Petr. Sic, ibid.; Cedr., tom. I, pag. 434. — 5. Ibid
6. Cod. de hier., liv. V. — 7. Bit. nov. Labb., tom. II, pag. 176, 180.
dû aux saints, le mariage légitime, et l'usage de la viande1. » Et le même auteur nous fait voir qu'ils étoient de la même secte que les hérétiques d'Orléans, dont l'erreur étoit venue d'Italie.
En effet, nous voyons que les manichéens s'étoient établis en ce pays-là. On les appeloit cathares, c'est-à-dire, purs. D'autres hérétiques avoient autrefois pris ce nom; et c'étoit les Novatiens, dans la pensée qu'ils avoient que leur vie étoit plus pure que celle des autres, à cause de la sévérité de leur discipline. Mais les manichéens enorgueillis de leur continence et de l'abstinence de la viande qu'ils croyoient immonde, se regardoient non-seulement comme cathares ou purs, mais encore, au rapport de saint Augustin2, comme ce Catharistes, >» c'est-à-dire, purificateurs, à cause de la partie de la substance divine mêlée dans les herbes et dans les légumes, avec la substance contraire, dont ils séparaient et purifîoient cette substance divine en la mangeant. Ce sont là des prodiges, je l'avoue; et on n'auroit jamais cru que les hommes en pussent être si étrangement enté» tés, si on ne l'avoit connu par expérience : Dieu voulant donner à l'esprit humain des exemples de l'aveuglement où il peut tomber, quand il est laissé à lui-même. Voilà donc la véritable origine des hérétiques de France venus des cathares d'Italie.
Vignier, que nos réformés ont regardé comme le restaurateur de l'histoire dans le dernier siècle, parle de cette hérésie, et de la découverte qui s'en fit au concile d'Orléans, dont il met la date par erreur en 1022 3 ; et il remarque qu'en cette année « furent pris et brûlés publiquement plusieurs personnages en présence du roi Robert pour crime d'hérésie: car on écrit, poursuit-il, qu'ils parloient mal de Dieu et des sacrements, à savoir du baptême, et du corps et du sang de Jésus- Christ, ensemble aussi du mariage; et ne vouloient user des viandes ayant sang et graisse, les réputant immondes. s> Il raconte aussi que le principal de ces hérétiques s'appeloit Etienne, dont il donne Glaner pour témoin avec la chronique de saint Cibard : « selon lesquels, continue-t-il, plusieurs autres sectaires de la même hérésie, qu'on appeloit des manichéens, furent exécutés ailleurs, comme à Toulouse et en Italie. » N'importe que cet auteur se soit trompé dans la date et dans quelques autres circonstances de l'histoire : il n'avoit pas vu les actes qu'on a recouvrés depuis. Il suffit que cette hérésie d'Orléans dont Etienne fut l'un des auteurs, dont le roi Robert vengea les excès, et dont Glaber nous a raconté l'histoire, soit reconnue pour manichéenne par Vignier; qu'il l'ait regardée comme la source de l'hérésie qu'on punit depuis à Toulouse, et que toute cette impiété fût dérivée de la Bulgarie, comme on va voir.
Un ancien auteur, rapporté dans les additions du même Vignier, ne permet pas d'en douter. Le passage de cet auteur, que Vignier transcrit tout entier en latin 4, veut dire en françois : q'^e « dès que l'hérésie
1. Fragm., hist. Aquit. édita à Petro Pith. Bar., tom. XI, an. 1017.