LE FURET
Le furet a le corps plus allongé et plus mince, là tête plus étroite , le museau plus pointu que le putois. Il n'a pas le même instiuct pour trouver sa subsistance ; il faut en avoir soin , le nourrir à lamaison y du moins dans ces climats ; il ne va pas s* établir à la campagne ni dans les bois: et ceux que Ton perd dans les trous de lapins et qui ne reviennent pas, ne se sont jamais multipliés dans les champs ni dans les bois ; ils périssent apparemment pendant Thiver.
Cet animal est naturellement ennemi mortel du lapin. Lorsqu'on présente un lapin, même mort, à un jeune furet qui n'en a jamais vu , il se jette dessus et le mord avec fureur; s'il est vivant, il le prend par le cou, par le nez, et lui suce le sang. Lorsqu'on le lâche dans les trous des lapins , on le musèle, afin qu'il ne les tue pas dans le fond du terrier, et qu'il les oblige seulement à sortir et à se jeter dans le filet dont on couvre l'entrée. Si on laisse aller le furet sans muselière , on court risque de le perdre , parce qu'après avoir sucé le sang du
lapin il s'endort, et la fumée qu'on fait dans le terrier n'est pas toujours un moyen sûr pour le ramener, parce que souvent il y a ^plusieurs issues, et qu'un terrier communique à d'autres , dans lesquels le furet s'engage à mesure que la fumée le gagne. Les enfants se servent aussi du furet pour dénicher les oiseaux; il entre aisément dans les trpus des arbres et des murailles, et il les apporte a'ù dehors.
Le furet, quoique facile à apprivoiser, et même -assez docile, ne laisse pas d'être fort colère; il a une mauvaise odeur en tout temps, qui devient plus forte lorsqu'il s'échauffe ou qu'on Tirrite; il a les yeux vifs, le regard enflammé, tous les mouvements très-souples , et il est en même temps si vigoureux qu'il vient aisément à bout d'un lapin qui est au moins quatre fois plus gros que lui.