‹ Œuvres choisies de BuffonChapitre 124 sur 126 · LE GUILLEMOT · texte numérisé non relu

LE GUILLEMOT

Le guillemot nous présente les traits par lesquels la nature se prépare à terminer la suite nombreuse des formes variées du genre entier -des oiseaux. Ses ailes sont si étroites et si courtes, qu'à peine peut-il fournir un vol faible au-dessus de la surface de la mer, et que pour atteindre son nid, posé sur les rochers, il ne peut que voleter ou pjutôt sauter de pointe en pointe sur la roche, en prenant à chaque fois un instant de repos; et cette habitude, ou plutôt cette nécessité, lui est commune avec le macareux, le pingouin et autres oiseaux à courtes ailes, dont les espèces, presque bannies des contrées tempérées de l'Europe, se sont réfugiées à la pointe de l'Ecosse et sur les cAtes de la Norwége, de l'Islande et des îles de Féroé, dernières terres des habitants de notre Nord, où ces oiseaux semblent lutter contre le progrès et l'envahissement des glaces. Il est même impossible qu'ils occupent ces parages en hiver. Ils sont, à la vérité, assez accoutumés aux plus grandes rigueurs du froid, et se tiennent vo-

lontiers sur les glaçons floltants; mais ils ue peuvent trouver leur subsistance que dans une mer ouverte, et ils sont forcés de la quitter dès qu'elle se glace en entier.

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