Matth. XXV, Ié3. — 2. Luc. xvi
3. 3<= sermon pour la léte de tous les saiots, prêché devant le roi.
^arce qu'il remplit par sa plénitude leur capacité tout entière et tous .'eurs désirs. S'il leur faut un triomphe pour honorer leur victoire, Dieu est tout; s'ils ont besoin de repos pour se délasser de leurs longs travaux, Dieu est tout; s'ils demandent la consolation, après avoir saintement gémi parmi les amertumes de la pénitence, Dieu est tout. Dieu est la lumière qui les éclaire; Dieu est la gloire qui les environne; Dieu est le plaisir qui les transporte; Dieu est la vie qui les anime ; Dieu est l'éternité qui les établit dans un glorieux repos.
0 largeur ! ô profondeur! ô longueur sans bornes, et inaccessible hauteur ! pourrai-je vous renfermer dans un seul discours ? Allons ensemble, mes Frères; entrons dans cet abîme de gloire et de majesté. Jetons-nous avec confiance sur cet océan : mais implorons l'assistance du Saint-Esprit; et ayons notre guide et notre étoile, je veux dire la sainte Vierge, que nous allons saluer par les paroles de l'ange. Ave.
Sire, on peut mettre en question si l'homme, pour être heureux, n'a besoin de posséder qu'une seule chose; ou si sa félicité est un composé de plusieurs parties, et le concours de plusieurs biens ramassés ensemble. Et premièrement il paroît qu'un cœur qui se partage à divers objets, confesse, en se partageant, que l'attrait qui le gagne est foible, et que celui qui est ainsi divisé cherche plutôt sa félicité qu'il ne l'a trouvée. Que s'il paroît d'un côté qu'un seul objet nous doit contenter, parce que nous n'avons qu'un cœur, il semble aussi d'autre part que plusieurs biens nous sont nécessaires, parce que Dous avons plusieurs désirs. En effet, nous désirons la santé, la vie, le plaisir, le repos, la gloire, l'abondance, la liberté; la science, la vertu : et que ne désirons-nous pas? Comment donc peut-on espérer de satisfaire par un seul objet une si grande multiplicité de désirs et d'inclinations que nous nourissons en nous-mêmes ?
L'Apôtre a concilié ces contrariétés apparentes dans le texte que j'ai choisi ; puisqu'il nous y fait trouver dans un même objet, premièrement la simplicité, parce qu'il est un; et tout ensemble la variété, parce qu'il est infini. Dieu, dit-il, sera tout en tous. Il est un, et il est tout. Il est tout, non-seulement en lui-même par l'immensité de son essence, de sa nature, mais encore il est tout en tous, par l'incompréhensible fécondité avec laquelle il se communique à ses créatures, a Erit Deus omnia in omnibus : » a Dieu sera tout en tous. »
Mais ce que l'apôtre saint Paul nous a proposé dans une »"dée générale, le docte saint Augustin nous l'explique en particulier, lorsque interprétant ce passage de l'Épître aux Corinthiens, il fait ce beau commentaire : « Dieu, dit-il, sera toutes choses à tous les esprits bienheureux, parce qu'il sera leur commun spectacle, il sera leur commune joie, il sera leur commune paix : a Commune spectaculum erit a omnibus Deus; commune gaudium erit omnibus Deus; communis «c pax erit omnibus Deus '. «