‹ Œuvres choisies de BuffonChapitre 48 sur 126 · LE PUTOIS · texte numérisé non relu

LE PUTOIS

Le putois ressemble beaucoup à la fouine par le tempérament, par le naturel , par les habitudes ou les mœurs , ainsi que par la forme du corps. Comme

elle, il s*approche des habitations, monte sur les toits , s'établit dans les greniers à foin , dans les granges et dans les lieux peu fréquentés*, d'où il ne sort que la nuit pour chercher sa proie. Il se glisse dans les basses -cours, monte aux volières, aux colombiers, où, sans faire autant de bruit que la fouine, il fait plus de dégât. Il coupe ou écrase la tête à toutes les volailles, et ensuite il les transporte une à une , et en fait magasin ; si , comme il arrive souvent, il ne peut les emporter entières , parce que le trou par où il est entré se trouve trop étroit, il

leur mange la cervelle et emporte les tètes. Il est aussi fort avide de miel ; il attaque les ruches en hiver, et force les abeilles à les abandonner. Il est sûr que ces animaux craignent le froid , puisqu'ils se retirent dans les maisons pour y passer l'hiver, et qu'on ne voit jamais de leurs traces sur la neige , dans les bois et dans les champs éloignés des maisons; et peut-être craignent -ils la trop grande chaleur, puisqu'on n'en trouve point dans les pays méridionaux.

Page 1