Henric. II ad Bened. VIII, tom. IX Conc., col
506 SERMON SUR l'UNITÉ
« Ego Constantini , vos Pétri gladium habetis in' manibus ; jungamus a dexteras, gladium gladio copulemus i : » « J'ai le glaive de Constantin à la main, et vous y avez celui de Pierre ; donnons-nous la main, et joignons le glaive au glaive » : que ceux qui nont pas la foi assez vive pour craindre les coups invisibles de votre glaive spirituel tremblent à la vue du glaive royal : ne craignez rien , saints évêques ; si les hommes sont assez rebelles pour ne pas croire à vos paroles , qui sont celles de Jésus-Christ, des châtiments rigoureux leur en feront, malgré qu'ils en aient, sentir la force, et la puissance royale ne vous manquera jamais? »
A cet admirable spectacle, qui ne s'écrieroit encore une fois avec Balaam : a Quam pulchra tabernacula tua, Jacob? 0 Église catholique, que vous êtes belle! le Saint-Esprit vous anime, le saint-siége unit tous vos pasteurs , les rois font la garde autour de vous : qui ne respecteroit votre puissance?
DEUXIÈME POINT
Paroissez maintenant, sainte Église gallicane , avec vos évêques orthodoxes et avec vos rois très-chrétiens, et venez servir d'ornement à l'Église universelle. Et vous, Seigneur tout - puissant , qui avez comblé cette Église de tant de bienfaits , animez-moi de ce même esprit dont vous remplîtes David, lorsqu'il chanta si noblement les grâces de l'ancien peuple; afin qu'à son exemple je puisse aujourd'hui, avec tant d'évêques et dans une si grande assemblée, célébrer vos miséricordes éternelles : a Quoniam bonus, quoniam in aeternum mise- Œ ricordia ejus '. » C'est vous. Seigneur, qui excitâtes saint Pierre et ses successeurs à nous envoyer dès les premiers temps les évêques qui ont fondé nos Églises. C'éloit le conseil de Dieu que la foi nous fût annoncée par le saint-siége; afin qu'éternellement unis par des liens particuliers à ce centre commun de toute l'unité cetholique , nous pussions dire avec un grand archevêque de Reims : « La sainte Église romaine, la mère, la nourrice et la maltresse de toutes les Églises, doit être consultée dans tous les doutes qui regardent la foi et les mœurs principalement par ceux qui, comme nous, ont été engendrés en Jésus-Christ par son ministère, et nourris par elle du lait de la doctrine catholique ^. »
Il est vrai qu'il nous est venu d'Orient , et par le ministère de saint Polycarpe, une autre mission qui ne nous a pas été moins fructueuse. C'est de là que nous avons eu le vénérable vieillard saint Pothin, fondateur de la célèbre Eglise de Lyon; et encore le grand saint Irénée, successeur de son martyre aussi bien que de son siège : Irénée digne de son nom, et véritablement pacifique, qui fut envoyé à Rome et au pape saint Éleuthère de la part de l'Église gallicane *; ambassadeur
1. Edg., Orat. ad Cler., tom. IX Conc, col. 697. — 2. Ps, cxxxv, i.