‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 165 sur 210 · Sysl., liv. II, c. m, pag. 24, etc · texte numérisé non relu

Sysl., liv. II, c. m, pag. 24, etc

2. Préj. lég., pag. 6 ; Syst., pag. 2*6, etc. ; 254, 262, 269, 305, 557.

3. lbid., p. 263. — 4. Syst., pag. 254. —5. Ibid. — 6. Ibid., p. 249. 7. Ibid., pag. 254.

« ailleurs, » on ne le peut plus tolérer dans les troupeaux où l'on avoit fait d'autres conventions.

Mais ces gens qui rompent l'accord de la réforme calvinienne, ou de quelque autre semblable confédération, que deviendront-ils? Et seront-ils obligés de se confédérer avec quelque autre église? Point du tout. Il n'est nullement nécessaire, quand on se sépare d'une église, d'en trouver une autre à laquelle on adhère '. » Je vois bien qu'on est forcé de le dire ainsi, parce qu'autrement on ne pourroit excuser les églises protestantes, qui, en se séparant de l'Église romaine, n'ont trouvé sur la terre aucune église à qui elles pussent adhérer. Mais il faut entendre la raison qui autorise une telle séparation, a C'est, poursuit M. Jurieu2, parce que toutes les églises sont naturellement libres et indépendantes les unes des autres; ou, comme il l'explique ailleurs, naturellement et originairement toutes les églises sont indépendantes.»

Voilà précisément notre doctrine, diront ici les indépendants ; nous sommes les vrais chrétiens qui défendent cette liberté primitive et naturelle des églises. Mais cependant Charenton les a condamnés en 1644. Il a donc aussi par avance condamné M. Jurieu qui les soutient : mais écoutons le décret3 : « Sur ce qui a été représenté que plusieurs, qui s'appellent indépendants parce qu'ils enseignent que chaque église se doit gouverner par ses propres lois sans aucune dépendance de personne en matière ecclésiastique, et sans obligation à reconnoître l'autorité des colloques et des synodes pour son régime et conduite, » c'est-à-dire sans aucune confédération avec quelque autre église que ce soit; et voilà le cas de M. Jurieu bien posé : mais la réponse du synode est bien différente de la sienne; car le synode prononce, qu'il faut « craindre que ce venin gagnant insensiblement, ne jette, dit-il, la confusion et le désordre entre nous, n'ouvre la porte à toutes sortes d'irrégularités et d'extravagances, et n'ôte tout moyen d'y apporter le remède : » ce qui seroit également a préjudiciable à l'Église et à l'État, et donneroit lieu à former autant de religions qu'il y a de paroisses ou assemblées particulières. » Et M. Jurieu conclut, au contraire, qu'en se séparant d'une église sans adhérer à une autre , on ne fait que retenir a la liberté et l'indépendance » qui convient « naturellement et originairement » aux églises, c'est-à-dire la liberté que Jésus-Christ leur a donnée en les formant.

En effet, il n'y a pas moyen de soutenir, selon les principes de notre ministre, ces colloques et ces synodes. Car il suppose que si un royaume catholique se divisoit d'avec Rome, et ensuite se subdivisât en plusieurs souverainetés, chaque prince pourroit faire « un patriarche4, » et établir dans son État un gouvernement absolument indépendant de celui des Étais voisins, a sans a.ppel, » sans liaison, sans correspondance; car tout cela, selon lui, dépend du prince: et c'est pourquoi il a fait dépendre la première confédération des églises de Tu-

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