Nom. ace. cont. VarilL, j>ag. 148 et suiv
4. Nouv. ace. cont. VarilL, pag. 140, KO, 158 et suiv. 4. Conc. Const., sess. xv, prop. il, 12, 13, etc.
l'Église de Fantechrist, cette doctrine est la rémission de tous les péchés et couvre toutes les erreurs.
Revenons aux frères de Bohême, et voyons comme ils sont disciples de Jean Hus. Incontinent après sa condamnation et son supplice, on vit deux sectes s'élever en Bohême sous son nom ; la secte des calixtins et la sexte des taborites : les calixtins sous Roquesane , qui, du commun consentement de tous les auteurs catholiques et protestants, fut, sous prétexte de réforme, le plus ambitieux de tous les hommes : les taborites, sous Zisca, dont les actions sanguinaires ne sont pas moins connues que sa valeur et ses succès. Sans nous informer de la doctrine des taborites, leurs rébellions et leurs cruautés les ont rendus odieux à la plupart des protestants. Des gens qui ont porté le fer et le feu dans le sein de leur patrie vingt ans durant, et qui ont laissé pour marque de leur passage tout en sang et tout en cendres, ne sont guère propres à être tenus pour les principaux défenseurs de la vérité, ni à donner à des Églises une origine chrétienne. Rudiger, qui seul de sa secte, faute d'avoir trouvé mieux, a voulu que les frères bohémiens descendissent des taborites1 , demeure d'accord que « Zisca, poussé par ses inimitiés particulières, porta si loin la haine qu'il avoit contre les moines et contre les prêtres, que non-seulement il mettoit le feu aux églises et aux monastères (où ils servoient Dieu); mais encore que pour ne leur laisser aucune demeure sur la terre, il faisoit passer au fil de Fépée tous les habitants des lieux qu'ils occupoient2. » C'est ce que dit Rudiger, auteur non suspect; et il ajoute que les frères, qu'il faisoit descendre de ces barbares taborites, a avoient honte de cette origine3. » En effet, ils y renoncent en termes formels dans toutes leurs Confessions de foi et dans toutes leurs Apologies : et ils montrent même qu'il est impossible qu'ils soient sortis des taborites, parce que dans le temps qu'ils ont commencé de paroître, cette secte abattue par la mort de ses généraux, et par la paix générale des catholiques et des calixtins, qui réunirent toutes les forces de l'État pour la détruire, « ne fit plus que traîner jusqu'à ce que Pogiebrac et Roquesane achevassent d'en ruiner les misérables restes : en sorte, disent-ils, qu'il ne resta plus de taborites dans le monde4; » ce que Camérarius confirme dans son Histoire5.
L'autre secte, qui se glorifia du nom de Jean Hus, fut- celle des calixtins, ainsi appelés parce qu'ils croyaient le calice absolument nécessaire au peuple. Et c'est constamment de cette secte que sortirent les frères en 1457, selon qu'ils le déclarent eux-mêmes dans la préface de .leur Confession de foi de 1558, et encore dans celle de 1572, que nous iivons tant de fois citées, où ils parlent en ces termes : « Ceux qui ont ;?ondé nos Églises se séparèrent alors des calixtins par une nouvelle «séparation6; » c'est-à-dire comme ils l'expliquent dans leur Apologie
i. De fratr. narrât,, pag. 158. — 2. De fratr. narrât, pag. 155. — 3. Ibid.
4. Praef., Conf., 1572, seu de orig. eccl. boh.. etc., post. Hist. Camer, init. prsef.