LA NATURE
Avec quelle magnificence la nature ne brille-t-elle pas sur la terre? Une lumière pure, s' étendant de Torient au couchant, dore successivement les hémisphères de ce globe ; un élément transparent et léger l'environne : une chaleur douce et féconde ai\ime, fait éclore tous les germes de vie ; des eaux vives et salutaires servent à leur entretien, à leur accroissement ; des éminences distribuées dans le milieu des terres arrêtent les vapeurs de l'air, rendent ces sources intarissables et toujours nouvelles; des cavités immenses faites pour les recevoir partagent les continents : rétendue de la mer est aussi grande quecelle
de la terre ; ce n'est point un élément froid et stérile, c'est un nouvel empire aussi riche, aussi peuplé que le premier. Le doigt de Dieu a marqué leurs confina; si la mer anticipe sur les plages de Toccident, elle laisse à découvert celles de l'orient; cette masse immense d'eau, inactive par elle-même, suit les impressions des mouvements célestes, elle se balance par des oscillations régulières de flux et de reflux, elle s'élève et s'abaisse avec T astre de la nuit, elle s'élève encore plus lorsqu'il concourt avec l'astre du jour, et que tous deux, réunissant leurs forces dans le temps des équinoxes, causent les grandes marées : notre correspondance avec le ciel n'est nulle part mieux marquée.
De ces mouvements constants et généraux résultent des mouvements variables et particuliers, des transports de terre, des dépôts qui forment au fond des eaux des éminences semblables à celles que nous voyons sur la surface de la terre; des courants qui, suivant la direction de ces chaînes de montagnes, leur donnent une figure dont les angles se correspondent, et, coulant au milieu des ondes comme les eaux coulent sur la terre, sont, en effet, les fleuves de la mer.