‹ Œuvres choisies de BuffonChapitre 74 sur 126 · LE MIUN ET LES BUSES · texte numérisé non relu

LE MIUN ET LES BUSES

Les milans et les buses, oiseaux ignobles , îm^ mondes et lâches, doivent suivre les vautours, auxquels ils ressemblent par le naturel et les mœurs. Ceux-ci, malgré leur peu de générosité, tiennent, par leur grandeur et leur force, l'un des premiers rangs parmi les oiseaux; les milans et les buses, qui n'ont pas ce même avantage et qui leur sont inférieurs en grandeur, y suppléent et les surpassent par le nombre. Partout ils sont beaucoup plus communs , plus incommodes que les vautours ; ils fréquetitebt plus souvent et de plus près les lieux habités. Ils font leur nid dans des endroits plus accessibles ; ils restent rarement dans les déserts ; ils préfèrent les plaines et les collines fertiles aux montagnes stériles. Comme toute proie leur est bonne, que toute nourriture leur convient, et que plus la terre produit de végétaux, plus elle est en même temps peuplée d'insectes, de reptiles, d'oiseaux et de petits animaux, ils établissent ordinairement leur domicile au pied des montagnes, dans les terres les plus vivantes, les plus abondantes en

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gibier, en volaille, en poisson. Sans être courageux, il ne sont pas timides ; ils ont une sorte de stupidité féroce qui leur donne Tair de Taudace tranquille, et semble leur ôter la connaissance du danger. On les approche, on les tue bien plus aisément que les aigles ou les vautours. Détenus en captivitéi ils sont encore moins susceptibles d'éducation; de tout temps on les a proscrits, rayés de la liste des oiseaux nobles, et rejetés de l'école de la fauconnerie.

LE FÀUCOPf

Le faucon est peut-être l'oiseau dont le courage est le plus franc, le plus grand, relativement à ses forces; il fond sans détour et perpendiculairement sûr sa proie y au lieu que Tau tour et la plupart des autres arrivent de côté. Aussi prend -on l'autour avec des filets, dans lesquels le faucon ne s'empêtre jamais; il tombe à plomb sur l'oiseau victime, exposé au milieu de l'enceinte de filets, le tue, le mange sur le lieu s'il est gros, ou l'emporte s'il n'est pas trop lourd, en se relevant à plomb. S'il y a quelque faisanderie dans son voisinage , il choisit cette proie de préférence : on le voit tout à coup fondre sur un troupeau de faisans, comme s'il tombait des nues, parce qu'il arrive de si haut et en si peu de temps, que son apparition est toujours imprévue et souvent inopinée. On le voit fréquemment attaquer le milan, soit pour exercer son courage, soit pour lui enlever une proie; mais il lui fait plutôt la honte que la guerre : il le traite comme un lâche, le chasse, le frappe avec dédain, et ne le met point à mort, parce que le milan se défend mal, et que probablement sa chair répugne au faucon encore plus que sa lâcheté ne lui déplaît.

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