Coll. Cass., q. de fract. pan
2. Traité de la comm. sous les deux espèces, 2 part., ch. xir, La Roq., Rép.t 1 part., ch. xvir, pag 307.
3. Thes.de q. an. hom. in stat. pecc. solis nat.viribus etc.;Tbes. 31 et seq.
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confirme par plusieurs témoignages, auxquels nous pourrions en ajouter beaucoup d'autres, si la chose n'étoit constante, ainsi qu'on l'aura pu voir par le témoignage de M. Jurieu 1 , et si nous n'avions déjà parlé de cette matière2.
En effet, on a pu voir, dans cette histoire3, combien Mélanchthon avoit adouci parmi les luthériens l'extrême rigueur avec laquelle Luther soutenoit les décrets absolus et particuliers 4; et on y enseignoit unanimement que Dieu vouloit sérieusement et sincèrement sauver tous les hommes ; qu'il leur offroit Jésus-Christ comme rédempteur ; qu'il les appeloit à lui par la prédication et par les promesses de son Évangile; et que son esprit étoit toujours prêt à être efficace en eux, s'ils écoutoient sa parole : que c'est enfin attribuer à Dieu deux volontés contraires, de dire que d'un côté il propose son Évangile à tous les hommes, et de l'autre qu'il n'en veuille sauver qu'un très-petit nombre. Par une suite de la complaisance qu'on avoit pour les luthériens, Jean Cameron, Ecossois, célèbre ministre et professeur en théologie dans l'académie de Saumur, y enseigna une vocation et une grâce universelle, qui se déclaroit envers tous les hommes par les merveilles des œuvres de Dieu, par sa parole et les sacrements. Cette doctrine de Cameron fut fortement et ingénieusement défendue par Amirauld et Testard ses disciples, professeurs en théologie dans la même ville. Toute cette académie l'embrassa : Dumoulin se mit à la tête du parti contraire, et engagea dans ce sentiment l'académie de Sedan où il pouvoit tout ; et nous avons vu de nos jours toute la réforme partagée en France avec beaucoup de chaleur entre Saumur et Sedan. Malgré les censures des synodes, qui supprimoient la doctrine de la grâce universelle, sans néanmoins la qualifier d'hérétique ou d'erronée, les plus savants ministres en entreprirent la défense. Daillé en fit l'apologie, où Blondel mit une préface très-avantageuse aux défenseurs de ce sentiment ; et la grâce universelle triompha dans Sedan, où le ministre Beauli^ l'a enseignée de nos jours.
Elle neréussissoit pas également horsduroyaume, et principalement en Hollande, où on la croyoit opposée au synode de Dordrect. Mais au contraire Blondel et Daillé firent voir que les théologiens de la Grande-Bretagne et de Brème avoient soutenu dans le synode « une volonté et intention universelle » de sauver tous les hommes, une grâce « suffisante « donnée à tous ; grâce a sans laquelle » on ne pouvoit pas rétablir en soi-même l'image de Dieu 5. C'est ce qu'avoient dit publiquement les théologiens dans le synode, et n'en avoient pas moins mérité les congratulations et les louanges de toute cette compagnie.
Genève, toujours attachée aux rigoureuses propositions de Calvin, fut fort ennemie de l'universalité, qui cependant fut portée jusque dans son sein par des ministres françois. Déjà elle partageoit toutes