‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 124 sur 210 · Ihid., c. 17, pag · texte numérisé non relu

Ihid., c. 17, pag

pie, ou plutôt à tout l'univers, qui a lu avec respect ses divins sermons, que les quarante martyrs, dont on voit les reliques, a étoient des tours par lesquelles la ville étoit défendue1. » Saint Chrysostome a dit aussi que « les reliques de saint Pierre et de saint Paul étoient à la ville de Rome des tours plus assurées que dix mille remparts2. » N'est-ce pas là, conclut Mède, élever les dieux Maozims? Saint Basile et saint Chrysostome sont les antechrists qui érigent ces forteresses contre le vrai Dieu.

Ils ne sont pas les seuls ; le poêle Fortunat a chanté , après saint Chrysostome. que « Rome avoit deux remparts et deux tours dans saint Pierre et dans saint Paul. » Saint Grégoire en dit autant. Saint Chrysostome répète encore que « les saints martyrs de l'Egypte nous fortifient comme des remparts imprenables , comme d'inébranlables rochers, contre les ennemis invisibles3. » Et Mède reprend toujours: « N'est-ce pas là der, Maozims? » Il ajoute que saint Hilaire trouve aussi nos boulevards dans les anges. Il cite saint Grégoire de Nysse, frère de saint Basile4; Gennadius, Évagrius, saint Eucher, Théodoret, et les prières des Grecs, pour montrer la même chose. Il n'oublie pa que la croix est appelée notre défense, et que nous disons tous le jours, « se fortifier du signe de la croix; munire se signo crucis5 : » i croix y vient comme le reste; et ce sacré symbole de notre salut sera encore rangé parmi les' Maozims de l'Antéchrist.

M. Jurieu relève tous ces beaux passages de Joseph Mède; et pour n'être pas un simple copiste, il y ajoute saint Ambroise, qui dit que saint Gervais et saint Protais étoient les anges tutélaires de la ville de Milan6. Il pouvoit encore nommer saint Grégoire de Nazianze, saint Augustin, et enfin tous les autres Pères, dont les expressions ne sont pas moins fortes7. Tout cela, c'est faire des saints autant de dieux, parce que c'est en faire des remparts et des rochers où on a une retraite assurée, et que 1 Écriture donne ces noms à Dieu

Ces messieurs savent bien en leur conscience que les Pères dont ils produisent les passages ne l'entendent pas ainsi; mais qu'ils veulent dire seulement que Dieu nous donne dans les saints, comme il a fait autrefois dans Moïse, dans David et dans Jérémie, des invincibles protecteurs dont les prières agréables nous sont une défense plus assurée que mille remparts; car il sait faire de ses saints, quand il lui plaît et à la manière qu'il lui plaît, des forteresses imprenables, et des « colonnes de fer » et des «murailles d'airain8. » Nos docteurs, encore un coup, savent bien en leur conscience que c'est là le sens de saint Chrysostome et de saint Basile, quand ils appellent les saints des tours et des forteresses. Ces exemples leur devroient apprendre à ne prendre pas au criminel d'autres expressions aussi fortes, et ensemble aussi innocentes que celles-là: et du moins il ne faudroit pas pousser l'im-

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