Ibid., art
péchés comme d'une chose d'obligation. Cette obligation ne paroît plus si précise dans la Confession réformée, et on dit seulement qu'il faut « demander au prêtre l'absolution de ses péchés par les clefs de 'Église, et en obtenir la rémission par ce ministère établi de Jésus- Christ pour cette fin'. »
Pour la présence réelle, les défenseurs du sens littéral et les défenseurs du se-ns figuré ont également tâché de tirer à leur avantage les Confessions de foi des Bohémiens. Pour moi; à qui la chose est indifférente, je rapporterai seulement leurs paroles; et voici d'abord ce qu'ils écrivirent à Roqaesane, comme ils le rapportent eux-mêmes dans leur Apologie2 : a Nous croyons qu'on reçoit le corps et le sang de Notre-Seigneur sous les espèces du pain et du vin : » et un peu après : « Nous ne sommes pas de ceux qui entendent mal les paroles de Notre Seigneur, disent qu'il a donné le pain consacré en mémoire de son corps, qu'il montroit avec le doigt, en disant : Ceci est mon corps. D'autres disent que ce pain est le corps de Notre-Seigneur qui est dans le ciel, mais en signification. Toutes ces explications nous paroissent éloignées de l'intention de Jésus-Christ, et nous déplaisent beaucoup. »
Dans leur Confession de foi de 1504, ils parlent ainsi3 : Toutes les fois « qu'un digne prêtre avec un peuple fidèle prononce ces paroles : Ceci est mon corps, ceci est mon sang, » le pain présent est le corps de Jésus-Christ qui a été offert pour nous à la mort, et le vin est le sang répandu pour nous; et ce corps et ce sang sont présents sous les espèces du pain et dj vin en mémoire de sa mort. » Et pour montrer la fermeté de leur foi, ils ajoutent qu'ils en croiroient autant d'une pierre, si Jésus Christ avoit dit que ce fût son corps4.
On voit ici le même langage dont se servent les catholiques : on voit le corps et le sang a sous les espèces » incontinent après les paroles; et on les y voit non point « en figure, » mais en vérité. Ce qu'ils ont de particulier, c'est qu'ils veulent que ces paroles soient prononcées par un digne prêtre. Voilà ce qu'ils ajoutoient à la doctrine catholique. Pour accomplir l'œuvre de Dieu dans le pain de l'eucharistie, la parole de Jésus-Christ ne suffisoit pas, et le mérite du ministre étoit nécessaire : c'est ce qu'ils avoient appris de Jean Viclef et de Jean Hus.
Ils répètent la même chose dans un autre endroit : a Lors, disentils 5, qu'un digne prêtre prie avec son peuple fidèle, et dit : « Ceci est « mon corps, ceci est mon sang; » aussitôt le pain présent est le même corps qui a été livré à la mort, et le vin présent est son sang, qui ; été répandu pour notre rédemption. » On voit donc qu'ils ne changent
t, Conf. fid., art. 5, i4; Prof. fid. ad Lad., cap. De pœnit. laps., ap. Lyd. tom. II, pag. 15.