Consult de pac.< pag. 244. — 2. far., liv
8, Catéchisme de Meaux, Inst. sur lapénit. dansie 2ecatech ieç. 2, pag. &4
avoir mérité: niais pour le confondre, il n'y a qu'à lire la suite du passage qu'il produit. Car en expliquant ces dispositions nécessaires, que le ministre a interprétées de la seule crainte de l'enfer, je dis, selon le concile de Trente, « que ces dispositions nécessaires pour obtenir le pardon de ses péchés, a sont, premièrement, » de considérer la justice de Dieu, et s'en laisser effrayer; « secondement, » de croire que le pécheur est justifié, c'est-à-dire remis en grâce par les mérites de Jésus-Christ, et espérer en son rom le pardon de nos péchés; a et enfin, » de commencer à l'aimer comme la source de toute justice, c'est-à-dire comme celui qui justifie le pécheur gratuitement et par une pure bonté'. » Il faut donc nécessairement, du moins commencer à aimer Dieu; et cela par le motif le plus propre à la grâce de la conversion, en l'aimant comme celui qui justifie le pécheur par une pure et gratuite miséricorde. Ainsi, manifestement, pour avoir la rémission des péchés, si l'on n'a pas la «contrition parfaite en charité, » qui d'abord réconcilie le pécheur, il faut du moins commencer à aimer Dieu à cause de sa bonté gratuite; et par cet amour commencé, se préparer le chemin à l'amour parfait qui consomme en nous la justice, et qui môme seroit capable de nous justifier avec le vœu du sacrement, quand on ne Fauroit pas actuellement reçu. Loin de me contenter de la seule crainte de l'enfer, j'explique pourquoi la crainte ne suffit pas seule: en peu de mots, à la vérité, comme il falloit à des enfants; mais de la manière qui me paroissoit la plus propre à s'insinuer dans ces tendres esprits : à quoi j'ajoute expressément qu'il faut apprendre plus clairement à ceux qui sont plus avancés, que ce qu'il faut faire dans le sacrement de pénitence, a pour y assurer son salut autant qu'on y est tenu , c'est de désirer vraiment d'aimer Dieu, et s'y exciter de toutes ses forces2', » où, non content du désir de l'amour de Dieu, qui ne peut être sans un amour déjà commencé, je demande encore qu'on s'excite de toutes ses forces à exercer cet amour. Votre infidèle ministre a supprimé toutes ces paroles de mon Catéchisme, non-seulement pour prendre de là occasion de me calomnier, lui qui m'impute sans raison tant de calomnies, mais encore de peur que vous ne voyiez les saintes dispositions que nous proposent les Pères de Trente, c'est-à-dire toute l'Église catholique, pour obtenir le pardon de nos péchés.
Mais la plus coupable infidélité de cet écrivain, et celle où il vous fait voir qu'il n'a plus aucun égard à la bonne foi, a été celle de me faire dire dans ce même Catéchisme, a qu'on pouvoit être sauvé sans avoir jamais fait aucun acte d'amour de Dieu. » A Dieu ne plaise que j'instruise si mal le peuple que le Saint-Esprit a commis à ma conduite, et que je donne aux enfants ce poison mortel, au lieu du lait que je leur dois. Voici quelle est ma doctrine dans la leçon où je traite expressément cette matière. J'y enseigne très-soigneusement, entre autres choses, que «celui qui manque à aimer Dieu, manque à la principale obligation de la loi de Jésus-Christ, qui est une loi d'amour,
i. Catéchisme de Meaux, Inst. sur la pénit. dans ie 2acatéch., leç. 2, p. 84. 2. Ibid., leç. 3.
i58 DEUXIEME AVERTISSEMENT
et à la principale obligation de la créature raisonnable, qui est de rë« connoUre Dieu comme son premier principe, c'est-à-dire la premier cause vde son être, et comme sa fin dernière, c'est-à-dire celle à laquelle on doit rapporter toutes ses actions et toute sa vie: en sorte qu'étant difficile de déterminer les circonstances particulières où il y il une obligation spéciale de donner à Dieu des marques de son amour, cous devons tellement multiplier les actes, que nous ne soyons pas condamnés pour avoir manqué à un exercice si nécessaire '. » On seroit donc condamné, si on y manquoit, faute d'avoir satisfait à la principale de ces obligations, et comme chrétien, et même comme homme : et voilà comme j'ai dit qu'on peut être sauvé sans aimer Dieu.
Le ministre ne rougit pas de me l'imputer, pendant que je m'étudie à établir précisément le contraire. Mais ce n'est pas là son plus grand crime: l'excès de son aveuglement, c'est qu'en m'accusant faussement d'une erreur si opposée à l'amour de Dieu, il en convainc les luthériens; et en même temps il les supporte : de sorte que tout le zèle qu'il a pour la charité et pour l'Évangile, c'est qu'il condamne sévèrement dans les catholiques, à qui il l'impute par calomnie, ce qu'il trouve effectivement et ce qu'il tolère dans les luthériens.
Mais, de peur qu'il ne s'imagine que ce qu'il trouve dans mon Catéchisme soit ma doctrine particulière, je veux bien lui déclarer que s'il s'est trouvé des auteurs parmi nous qui aient ôté l'obligation d'aimer Dieu par un acte spécial, ou qui aient voulu la réduire à quatre ou cinq actes dans la vie, les papes, les évêques et les facultés de théologie s'y sont opposés par de sévères censures: témoin ces propositions censurées à Rome par les papes Alexandre VII et Innocent XI2, avec l'applaudissement de tout l'ordre épiscopal et de toute l'Église catholique : « L'on n'est tenu de former en aucun temps de la vie des actes de foi, d'espérance et de chanté, en vertu des préceptes qui appartiennent à ces vertus 3. Nous n'osons pas décider si c'est pécher mortellement que de ne former qu'une seule fois en sa vie un acte d'amour de Dieu. Il est probable que le précepte de l'amour de Dieu n'oblige pas, même à la rigueur, tous les cinq ans; il n'oblige que lorsqu'il est nécessaire pour être justifié et que nous n'en avons point d'autre moyen 4. » On fait voir, en condamnant ces propositions autant absurdes qu'impies, que le précepte de l'amour de Dieu oblige les chrétiens, et ne les oblige pas pour une foi ni dans un certain temps seulement, mais continuellement et toujours, à la manière qu'on vient d'expliquer.
Ii seroit aisé de vous faire voir que de semblables propositions ont été souvent condamnées par les papes, par les évêques et par les universités, si c'en étoit ici le lieu. Écoutez-moi donc, mes chers Frères, et ne vous laissez point séduire par ces paroles de mensonge : Les cathodiques tolèrent toutes les mauvaises doctrines, et jusqu'à celle qui nie la nécessité d'aimer Dieu. Vous voyez, par ces censures, comme