‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 84 sur 210 · Ren., ibid., c. 5, pag. 752. — 4. Ibid., c. 7, pag · texte numérisé non relu

Ren., ibid., c. 5, pag. 752. — 4. Ibid., c. 7, pag

5. Ind. err., n. 12, 13; ibid., pag. 832. — 6. Pylicd., c. 25; ibid., pag. 796. 7. Interrogatoire de Quoti et des autres.

a les barbes les avertissement que devant que de le recevoir il falloit être bien confessé. » Remarquez qu'il n'est parlé que du corps seul et d'une seule espèce, comme on la donnoit alors dans toute l'Église, et après le concile de Constance, sans que les barbes s'avisassent de le trouver mauvais. Un ancien auteur a remarqué qu'ils a recevoient très-rarement de leurs maîtres le baptême et le corps de Jésus-Christ; » mais que « tant les maîtres que les simples croyants les alloient demander aux prêtres1. » On ne voit pas même que pour le baptême ils eussent pu faire autrement sans se déclarer; car on eût bientôt remarqué qu'ils ne portoient pas leurs enfants à l'église, et on leur en eût demandé compte. Ainsi séparés de cœur d'avec l'Église catholique, ces hypocrites, autant qu'ils pouvoient, paraissoient à l'extérieur de la même foi que les autres, et ne faisoient en public aucun acte de religion qui ne démentît leur doctrine.

Les protestants peuvent connoître par cet exemple ce que c'étoitque ces fidèles cachés qu'ils nous vantent avant la réforme, qui n'avoient pas fléchi le genou devant Baal. On pourroit douter si les vaudois avoient retranché quelques-uns des sept sacrements. Et déjà il est certain qu'au commencement on ne les accuse d'en nier aucun : au contraire nous avons vu un auteur qui, en leur reprochant qu'ils changeoient, excepte les sacrements. On pouvoit soupçonner ceux de Renier d'avoir varié en cette matière, à cause qu'il semble dire qu'ils rejetoient non-selement l'ordre, mais encore la confirmation et l'extrême-onction2 : mais visiblement il faut entendre celle qui se donnoit parmi nous. Car, pour la confirmation, Renier qui la leur fait rejeter, ajoutent qu'ils a s'étonnoient qu'on ne permît qu'aux évêques de la conférer. » C'est qu'ils vouloient que les laïques, gens de bien , eussent pouvoir de l'administrer comme les autres sacrements. C'est pourquoi ces mêmes hérétiques, à qui on fait rejeter la confirmation, se vantent après a de donner le Saint-Esprit par l'imposition de leurs mains? ; » ce qui est en d'autres paroles le fond même de ce sacrement.

A l'égard de l'extrême-onction, voici ce qu'en dit Renier : « Ils rejettent le sacrement de l'onction, parce qu'on ne la donne qu'aux riches, et que plusieurs prêtres y sont nécessaires4. » Paroles qui font assez voir que la nullité qu'ils y trouvoient parmi nous venoit des prétendus abus, et non pas du fond. Au reste, comme saint Jacques avoit dit qu'il falloit appeler « les prêtres5 » en pluriel, ces chicaneurs vouloient croire que l'onction donnée par u*i seul, comme on faisoit ordinairement parmi nous dès ce temps-là, ne suffisoit pas; et ils prenoient ce mauvais prétexte de la négliger.

Quant au baptême, encore que ces hérétiques ignorants en rejetassent avec mépris les plus anciennes cérémonies, on ne doute pas qu'ils ne le reçussent. On pourroit seulement être surpris des paroles de Renier, lorsqu'il fait dire aux vaudois que « l'ablution qu'on donne aux enfants ne leur sert de rien6. » Mais comme cette ablution se trouve

i. Pylicd., c. '25, n. 796. — 2. Ibid., c. 5, pag. 750, 751.

3. Ibid., pag. 751. — 4. Ibid. — 5. Jac.,\, 14. — 6. lien., ibid. v, 14.

rangée parmi les cérémonies du baptême que ces hérétiques improu • voient, on voit bien qu'il parle du vin qu'on donnoit aux enfants après les avoir baptisés : coutume qu'on voit encore dans plusieurs vieux Rituels voisins de ce siècle-là, et qui étoit un reste de la communion qu'on leur administroit autrefois sous la soûle espèce liquide. Ce vin, qu'on mettoit dans un calice pour le donner à ces enfants, s'appeloit ablution, par la ressemblance de cette action avec l'ablution que les prêtres prenoient à la messe. Au surplus, on ne trouve point chez Renier le mot d'ablution pour signifier le baptême; et en tout cas, si on s'opiniâtre à le vouloir prendre pour ce sacrement, tout ce qu'on pourroit conclure ce seroit, au pis, que les vaudois de Renier trouvoient inutile un baptême donné par des ministres indignes, tels qu'ils croyoient tous nos prêtres : erreur qui est si conforme aux principes de la secte, que les vaudois, que nous avons vus approuver notre bap* tême, ne le pouvoient faire sans démentir eux-mêmes leur propre doctrine.

Voilà donc déjà trois sacrements dont les vaudois approuvoient le fond, le baptême, la confirmation et l'extrême-onction. Nous avons tout le sacrement de pénitence dans leur confession secrète, dans les pénitences imposées, dans l'absolution reçue pour avoir la rémission des péchés; et s'ils disoient que la confession de bouche n'étoit pas toujours nécessaire lorsqu'on avoit la contrition dans le cœur, ils disoient vrai au fond et en certains cas : encore que très-souvent, comme on a pu voir, ils abusassent de cette maxime en différant trop longtemps de se confesser.

Il y avoit une secte qu'on appeloit des siscidenses , « qui ne difTéroit presque en rien d'avec les vaudois; si ce n'est, dit Renier, qu'ils reçoivent l'eucharistie. » Ce n'est pas qu'il veuille dire que les vaudois ou les pauvres de Lyon ne la reçussent pas, puisqu'au contraire il fait voir qu'ils y reçoivent jusqu'à la transsubstantiation. Il veut donc dire seulement qu'ils avoient une extrême répugnance à recevoir ce sacrement des mains de nos prêtres, et que ces autres en faisoient moins de difficulté, ou peut-être point du tout.

Les protestants accusent Renier de calomnier les vaudois, en leur reprochant « qu'ils condamnent le mariage : » mais ces auteurs tronquent le passage, et le voici tout entier : « Ils condamnent le sacrement de mariage, en disant que les mariés pèchent mortellement lorsqu'ils usent du mariage pour une autre fin que pour avoir des enfants1; » par où Renier fait voir seulement Terreur de ces superbes hérétiques, qui, pour se montrer au-dessus de l'infirmité humaine, ne vouloient pas reconnoître la seconde fin du mariage, c'est-à-dire celle de servir de remède à la concupiscence. C'est donc à cet égard seulement qu'il accuse ces hérétiques de condamner le mariage, c'est-à-dire d'en condamner cette partie nécessaire, et d'avoir fait « un péché mortel » de ce que la grâce d'un état si saint rendoit pardonnable.

On voit maintenant quelle a été la doctrine des vaudois ou des pau-

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