Rép. au dise, de M. de Cond
k. lnst.7 liv. IV, c. ir, n. 2; ci-dessus, n. 26. — 5. Ibid.
ait cessé d'être visible : les promesses de Jésus-Christ sont trop claires; et il faut bien trouver moyen de les concilier avec la doctrine de la réforme. C'est là qu'est née la distinction des additions et des soustractions : si vous ôtez par soustraction quelques vérités fondamentales, le ministère n'est plus : si vous mettez sur ces fondements de mauvaises doctrines, quand même elles détruiroient ce fondement par conséquence, le ministère subsiste, impur à la vérité, mais suffisant, et par le discernement que les fidèles feront du fondement, qui est Jésus-Christ, d'avec ce qui a été surajouté, ils trouveront dans le ministère tous les aliments nécessaires !. Voilà donc à quoi aboutit cette pureté de doctrine, et ces sacrements droitement administrés, qu'on avoit mis comme les marques de la vraie Église. Sans avoir ni prédication qu'on puisse approuver, ni culte où l'on puisse prendre part, ni l'eucharistie en son entier, on aura tous les aliments nécessaires sans soustraction d'aucun; on aura la pureté de la parole et les sacrements bien administrés : qu'est-ce que se contredire, si cela ne l'est?
Mais voici un autre inconvénient. Si avec toutes ces doctrines, toutes ces pratiques, et tous ces cultes de Rome, avec l'adoration et avec l'oblation du corps du Sauveur, avec la soustraction d'une des espèces, et toutes les autres doctrines, on y a encore « tous les aliments nécessaires sans soustraction d'aucun, x> à cause qu'on y confesse un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, et un seul Jésus-Christ comme Dieu et comme Sauveur; on les y a donc encore : on y a encore les marques de vraie Église, c'est-à-dire la pureté de la doctrine, et la droite administration des sacrements jusqu'à un degré suffisant; la vraie Église y est donc encore, et on y peut encore faire son salut.
M. Claude n'en est pas voulu demeurer d'accord : les conséquences d'un si grand aveu l'ont fait trembler pour la réforme. Mais M. Jurieu a franchi le pas, et il a vu que les différences qu'avoit apportées M. Claude entre nos pères et nous étoient trop vaines pour s'y arrêter.
En effet, on n'en rapporte que deux : la première est qu'à présent il y a un corps dont on peut embrasser la communion; et c'est le corps des prétendus réformés : la seconde est, que l'Église romaine a passé en articles de foi beaucoup de dogmes qui n'étoient pas décidés du temps de nos pères2.
Mais il n'y a rien de plus vain : et pour convaincre le ministre Claude, il n'y a qu'à se souvenir de ce que le ministre Claude vient de nous dire. Il nous a dit que a les bérengariens, les vaudois, les albigeois, les vicléfites, les hussites, » etc. , avoient déjà paru au monde comme « la plus illustre partie de l'Église, parce qu'ils étoient la plus pure, la plus éclairée, la plus généreuse3. » Il n'y a encore un coup qu'à se souvenir que, selon lui, l'Église romaine avoit déjà donné de suffisants sujets de se retirer de sa communion par les anathèmes contre
Rép. de M, Cl. au dise, de M. de Meaux, pag. 1*28, 145, 146, 247, 361, etc '^ au dise, de " v, pag. 289.
i. nep. de m» ui. au aise, ae & .
2. Déf. de la Réf., p. 295 ; Rép. au dise, de M. de Cond., pag. 370, 358, etc