L'OIE
Dans chaque genre, les espèces premières ont emporté tous nos éloges, et n'ont laissé aux espèces secondes que le mépris tiré de leur comparaison. L'oie, par rapport au cygne, est dans le même cas que l'âne vis-à-vis du cheval : tous deux ne sqntpas prisés à leur juste valeur; le premier degré de l'infériorilé, paraissant être une vrfi^ie dégradiation , n'offre, au lieu des attributs réels de l'espèce secondaire,flue ses contrastes désavantageux avec l'espèce première. Éloignant donc pour un moment la trop noble image du cygne, nous trouverons que l'oie est encore, dans le peuple de la basse-cour, un habitant de distinction. Sa corpulence, son port droit, sa démarche grave, son plumage net et lustré, et son naturel sociable , qui la rend susceptible- d'un fort attachement et d'une longue reconnaissance, enfin sa vigilance très-anciennement célébrée^ tout concourt à nous présenter l'oie comme l'un des plus intéressants et même des plus utiles de nos oiseaux domestiques;* car, indépendamment de la bonne qualité de sa chair, l'oie nous fournit cette pluine délicate sur laquelle la mollesse se plaît à reposer, et cette autre plume, instrument de nos pensées, et avec laquelle nous écrivons ici son éloge.