‹ Œuvres choisies de Bossuet (volume 3)Chapitre 20 sur 221 · I. Viife., J:nci(i., lib. V. — 2. Ibid · texte numérisé non relu

I. Viife., J:nci(i., lib. V. — 2. Ibid

J. S. Aug., De. unt. et rpat.. n. 35, tora. X, col. \'a.

atout, à leurs biens, à leur liberté, à leur volonté même; qui ont embrassé la pénitence la plus rigoureuse, qui s'immolent en tant de manières différentes, ne sont pas encore contents, et veulent toujours en faire davantage; ils gémissent sur le passé, ils s'inquiètent sur le présent, ils prennent des mesures efficaces pour se montrer à l'avenir plus fervents : et ces hommes qui passent leurs jours dans la mollesse, les plaisirs, l'oisiveté; qui ne savent ce que c'est que de contraindre leurs sens et leur volonté, qui ne font aucun effort pour briser leurs chaînes, croiront pouvoir être tranquilles sur leur état, et vivre dans une pleine sécurité , au milieu de tant de sujets de trembler ! 0 que ces voies sont contraires! ô que les uns ou les autres sont insensés! Qui jugera ce différend? qui décidera ce doute? qui terminera ce procès? Chacun a pris son parti, et s'est intéressé dans sa propre cause. Jugez-nous, Sagesse; tranchez, par votre autorité souveraine, cette question : lesquels sont les sages, lesquels sont les fous? ou, si vous ne voulez pas nous parler vous-même, faites parler votre apôtre : « Opérez, nous dit-il, votre salut avec crainte et tremblement, » «cum a metu et tremore •. » 0 vous qui êtes dans la voie de perfection, opérez votre salut avec tremblement; car c'est Dieu seul qui vous tient. Si vous le quittez, il vous quitte; si vous l'abandonnez, il vous abandonne; si vous vous relâchez, il vous laisse aller. Mais s'il vous quitte, vous le quittez encore plus, et s'il vous abandonne, vous vous éloignez jusqu'à l'infini; et s'il vous laisse aller, vous tombez jusqu'au fond du précipice. Que si ceux-là vivent en crainte, qui sont dans la voie de perfection, combien doivent être saisis de frayeur ceux qui s'abandonnent aux vices!

a Egredere, egredere : » «Sorte^?» donc, mes Frères, sortez de tous ces objets sensibles qui vous séduisent; détachez-vous de ces faux plaisirs qui vous captivent et vous dégradent. Ne vous arrêtez pas davantage à vous-mêmes, parce que vous vous rendriez coupables d'une insigne apostasie. Vous vous devez à un Dieu qui vous a faits pour lui, de qui vous tenez tout, et qui peut seul satisfaire l'avidité de vos désirs. Mais si vous voulez le posséder, courez ; ne mettez point de bornes à vos efforts pour l'embrasser : car pour peu que vous vous relâchiez, il vous échappe. Aspirez toujours à quelque chose de plus grand et de plus parfait. Regardez-vous sans cesse comme des voyageurs, qui n'ont point ici -bas de cité permanente. Cherchez, avec un empressement toujours nouveau, celle où vous devez habiter un jour; envoyez-y d'avance votre cœur, votre amour, tous vos désirs , pour en prendre possession , et marchez d'un pas ferme et courageux : car le chemin tst étroit, il est pénible; il faut se roidir continuellement pour arriver \ la montagne de Sion, votre véritable patrie, où, après tous les périls et toutes les fatigues du voyage, vous jouirez d'un repos et d'une faix inaltérables, que je vous souhaite.

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