Conf. avec M. Claude, n. i
4. Rép. au dise, de M. de Cond., pag. 106, 107. — 5. Ibid., pag. 119. 6. Pag. 79, 95, 115, 121, 146, 243.
a Le bon grain est là, » et en voyant le rets où sont les bons poissons avec les mauvais, « C'est là que sont les bons poissons. »
Mais quel étoit ce ministère public et visible sous lequel étoient renfermés, avant la réformation , les vrais fidèles, qu'on veut être seuls la vraie Église : c'étoit la grande question. On ne voyoit dans tout l'univers de ministère qui eût perpétuellement duré que celui de l'Église romaine , ou des autres dont la doctrine n'étoit pas plus avantageuse à la réforme. Il a donc bien fallu avouer enfin que « ce corps où les vrais fidèles étoient nourris, et ce ministère où ils recevoient les aliments suffisants sans soustraction d'aucun !, » étoit le corps de l'Église romaine, et le ministère de ses prélats.
Il faut ici louer ce ministre d'avoir vu plus clair que plusieurs autres, et de n'avoir pas comme eux restreint l'Église aux sociétés séparées de Rome, comme étoient les vaudois et les albigeois, les vicléfites et les hussites; car encore qu'il les regarde comme « la plus illustre partie de l'Église, parce qu'elles en étoient la plus pure, la plus éclairée et la plus généreuse2, il a bien vu qu'il étoit ridicule de mettre là toute la défense de sa cause; et dans son dernier ouvrage3, sans s'arrêter à ces sectes obscures dont maintenant on a vu le foible, il ne marque la vraie Église et les vrais fidèles que dans le ministère latin.
Mais c'est là qu'est l'embarras d'où on ne sort point: car les catholiques en reviennent à leur ancienne Semande : Si la vraie Église est toujours visible; si la marque pour la reconnoître, selon tous vos Catéchismes et toutes vos Confessions de foi, et la pure prédication de l'Évangile et la droite administration des sacrements : ou l'Église romaine avoit ces deux marques, et en vain la veniez-vous réformer : ou elle ne les avoit pas, et vous ne pouvez plus dire, selon vos principes, qu'elle est le corps où est renfermée la vraie Église. Car au contraire Calvin avoit dit que la « doctrine essentielle au christianisme y étoit ensevelie, « et qu'elle n'étoit plus qu'une école d'idolâtrie et d'impiété4. t> Son sentiment avoit passé dans la Confession de foi, où nous avons vus« que la pure vérité de Dieu étoit bannie de cette Église; que les sacrements y étoient corrompus , falsifiés et abâtardis : que toute superstition et idolâtrie y avoient la vogue. » D'où on concluoit que « l'Église étoit en ruine et désolation, l'état du ministère interrompu; » et sa succession tellement anéantie, qu'on ne pouvoit plus la ressusciter que par une mission extraordinaire. Et en effet, si la justice imputée étoit le fondement du christianisme; si le mérite des œuvres et tant d'autres doctrines reçues étoient mortelles à la piété, îi les deux espèces étoient essentielles à l'eucharistie , où étoient la vérité et les sacrements? Calvin et la Confession avoient raison de dire, lelon ces principes, qu'il ne restoit plus là aucune Église.
D'autre côté, on ne peut pas dire ni que l'Église ait cessé, ni qu'elle
i. Rép. au dise, de M. de Cond., pag. [130 , etc. ; 1^5 , etc. -, 360, etc. ; 373 , 378.