Hincm., De Divort. Loth. et Teubt., tom. I, pag
4, Euseb., Hist. ceci., lib. V, c. m, p. 168, édit.Val.
de la paix qui, depuis, la procura aux saintes Églises d'Asie d'où il nous avoit été enToyé; qui retint le pape saint Victor, lorsqu'il les vouloit retrancher de la communion ; et qui présidant au concile des saints évêques des Gaules, dont il étoit réputé le père, fit connoître à ce saint pape qu'il ne falloit pas pousser toutes les affaires à l'extrémité, ni user toujours d'un droit rigoureux '. Mais comme l'Église est une par tout l'univers, cette mission orientale n'a pas été moins favorable à l'autorité du saint-siége , que ceux que le saint-siége avoit immédiatement envoyés, et le même saint Irénée a prononcé cet oracle révéré de tous les siècles ' : a Quand nous exposons la tradition que la très-grande, très-ancienne et très-célèbre Bglise romaine, fondée par les apôtres saint Pierre et saint Paul, a reçue des apôtres, et qu'elle a conservée jusqu'à nous par la succession de ses évêques, nous confondons tous les hérétiques; parce que c'est avec cette Église que toutes les Églises et tous les fidèles qui sont par toute la terre doivent s'accorder, à cause de sa principale et excellente principauté, et que c'est en elle que ces mêmes fidèles, répandus par toute la terre, ont conservé la tradition qui vient des apôtres. »
Appuyée sur ces solides fondements, l'Église gallicane a été forte iomme la tour de David. Quand le perfide Arius voulut renverser, avec la divinité du Fils de Dieu, le fondement de la foi prèchée par saint Pierre, et changer en création et en adoption la génération éternelle de ce Fils unique; cette superbe hérésie, soutenue par un empereur, ne trouva point de plus grand obstacle à ses progrès, que la constance et la foi de saint Athanase d'Alexandrie et de saint Hilaire de Poitiers : et malgré l'inégalité de ces deux sièges, les deux évêques furent égaux en gloire comme ils l'étoient en courage.
Pour perpt'tuer cette gloire de l'Église gallicane, le célèbre saint Martin fut élevé sous la discipline de saint Hilaire; et cette Église, reiiouvelée par les exemples et par les miracles de. cet homme incomparable, crut revoir le temps des apôtres : tant la Providence divine fut soigneuse de réveiller parmi nous l'ancien esprit, et d'y faire revivre les premières grâces.
Quand le temps fut arrivé que l'empire romain devoit tomber en Occident, et que la Gaule devoit devenir France, Dieu ne laissa pas longtemps sous des princes idolâtres une si noble partie de la chrétienté; et voulant transmettre aux rois des François la garde de son Église, qu'il avoit confiée aux empereurs, il donna non-seulement à la France, mais encore à tout l'Occident, un nouveau Constantin en la personne de Clovis. La victoire miraculeuse qu'il envoya du ciel à ces deux princes guerriers, fut le gage de son amour, et le glorieux attrait qui leur fit embrasser le christianisme. La foi fut victorieuse, et la belliqueuse nation des Francs connut que le Dieu de Ûotilde étoi le vrai Dieu des armées.
Alors saint Rémi vit en esprit qu'en engendrant en Jésus-Chri>t lei
1. BOMb., But. eccl. ]ib. V, c. xxm, x.xiv, pag. 1»1, I9i. %, 3. lr«a., L III conlr. Haerea.. c. m, pa^. 175. «
rois de France avec leur peupie, il donnoit à l'Église d'invincibles protecteurs. Ce grand saint et ce nouveau Samuel, appelé pour sacrer les rois, sacra ceux-ci, comme il dit lui-même, pour être les « perpétuels défens-eurs de l'Église et des pauvres ';i> digne objet de la royauté. Après leur avoir enseigné à faire fleurir les Églises et à rendre les peuples heureux (croyez que c'est lui-même qui vous parle, puisque je ne fais ici que réciter les paroles paternelles de cet apôtre des François), il prioit Dieu nuit et jour qu'ils persévérassent dans la foi, et qu'ils régnassent selon les règles qu'il leur avoit données, leur prédisant en même temps qu'en dilatant leur royaume, ils dilateroient celui de Jésus-Christ; et que, s'ils étoient fidèles à garder les lois qu'il leur prescrivoit de la part de Dieu ^, l'empire romain leur seroit donné : en sorte que des rois de France sortiroient des empereurs dignes de ce nom, qui feroient régner Jésus-Christ.
Telles furent les bénédictions que versa mille et mille fois le grand saint Rémi sur les François et sur leurs rois, qu'il appeloit toujours ses chers enfants; louant sans cesse la bonté divine de ce que, pour affermir la foi naissante de ce peuple béni de Dieu, elle avoit daigné, par le ministère de sa main pécheresse, c'est ainsi qu'il parle, renouveler, à la vue de tous les François et de leur roi, les miracles qu'on avoit vus éclater dans la première fondation des Églises chrétiennes. Tous les saints qui étoient alors, furent réjouis; et dans le déclin de l'empire romain, ils crurent voir paroître dans les rois de France «une nouvelle lumière pour tout l'Occident : » a In occiduis partibus novi a jubaris lumen effulgurat^; t> et non-seulement pour tout l'Occident, mais encore pour toute l'Église, à laquelle ce nouveau royaume promettoit de nouveaux progrès. C'est ce que disoit saint Avite, ce docte et ce saint évêque de Vienne, ce grave et éloquent défenseur de l'Église romaine, qui fut chargé par tous ses collègues, les saints évêques des Gaules, de "recommander aux Romains, dans la cause du pape Symmaque, la cause commune de tout l'épiscopat; parce que, disoit ce grand homme % quand le pape et le chef de tous les évêques est attaqué, ce n'est pas un seul évêque mais l'épiscopat tout entier qui est en péril.
Tous les conciles de ce temps font voir qu'en ce qui touchoit la foi et la discipline, nos saints prédécesseurs regardoient toujours l'Église romaine, et se gouvernoient par ses traditions *. Tel étoit le sentiment de 1 Église gallicane, qui, en recevant, par le ministère de saint Rémi, Clovis et les François dans son sein, leur imprimoit dans le fond du cœur ce respect pour le saint-siége, dont ils dévoient être les plus zélés aussi bien que les plus puissants protecteurs. Les papes connurent