s. AuR., ep. xLui, cap. i, tom. II, col
2. Adv. Marc, lib. II, n. 26, 27. — 3. Exod., xxxn, 10. — 4 /// Z?*-//., xvn, 1
RoMUBT. — V 5
Que veut dire ceci, Chrétiens, si ce n'est, comme dit si bien saint
Augustin, que Dieu se fait servir par les hommes, et qu'il les sert aussi réciproquement? Ses fidèles serviteurs lui disent avec le Psalmiste : «Nous voilà tout prêts, ô Sei:^neur, d'accomplir constamment votre volonté : » a. Ecce venio ut faciam, Deus , voluntatem tuam '.d Vous voyez les hommes qui servent Dieu; mais écoutez le même Psalmiste : a Dieu fera la volonté de ceux qui le craignent : » <i Voluntatem timentium se « faciet '. » Voilà Dieu qui leur rend le change, et les sert aussi à son tour. Vous servez Dieu, Dieu vous sert; vous faites sa volonté, et ii fait la vôtre : « Si ideo times Deum ut facias ejus voluntatem, ille « quodam modo ministrat tibi, facit voluntatem tuam s. » Pour nous apprendre. Chrétiens, que Dieu est un ami sincère, qui n'a rien de réservé pour les siens, et qui, étudiant les désirs de ceux qui le crai gnent, leur permet d'user de ses biens avec une espèce d'empire a Voluntatem timentium se faciet. »
Mais encore que cette bonté s'étende généralement sur tous ses amis, c'est-à-dire, sur tous les justes, les paroles de mon texte nous font bien connoître, que ces justes persévérants, ces enfants qui n'ont jamais quitté sa maison, ont un droit tout particulier de disposer des biens paternels; et c'est à ceux-là qu'il dit dans son Évangile ces paroles, avec un sentiment de tendresse extraordinaire et singulier : a Mon fils, vous avez toujours été avec moi, et tout ce qui esta moi, est à V0U5 : » « Fiii. tu semper mecum es, et omnia mea tua sunt. » Pourquoi me reprochez-vous que je ne vous donne rien ? usez vousmême de votre droit, et disposez, comme maître, de tout ce qu'il \ a dans ma maison.
C'est donc en vertu de cette innocence, et de cette parole de l'Évangile, que le grand saint François de Paule n'a jamais cru rien d'impossible. Cette sainte familiarité d'un fils, qui sent Tâmour de son père, lui donnoit la confiance de tout entreprendre : et un prélat de la cour de Rome, que le pape lui avoit envoyé pour l'examiner, Itd représentant les difficultés de l'établissement de son ordre si austère, si pénitent, si mortifié, fut ravi en admiration d'entendre dire à notre grand saint, avec une ferveur d'esçH-it incroyable, que tout est possible quand on aime Dieu, et qu'on s'étudie de lui plaire; et qu'alors les créatures les plus rebelles sont forcées, par une secrète vertu, de faire la volonté de celui qui s'applique à faire ceUe de son Dieu. Il n'a point été trompé dans son attente : son ordre fleurit dans toute l'Église avec cette constante régularité qu'il avoit si bien établie, et qui se soutient sans relâchement depuis deux cents ans.
Ce n'est pas en cette seule rencontre que Dieu a fait connoître à son serviteur, qu'il écoutoit ses désirs. Tous les peuples où il a passé ont ressenti mille et mille fois des effets considérables de ses prières; et quatre de nos rois successivement lui ont rendu ce glorieux témoigiiage, que dans leurs affaires très-importantes ils n'avoient poinl