Prop. 1 Alex. VII. — 4. Innoc. XI, prop
on les tolère: mais, ô Dieu, vous êtes justel ceux qui nous accusent faussement de les tolérer, livrés à l'esprit d'erreur en punition de leurs calomnies, sont eux-mêmes coupables du crime qu'ils nous imposent, puisqu'ils tolèrent ces erreurs dans les luthériens, parmi lesquels ils sont forcés de les reconnoître d'une manière plus insupportable qu'elles ne se sont jamais trouvées dans aucuns auteurs.
C'est à quoi les pousse, malgré qu'ils en aient, cette malheureuse compensation de dogmes qu'ils ne cessent de négocier avec ceux de la Confession d'Augsbourg par toutes sortes de moyens. Votre ministre s'est offensé d'une manière terrible, de ce que j'ai osé lui reprocher ce commerce infâme. « Je n'ai pu, dit-il (Lettre x), lire sans pitié ces paroles de M. de Meaux : Après toutes ces vigoureuses récriminations que font les calvinistes aux luthériens, on croiroit que le ministre Jurieu va conclure à détester dans les luthériens tant d'abominables excès, tant de visibles contradictions, un aveuglement si manifeste. Point du tout; il n'accuse les luthériens de tant d'énormes erreurs que pour en venir à la paix.... Nous vous passons tous les prodiges de votre, doctrine; nous vous passons votre monstrueuse ubiquité; nous vous passons votre demi-pélagianisme; nous vous passons ce dogme affreux qui veut que les bonnes œuvres ne soient pas nécessaires au salut: passeznous donc aussi les décrets absolus, la grâce irrésistible, la certitude du salut ', » etc. Je reconnois mes paroles, il les a fidèlement rapportées; et a voilà, poursuit-il, ce que j'appelle faire le comédien et le déclamateur sans jugement et sans foi. Il n'est point vrai qu'on reconnoisse dans les luthériens des dogmes énormes, des prodiges de doctrine, d'abominables excès. » Prêtez l'oreille, mes Frères. L'ubiquité, constamment enseignée par les luthériens, n'est plus un monstre de doctrine: laissons celui-là, qui trouvera sa place ailleurs. L'erreur d'attribuer à l'homme le commencement, et par là tout l'ouvrage de son salut; celle de dire que les bonnes œuvres ne sont pas nécessaires au salut, et qu'en effet on est sauvé sans les vertus, sans leur exercice et sans celui de l'amour de Dieu, n'est pas un dogme énorme, ni un abominable excès: tout cela est supportable; car il a la marque du luthéranisme, qui rend tout sacré et inviolable. Retenez bien, mes Frères, ce que dit ici votre ministre; mais écoutez comme il continue: « C'est être comédien, encore une fois, que d'appeler ainsi des erreurs humaines. » Remarquez encore : toutes ces erreurs des luthériens ne sont plus que des erreurs humaines, c'est-à-dire très-supportables, « auprès desquelles les erreurs des molinistes, et celles des défenseurs de la souveraine autorité papale, sont de vrais monstres, que M. Bossuet tolère pourtant dans son Église, quoiqu'il fasse profession de ne pas les croire. Je n'offre point la tolérance aux luthériens pour les abominables dogmes : que l'amour de Dieu n'est pas nécessaire pour être sauvé.... » Rompez donc avec eux, puisque vous venez de les convaincre de cette erreur. Mais, après ce petit mot d'interruption, reprenons les paroles du ministre. « Je n'offre point, poursuit-il, la tolérance aux lu-