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5. Second sermon pour le 'i-^ dimanche de l'A vent, prêché devant la cour.
dure; les miracles qu'il fait, et les scandales qu'il cause à un peuple ingrat; c'est-à-dire qu'il donne aux hommes, pour marque de divinité en sa personne sacrée, premièrement ses bontés, et secondement leur ingratitude.
En effet, Chrétiens, il est véritable que Dieu n'a jamais cessé d'être bienfaisant, et que les hommes aussi de leur côté n'ont jamais cessé d'être ingrats : tellement qu'il pourroit sembler, tant notre méconnoissance est extrême 1 que c'est comme un apanage de la nature divine d'être infiniment libérale aux hommes, et de ne trouver toutefois dans le genre humain qu'une perpétuelle opposition à ses volontés, et un mépris injurieux de toutes ses grâces.
Saint Pierre a égalé, surpassé en deux mots les éloges des plus pompeux panégyriques, lorsqu'il a dit du Sauveur, « qu'il passoit en bienfaisant et guérissant tous les oppressés : » « Pertransiit benefaciendo te et sanando omnes oppresses'. » Et certes il n'y a rien de plus magnifique et de plus digne d'un Dieu, que de laisser partout où il passe des effets de sa bonté; que de marquer tous ses pas par ses bienfaits; que de parcourir les bourgades, les villes et les provinces, non par ses victoires, comme on a dit des conquérants; car c'est tout ravager et tout détruire ; mais par ses libéralités.
Ainsi Jésus-Christ a montré aux hommes sa divinité comme elle a accoutumé de se déclarer, à savoir par ses grâces et par ses soins paternels; et les hommes l'ont traité aussi comme ils traitent la divinité, quand ils l'ont payé, selon leur coutume, d'ingratitude et d'impiété : « Et beatus est qui non fuerit scandalizatus in me l »
Voilà en peu de mots ce qui nous est proposé dans notre Évangile; mais pour en tirer les instructions, il faut un plus long discours, dans lequel je ne puis entrer qu'après avoir imploré le secours d'en haut. a Ave. »
a Cœci vident, claudi ambulant, leprosi mundantur : et beatus est ce qui non fuerit scandalizatus in me !» a Les aveugles voient , les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés : et bienheureux est celui qui n'est pas scandalisé en moi ! » Ce n'est plus en illuminant les aveugles ni en faisant marcher les estropiés, ni en purifiant les lépreux, ni en ressuscitant les morts, que Jésus-Christ autorise sa mission, et fait connoître aux hommes sa divinité. Ces choses ont été faites durant les jours de sa vie mortelle, et il les a continuées dans sa sainte Église tant qu'il a été nécessaire pour poser les fondements de la foi naissante. Mais ces miracles sensibles qui ont été faits par le Fils de Dieu sur des personnes particulières et pendant un temps limité, étoient les signes sacrés d'autres miracles spirituels qui n'ont point de bornes semblables, ni pour les temps, ni pour les personnes, puisqu'ils regardent également tous les hommes et tous les siècles.
En effet, ce ne sont point seulement des particuliers aveugles, estropiés et lépreux, qui demandent au Fils de Dieu le secours de sa ma'] puissante. Mais plutôt tout le genre humain , si nous le savons com-