Sess. 36. cap. De prœdest., art. 17; ci-dessus
2. Sess. 25, p. 65 et seq. — 3. Ci-dessus, liv. VIII. —4. Ibid.
5. $yn. Dordr., ibid., p. 70, 71, 72, etc. ; 81, etc. — 6. Ibid., p. 80- 7. Sess. 26, p. 82, 83.
Bossuft. - - in *
toient au synode avec toute l'autorité de leurs supérieurs, jugèrent que les remontrants n'étoient pas recevables dans leurs demandes*, et leur ordonnèrent d'obéir à ce qui seroit réglé par le synode, qui de son côté déclara leurs propositions insolentes, et la récusation qu'ils faisoient de tout le synode comme étant partie dans le procès, injurieuse non-seulement au synode même, mais encore à la suprême autorité des états généraux.
Les remontrants condamnés changèrent leurs requêtes en protestations contre le synode. On délibéra dessus 2; et comme les raisons qu'ils alléguoient étoient les mêmes dont les protestants s'étoient servis pour éluder l'autorité des évoques catholiques, les réponses qu'on leur fit étoient les mêmes que les catholiques avoient employées contre les protestants. On leur disoit que ce n'avoit jamais été la coutume de l'Église de priver les pasteurs du droit de suffrage contre les erreurs pour s'y être opposés : que ce seroit leur ôter le droit de leur charge pour s'en être fidèlement acquittés, et renverser tout l'ordre des jugements ecclésiastiques : que par les mêmes raisons les ariens, les nestoriens et les eutychiens auroient pu récuser toute l'Église, et ne se laisser aucun juge parmi les chrétiens : que ce seroit le moyen de fermer la bouche aux pasteurs, et de donner aux hérésies un cours entièrement libre. Après tout, quels juges vouloient-ils avoir? Où trouverai t-on dans le corps des pasteurs ces gens neutres et indifférents qui n'auraient pris aucune part aux questions de la foi et aux affaires de l'Église3? Ces raisons ne souffraient point de réplique : mais par malheur pour nos réformés, c'étoient celles qu'on leur avoit opposées lorsqu'ils déclinèrent le jugement des évêques qu'ils trouvoient en place au temps de leur séparation.
Ce qu'on disoit de plus fort contre les remontrants, c'est « qu'ils étoient des novateurs, » et qu'ils étoient « la partie la plus petite aussi bien que la plus nouvelle , » qui devoit par conséquent être jugée « par la plus grande, parla plus ancienne, parcelle qui étoit en possession, et qui soutenoit la doctrine reçue jusqu'alors4. » Mais c'est par là que les catholiques dévoient le plus l'emporter : car enfin quelle antiquité l'Église Belgique réformée alléguoit-elle aux remontrants? Nous ne voulons pas, disoit-elle, laisser affoiblir la doctrine que nous avons toujours soutenue « depuis cinquante ans5; » car ils ne remontoient pas plus haut. Si cinquante ans donnoient à l'Église qui se disoit réformée tant de droit contre les arminiens nouvellement sortis de son sein, quelle devoit être l'autorité de toute l'Église catholique fondée depuis tant de siècles !
Parmi toutes ces réponses qu'on faisoit aux remontrants sur leurs protestations, ce qu'on passoit le plus légèrement, c'étoit la comparaison qu'ils faisoient de leurs exceptions contre le synode de Dordrect avec celles des réformés contre les conciles des catholiques et
î. Sess. 26, p. 81. — 2. Sess. 27, p. 93.
3. Ibid.,pag. 83, 87, 97, 98, 100, 104, 106. — 4. Pag. 97, 103, etc.