‹ Œuvres choisies de BuffonChapitre 22 sur 126 · ET DES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

ET DES VÉGÉTAUX

Dans la foule d'objets que nous présente ce vaste globe f dans le nombre infini des différentes productions dont sa surface est couverte et peuplée, les animaux tiennent le premier rang, tant par la conformité qu'ils ont ayec nous que par la supériorité que nous leurs connaissons sur les êtres végétants et inanimés. Les animaux ont, par leurs sens^ par leur forme , par leur mouvement , beaucoup plus de rapports avec les choses qui les environnent que n'en ont les végétaux ; ceux-ci, par leur développement, par leur figure, par leur accroissement et par leurs différentes parties , ont aussi un plus grand nombre de rapports avec les objets extérieurs que n'en ont les minéraux ou les pierres , qui n'ont aucune sorte de vie et de mouvement ; et c'est par ce plus grand nombre de rapports que l'animal est réellement audessus du végétal , et le végétal au-dessus du minéral. Nous-mêmes , à ne considérer que la partie matérielle de notre être, nous ne sommes au-dessus des animaux que par quelques rapports de plus, tels que ceux que nous donnent la langue et la main ; et, quoique les ouvrages du Créateur soient en euxmêmes tous également parfaits, l'animal est, se-

Ion notre manière d'apercevoir, l'ouvrage le plus complet de la nature, et Thomme en est le chefd'œuvre.

En eflFet , que de ressorts , que de forces , que de machines et de mouvements, sont renfermés dans cette petite partie de matière qui compose le corps d'un animal ! que de rapports, que d'harmonie, que de correspondance entre les parties! combien de combinaisons, d'arrangements, de causes, d'eflFets, de principes, qui tous concourent au même biit, et que nous ne connaissons que par des résultats si difficiles à comprendre , qu'ils n'ont cessé d'être des merveilles que par l'habitude que nous avons prise de n'y point réfléchir.

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