Conf. fid., 1558; Synt. Gen., 2 part. pag
2. Joan. Ensleb. in orat. praefixa Apol. frat. sub hoc titulo : Œconomia, etc., ap Lyd., tom. II, pag. 95.
V De eccl. frat., pag. 91.
voyoient de leurs gens qui se couloient furtivement dans les ordinations de l'Église romaine : un traité de Luther, que nous avons cité ailleurs, nous l'apprend. Pauvre Église, qui, destituée du principe de fécondité que Jésus-Christ a laissé à ses apôtres et dans l'ordre apostolique, étoit contrainte de se mêler parmi nous pour y venir mendier ou plutôt dérober les ordres 1
Au reste, Luther leur reprochoit qu'ils ne voyoient goutte, non plus que Jean Hus, dans la justification-, qui étoit le point principal de l'Évangile : car « ils la mettoient, poursuit-il1, dans la foi et dans les œuvres ensemble, ainsi qu'ont fait plusieurs Pères; et Jean Hus étoit plongé dans cette opinion. » Il a raison : car ni les Pères, ni Jean Hus, ni Viclef son maître, ni les orthodoxes, ni les hérétiques, ni les albigeois, ni les vaudois, ni aucun autre, n'avoient songé avant lui à la justice imputative. C'est pourquoi il méprisoit les frères de Bohême, « comme des gens sérieux, rigides, d'un regard farouche, qui se mar tyrisoient avec la loi et les œuvres, et qui n'avoient pas la conscience joyeuse2. » C'est ainsi que Luther traitoit les plus réguliers, à l'extérieur, de tous les réformateurs schismatiques, et les seuls restes de la vraie Église, à ce qu'on disoit. Il fut bientôt satisfait : les frères outrèrent la justification luthérienne, jusqu'à donner aveuglément dans les excès des calvinistes, et même dans ceux dont les calvinistes d'aujourd'hui tâchent de se défendre. Les luthériens vouloient que nous fussions justifiés sans y coopérer, et sans y avoir part. Les frères ajoutèrent que c'étoit même « sans le savoir et sans sentir, comme un embryon est vivifié dans le ventre de sa mère3. » Après qu'on étoit régénéré, Dieu commençoit à se faire sentir : et si Luther voulut qu'on connût avec certitude sa justification, les frères vouloient encore qu'on fût « entièrement et indubitablement » assuré de sa persévérance et de son salut. Ils poussèrent l'imputation de la justice jusqu'à dire que « les péchés, quelque énormes qu'ils fussent, étoient véniels, » pourvu qu'on les commît « avec répugnance4; » et que c'étoit de ces péchés que saint Paul disoit, « qu'il n'y avoit point de damnation pour ceux qui étoient en Jésus-Christ5. »
Les frères avoient comme nous sept sacrements dans la Confession de 1504, présentée au roi Ladislas. Ils les prouvoientpar les Écritures, et ils les reconnoissoient « établis pour l'accomplissement des promesses que Dieu avoit faites aux fidèles 6. »
Il falloit qu'ils conservassent encore cette doctrine des sept sacrements du temps de Luther, puisqu'il le trouva mauvais. La Confession de foi fut réformée, et les sacrements réduits à deux, le baptême et la cène, comme Luther l'avoit prescrit. L'absolution fut reconnue, mais hors du rang des sacrements7. En 1504, on parloit de la confession des