Léo I, serm. 41 qui est iv de Quadr., c. 4 et
2. Gelas, in Dec. Grat. de cons. distinct. I, cap. Comperimus-, Ivo Microl., etc.
3. De morib. Eco. cath., c. 34, n. 74; De morib. Man., c. 18, n. 65, tom. I, col. 713 et 739 ; Cont., ep. Fundam., c. 15, n. 19. tom. VIII, col. 161.
Arménie, province voisine de la Perse, d'où cette fable détestable étoit venue, et autrefois sujette à son empire. Ils y furent ou établis, ou confirmés par un nommé Paul', d'où le nom de pauliciens leur fut donné en Orient, par un nommé Constantin, et enfin par un nommé Serge : et ils y parvinrent à une si grande puissance, ou par la foiblesse du gouvernement, ou par la protection des Sarrasins, ou même par la faveur de l'empereur Nicéphore très-attaché à cette secte 2, qu'à la fin persécutés par l'impératrice Théodore, femme de Basile3, ils se trouvèrent en état de bâtir des villes, et de prendre les armes contre leurs princes 4.
Ces guerres furent longues et sanglantes sous l'empire de Basile le Macédonien, c'est-à-dire à l'extrémité du neuvième siècle. Pierre de Sicile fut envoyé par cet empereur à Tibrique en Arménie5, que Cédrénus appelle Téphriques €, une des places de ces hérétique, pour y traiter de l'échange des prisonniers. Durant ce temps il connut à fond les pauliciens; et il adressa un livre sur leurs erreurs à l'archevêque de Bulgarie pour les raisons que nous verrons. Vossius reconnoît que nous avons une grande obligation à Radérus, qui nous a donné en grec et en latin une histoire si particulière et si excellente7. Pierre de Sicile nous y désigne ces hérétiques par leurs propres caractères, par leurs deux principes, par le mépris qu'ils avoient pour l'Ancien Testament, par leur adresse prodigieuse à se cacher quand ils vouloient, et par les autres marques que nous avons vues8. Mais il en remarque deux ou trois qu'il ne faut pas oublier : c'étoit leur aversion particulière pour les images de la croix, suite naturelle de leur erreur, puisqu'ils rejetoient la passion et la mort du Fils de Dieu; leur mépris pour la sainte Vierge, qu'ils ne tenoient point pour la mère de Jésus-Christ, puisqu'il n'avoit pas de chair humaine : et surtout leur éloignement pour l'eucharistie.
Cédrénus, qui a pris de cet historien la plupart des choses qu'il raconte des pauliciens, marque après lui ces trois caractères, c'est-àdire, leur aversion pour la croix, pour la sainte Vierge, et pour la sainte eucharistie9. Les anciens manichéens avoient les mêmes sentiments. Nous apprenons de saint Augustin10, que leur eucharistie n'étoitpas la nôtre, mais quelque chose de si exécrable qu'on n'ose même y penser loin qu'on puisse l'écrire. Mais les nouveaux manichéens avoient encore reçu des anciens une autre doctrine qu'il importe de remarquer. Dès le temps de saint Augustin, Fauste le manichéen reprochoii