Cedr., tom. I, pag. 432. — 2. Ibid., tom. II, pag
3. Théodore étoit femme de Théophile. A la mort de ce prince, arrivée au iflois de janvier 842, elle prit les rênes du gouvernement pendant la minorité de Michel III, son fils. Ce fut pendant sa régence, qu'après avoir inutilement tenté de convertir les pauliciens ou manichéens d'Arménie par les voies de douceur, elle employa la rigueur contre eux. Ces hérétiques se réfugièrent sur les terres des musulmans, et en tirèrent des secours pour faire la guerre à l'empire. Basile le Macédonien, qui succéda à Michel, remporta sur eux de grandes victoires. (Edition de Versailles.)
4. Ibid., pag. 541. — 5. Petr. Sic, Hist. de Manich. — 6. Cedr., pag. 541, etc 7. Voss. de Hist. Grœc. — 8. Petr. Sic, ibid., Prœf., etc.
9. Cedr., tom. II, pag. 434. — 10. Auguste Hier. 46, etc., tom. VIII, col. 13,
aux catholiques leur idolâtrie dans le culte qu'ils rendoient aux saint? martyrs, et dans les sacrifices qu'ils offroient sur leurs reliques1. Mai» saint Augustin leur faisoit voir que ce culte n'avoit rien de commu» avec celui des païens, parce que ce n'étoit pas le culte de latrie ou db sujétion et de servitude parfaite2; et que si l'on offroit à Dieu l'oblation sainte du corps et du sang de Jésus-Christ aux tombeaux et sur les reliques des martyrs, on se gardoit bien de leur offrir ce sacrifice; mais qu'on espéroit seulement «parla s'excitera l'imitation de leurs vertus, s'associer à leurs mérites, et enfin être secouru par leurs prières3.» Une réponse si nette n'empêcha pas que les nouveaux manichéens ne continuassent dans les calomnies de leurs pères. Pierre de Sicile nous rapporte qu'une femme manichéenne séduisit un laïque ignorant nommé Serge4 en lui disant que les catholiques honoroient les saints comme des divinités, et que c'étoit pour cette raison qu'on empêchoit les laïques de lire la sainte Écritur^, de peur qu'ils ne découvrissent plusieurs semblables erreurs.
C'étoit par de telles calomnies que les manichéens séduisoient les simples. On a toujours remarqué parmi eux un grand désir d'étendre leur secte. Pierre de Sicile découvrit, durant le temps de son ambassade à Tibrique, qu'il avoit été résolu dans le conseil des pauliciens, d'envoyer des prédicateurs de leur secte dans la Bulgarie, pour en séduire les peuples nouvellement convertis5. La Thrace, voisine de cette province, étoit, il y avoit déjà longtemps, infectée de cette hérésie. Ainsi il n'y avoit que trop à craindre pour les Bulgares, si les pauliciens, les plus artificieux des manichéens, entreprenoient de les séduire; et c'est ce qui obligea Pierre de Sicile d'adresser à leur archevêque le livre dont nous venons de parler, afin de les prémunir contre des hérétiques si dangereux. Malgré ses soins, il est constant que l'hérésie manichéenne jeta de profondes racines dans la Bulgarie, et c'est de là qu'elle se répandit bientôt après dans le reste de l'Europe; ce qui fit donner, comme nous verrons, le nom de Bulgares aux sectateurs de cette hérésie.
Mille ans s'étoient écoulés depuis la naissance de Jésus-Christ, et le prodigieux relâchement de la discipline menaçoit l'Église d'Occident de quelque malheur extraordinaire. C'étoit peut-être aussi le temps de ce terrible « déchaînement de Satan, marqué dans l'Apocalypse15, « après mille ans; » ce qui peut signifier d'extrêmes désordres: mille ans après que « le fort armé, » c'est-à-dire le démon victorieux, a fut lié » par Jésus-Christ venant au monde'. Quoi qu'il en soit, dans ce temps et en 1017 , sous le roi Robert on découvrit à Orléans des hérétiques d'une doctrine qu'on ne connoissoit plus il y avoit longtemps parmi les latins8.
1. Lib. XX, cont. Faust., cap. iv, tom. VIII, col. 233 et seq.
2. Ibid., cap. xxi et seq. — 3. Ibid., cap. xvm. — k. Petr. Sic, ibid. 5. Ibid., va Ho lib. — 6. Apocal. xx, 2, 3, 7.