en a été occupé dans les fonctions ecclésiastiques. Courtisan, il a vécu dans le monde sans être pris de ses charmes : évêque, il en a détaché ses frères : solitaire, il a désiré de finir ses jours dans une entière retraite. Ainsi successivement, dans les trois états de sa vie, nous lui verrons surmonter le monde, de toutes les manières dont on le peut vaincre : cai il s'est opposé généreusement à ses faveurs dans la cour, au coui-s de sa malignité dans l'épiscopat, à la douceur de son commerce dans la solitude : trois points de ce discours.
PREMIER POINT
Quoique les hommes soient partagés en tant de conditions différentes; toutefois, selon l'Écriture, ÏLln'y a que deux genres d'hommes, dont les uns composent le monde, et les autres la société des enfants de Dieu. Cette solennelle division est venue, dit saint Augustin ', de ce que l'homme n'a que deux parties principales, la partie animale et la raisonnable ; et c'est par là que nous distinguons deux espèces d'hommes, parce que les uns suivent la chair, et les autres sont gouvernés par l'esprit. Ces deux races d'hommes ont paru d'abord en figure, dès l'origine des siècles, en la personne et dans la famille de Caïn et de Seth ; les enfants de celui-ci étant toujours appelés les enfants de Dieu, et au contraire ceux de Caïn étant nommés constamment les enfants des hommes; afin que nous distinguions qu'il y en a qui vivent comme nés de Dieu, selon les mouvements de l'esprit; et les autres comme nés des hommes, selon les inclinations de la nature.
De laces deux cités renommées, dont il est parlé si souvent dans les saintes Lettres; Babylone charnelle et terrestre; Jérusalem divine et spirituelle, dont l'une est posée sur les fleuves, c'est-à-dire, dans une éternelle agitation; « Super aquas multas, » dit l'Apocalypse-: ce qui a fait dire au Psalmiste : a Assis sur les fleuves Je Babylone '; « et l'autre est bâtie sur une montagne, c'est-à-dire-, dans une consistance immuable. C'est pourquoi le même a chanté : « Celui qui se confie en Dieu est comme la montagne de Sion; celui qui habite en Jérusalem ne sera 'amais ébranlé : » ce Qui confidunt in Domino sicut <r mons Sion *. a Or, encore que ces deux cités soient mêlées de corps, elles sont , dit saint Augustin ^ , infiniment éloignées d'esprit et de mœurs : ce qui nous est encore représenté dès le commcincement de? choses, en ce que les enfants de Dieu s'étant alliés, par les mariages, avec la race des hommes; ayant trouvé, dit l'Écriture *, leurs filles
1. De riv. Dti, lib. XIV, c. 4, tom. VII, col. 353. — 2. Apoc, xvii, 1.