‹ Œuvres choisies de Bossuet (volume 3)Chapitre 4 sur 221 · L>ioi!ys.,dù Lccles: Bierar., cap. v, pag, 127 etseq · texte numérisé non relu

L>ioi!ys.,dù Lccles: Bierar., cap. v, pag, 127 etseq

?. Innocent. /, ad Alex., En^ xxiv, p. 85&; Epist. Ron^. Pont, '

DE SAÎKT SULPICE. T

nous, mes Frères-, c'est assez pour nous d'être chrétiens, trop d'honneur de porter ce be?.u caractère : k Propter nos nihil sufficientius K est. » Si donc nous sommes ecclésiastiques, c'est sans doute pour le bien des autres.

Que n'a pas entrepris le grand saint Sulpice, pour détruire le règne du monde? Mais c'est peu de dire qu'il a entrepris : ses soins paternels opéroient sans cesse de nouvelles conversions. Il y avoit dans ses paroles et dans sa conduite une certaine vertu occulte, mais toutepuissante, qui inspiroit le dégoût du monde. Nous lisons dans l'histoire de sa vie, que, durant son épiscopat, tous les déserts à l'entour de Bourges étoient peuplés de saints solitaires. Il consacroit tous les jours à Dieu des vierges sacrées; il apprenoit aux familles à user de ce monde, comme n'en usant pas; et partout il répandoit un esprit des détachement, qui portoit les cœurs à ne soupirer qu'après les bien célestes.

D'où lui venoit ce bonheur, cette bénédiction, cette grâce, d'inspirer si puissamment le mépris du monde? Qu'y avoit-il dans sa vie et dans sa personne, qui fût capable d'opérer de si merveilleux changements? C'est C9 qu'il faut tâcher d'expliquer en faveur de tant de saints ecclésiastiques, qui remplissent ce séminaire et cette -^udience. Deux choses produisoient un si grand effet; la simplicité ecclésiastique, qui condamnoit souverainement la somptuosité, les délices, les superfluités du monde; un gémissement paternel sur les âmes, qui étoient captives de ses vanités.

La simplicité ecclésiastique, c'est un dépouillement intérieur, qui, par une sainte circoncision, opère au dehors un retranchement effectif de toutes superfluités. En quoi le monde paroît-il grand ? Dans ses superfluilés : de grands palais, de riches habits, une longue suite de domestiques. L'homme si petit par lui-même, si resserré en lui-même, s'imagine qu'il s'agrandit, et qu'il se dilate, en amassant autour de soi des choses qui lui sont étrangères. Le vulgaire est étonné de cette pompe, et ne manque pas de s'écrier : Voilà les grands, voilà les heureux. C'est ainsi que la puissance du monde tâche de faire voir que ses biens sont grands. Une autre puissance est établie, pour faire voir qu'il n'est ri^n ; c'est la puissance ecclésiastique.

Toutes nos actions, jusqu'aux moindres gestes du corps, jusqu'au moindre et plus délicat mouvement des yeux, doivent ressentir le mépris du monde. Si la vanité change tout, le visage, le regard, le son de la voix; car tout devient instrument de la vanité : ainsi la simplicité doit tout régler; mais qu'elle ne soit jamais afl'ectée, parce qu'elle ne seroit plus simplicité. Entreprenons, messieurs, de faire voir à tous les hommes, que le monde n'a rien de solide ni de désirable; et pour cela [imitons] la frugalité, la modestie et la simplicité du grand saint Sulpice. « Ayant donc de quoi nous nourrir et de a quoi nous couvrir, nous devons être contents : » «Habentes alimenta « et quibus tegamur, his contenti simus '. » Que nous servent ces

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