De Hmr. in hxr. Munich., tom. VIII, col
S. Bibl. hist., 2 part., k l'an 1022, pag. 672. — 4. Addit.àla 2cpart., pag. iî*
des Bulgares commença à se multiplier dans la Lombardie, ils avoient pour évêque un certain Marc qui avoit reçu son ordre de la Bulgarie, et sous lequel étoient les Lombards, les Toscans, et ceux de la Marche : » mais qu'il « vint de Constantinople dans la Lombardie un autre nommé Nicétas, qui accusa l'ordre de la Bulgarie; » et que Marc reçut l'ordre de la Drungarie.
Quels pays c'est que la Drungarie, je n'ai pas besoin de l'examiner Renier très-instruit, comme nous verrons, de toutes ces hérésies, nous parle des églises manichéennes de « Dugranicie et de Bulgarie1, d'où viennent toutes les autres» de la secte en Italie et en France; ce qui, comme l'on voit, s'accorde très-bien avec l'auteur de Vignier. On voit, dans ce même « ancien auteur » de Vignier2, que cette hérésie apportée d'outre-mer, à savoir de Bulgarie, de là s'étoit épanchée par les autres provinces, où elle fut après en grande vogue au pays de Languedoc, de Toulouse et de Gascogne signamment, qui la fit dire aussi des albigeois, qu'on appela semblablement Bulgares, * à cause de leur origine. Je ne veux pas répéter ce que Vignier remarque de la manière dont on tournoit ce nom de Bulgares dans notre langue. Le mot en est trop infâme; mais l'origine en est certaine, et il n'est pas moins assuré qu'on appeloit de ce nom les albigeois pour marque du lieu d'où ils venoient, c'est-à-dire, de Bulgarie.
Il n'en faudroit pas davantage pour convaincre ses hérétiques de manichéisme. Mais le mal se déclara davantage dans la suite, principalement dans le Languedoc et à Toulouse; car cette ville étoit comme le chef de la secte, a d'où l'hérésie s'étendant, » comme porte le canon d'Alexandre III dans le concile de Tours, a à la manière d'un cancer, dans les pays voisins, a infecté la Gascogne et les autres provinces 3. » Comme c'étoit là, pour ainsi dire, la source du mal, c'étoit là aussi que l'on commença d'y appliquer le remède. Le pape Calixte II tint un concile à Toulouse4, où l'on condamne les hérétiques qui a rejettent le sacrement du corps et du sang de Notre-Seigneur, le baptême des petits enfants, le sacerdoce et tous les ordres ecclésiastiques, et le mariage légitime. » Le même canon fut répété dans le concile général de Latran sous Innocent II &. On voit ici le caractère du manichéisme dans la condamnation du mariage. C'en est encore un autre de rejeter le sacrement de l'eucharistie : car il faut bien remarquer que le canon porte, non pas que ces hérétiques eussent quelque erreur sur ce sacrement; mais « qu'ils le rejetoient, » comme on a vu que faisoient aussi les manichéens.
Pour le sacerdoce et tous les ordres ecclésiastiques, on peut voir dans saint Augustin et dans les autres auteurs le renversement qu'introduisirent les manichéens dans toute la hiérarchie, et le mépris qu'ils faisoient de tout l'ordre ecclésiastique. A l'égard du baptême des petits enfants, nous remarquerons dans la suite que les nouveaux ma-
i. Ren.cont. Vold., cap. vi, tom. IV; Bibl. PP., part. 2, pag. 759.
2. Vignier, ibid. — 3. Conc. Tur. m, col. 4; Conc. Labb., tom. X, c. 1419.
k. Con. Toi., an. 1118, conc, Lab., t. X, col. 857, can. 4.