Sess. 125, 130, et prœf. ad Ecc
5. Ci-dessus, liv. IX, n. 10, 11, 12, 19. — 6. Ibid., n. 20 21. 7. Expos, de la foi, ch. iv, Coac. 13, p. 80.
de leur salut ' : article dont nous avons vu qu'il suit plus clair que le jour, selon les principes du synode, que tous les enfants des fidèles, et tous les descendants de ces enfants jusqu'à la consommation des siècles, si leur race dure autant, sont du nombre des prédestinés.
Si toutes ces décisions, qui paroissent si authentiques, font un fondement si certain dans la nouvelle réforme, qu'on soit privé du ,alut et retranché de l'Église en les rejetant, c'est ce que nous avons à examiner en expliquant la procédure du concile.
La première chose que j'y remarque, c'est une requête des remontrants, où ils exposent au synode qu'ils ont été condamnés, traités d'hérétiques et excommuniés par les contre-remontrants, leurs collègues et leurs parties; qu'ils sont pasteurs comme les autres, et qu'ainsi naturellement ils devroient avoir séance dans le synode avec eux; que si on les exclut comme parties dans le procès, leurs parties doivent être exclues aussi bien qu'eux : autrement qu'ils seroient ensemble juges et parties, qui est la chose du monde la plu,s inique 2.
C'étoit visiblement les mêmes raisons pour lesquelles tous les protestants avoient récusé le concile des catholiques, pour lesquelles les zuingliensenparticuliers'étoientélevés contre le synode des ubiquitaires, qui les avoit condamnés à Iène, comme on a vu3. Les remontrants ne manquoient pas de se servir de ces exemples. Ils produisoient principalement les griefs contre le concile de Trente, où les protestants avoient dit: « Nous voulons un concile libre; un concile où nous soyons avec les autres; un concile qui n'ait pas pris parti; un concile qui ne nous tienne pas pour hérétiques : autrement nous serions jugés par nos parties4. » Nous avons vu que Calvin et les calvinistes avoient allégué les mêmes raisons contre le synode de Iène; les remontrants se trouvoient dans le même état, quand ils voyoient François Gomar et ses adhérents assis dans le synode au rang de leurs juges et se voyoient cependant exclus, et traités comme coupables : c'étoit préjuger contre eux avec l'examen de la cause ; et ces raisons leur paroissoient d'autant plus convaincantes, que c'étoit visiblement celles de leurs pères contre le concile de Trente, comme ils le faisoient voir par leur requête5.
Après qu'on eut lu cette requête6, on leur déclara ce que le synode trouvoit fort étrange que les accusés voulussent faire la loi à leurs juges, et leur prescrire des règles; et que c'étoit faire injure non-seulement au synode, mais encore aux états généraux qui les avoient convoqués, et qui leur avoient commis le jugement : qu'ainsi ils n'avoient qu'à obérr7.
C'étoit leur fermer la bouche par l'autorité du souverain ; mais ce n'étoit pas satisfaire à leurs raisons, ni aux exemples de leurs pères, lorsqu'ils avoient décliné le jugement du concile de Trente. Aussi n'entra-t-on guère dans cet examen. Les délégués des états qui assis»