Orat. Eric. ap. Lyd., pag. 30 ; art. 17, pag
4. Syntag.gen., 3 part., pag. 212. — 5. Ibid., 218. — 6. Ibid., pag. 210, 7. Pylicd.. cont. Vald,, c. 15. t. IV. Bibl. PP., 2 part., pag. 785.
cette Confession en 1551 pour être portée à Trente >. On y disoit que Jésus- Christ est vraiment et substantiellement présent dans la communion, et qu'on le donne vraiment à ceux qui reçoivent le corps et le sang de Jésus-Christ. A quoi ils ajoutent, par une manière de parler étrange, que « la présence substantielle de Jésus-Christ n'est pas seulement signifiée, mais vraiment rendue présente, distribuée et donnée à ceux qui mangent; les signes n'étant pas nus, mais joints à la chose même selon la nature des sacrements2. »
Il semble qu'on presse beaucoup la a présence substantielle, » lorsquon dit pour l'inculquer avec plus de force, qu'elle n'est pas signifiée « mais vraiment présente : » mais je me défie de ces fortes expressions de la Réforme, qui plus elle diminue la vérité du corps et du sang dans l'eucharistie, plus elle est riche en paroles; comme si par là elle prétendoit réparer la perte qu'elle fait des choses. Au reste, en venant au fond : quoique cette déclaration soit pleine d'équivoques, et qu'elle laisse des échappatoires à chaque parti pour conserver sa propre doctrine; toutefois ce sont les zuingliens qui font la plus grande avance, puisqu'au lieu qu'ils disoienl dans leur Confession que le corps de Notre-Seigneur, étant dans le ciel « absent de nous, » nous devient présent seulement « par sa vertu, » les termes de l'accord portent que Jésus-Christ nous est « substantiellement présent : » et malgré toutes les règles du langage humain, une présence en vertu devient tout à coup une présence en substance.
Il y a des termes, dans l'accord, que les luthériens auroient peine à sauver, si on ne s'accoutumoit dans la nouvelle Réforme à tout expliquer comme ou veut. Par exemple, ils semblent s'éloigner beaucoup de la croyance qu'ils ont que le corps de Jésus-Christ est pris par la bouche, et même par les indignes, lorsqu'ils disent dans cet accord, que les a signes de la cène donnent par la foi aux croyants ce qu'ils signifient3. » Mais outre qu'ils peuvent dire qu'ils ont parlé de la sorte parce que la présence réelle n'est connue que par la foi, ils pourront encore ajouter qu'en effet il y a des biens dans la cène qui ne sont donnés qu'aux seuls croyants : comme la vie éternelle et la nourriture des âmes, et que c'est de ceux-là qu'ils veulent parler, lorsqu'ils disent que « les signes donnent par la foi ce qu'ils signifient. »
Je ne m'étonne pas que les bohémiens aient souscrit sans peine à cet accord. Séparés depuis quarante à cinquante ans de l'Église catholique» et réduits à ne trouver le christianisme que dans le coin qu'ils occupoient en Bohême; quand ils virent paroître les protestants, ils ne songèrent qu'à s'appuyer de leur secours. Ils surent gagner Luther par leurs soumissions : on avoit tout de Bucer par des équivoques : les zuingliens se laissoient flatter aux expressions générales des frères, qui disoient, sans néanmoins le pratiquer, qu'il ne falloit rien ajouter aux termes dont Notre-Seigneur s'étoit servi. Calvin fut plus difficile. Nous
i. V. sup., liv. VIII; Synt. Conf., i part, pag 166; 2 part., p. 72.
*. Ibid., pag. 146.