‹ Œuvres choisies de BuffonChapitre 123 sur 126 · L'OISEAU DE TEMPÊTE · texte numérisé non relu

L'OISEAU DE TEMPÊTE

Lorsqu'on voit, dans un temps calme, arriver une troupe de ces petits pétrels à l'arrière du vaisseau, voler en même temps dans le sillage, et paraître chercher un abri sous la poupe, les matelots se hâtent de serrer les manœuvres et se préparent à l'orage qui ne manque pas de se former quelques heures après : ainsi Tapparition de ces oiseaux en mer est à la fois un signe d'alarme et de salut. Cet oiseau de tempête vole avec une singulière vitesse, et il sait trouver des points de repos au milieu des flots tumultueux et des vagues bondissantes; on le voit se mettre à couvert dans le creux profond que forment entre elles deux hautes lames de la mer agitée, et s'y tenir quelques instants> quoique la vague y roule avec une extrême rapidité. Dans ces sillons mobiles de flots, il court comme l'alouette dans les sillons des champs; et ce n'est pas par le vol qu'il se soutient et se meut» mais par une course dans laquelle, balancé sur ses ailes, il effleure et frappe de ses pieds, avec une extrême vitesse, la surface de l'eau.

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