L'ALOUETTE
Lorsque l'alouette est libre , elle commence à chanter dès les premiers jours du printemps; elle continue pendant toute la belle saison ; le matin et le soir sont les temps de la journée où elle se fait le plus entendre, et le milieu du jour celui où on l'entend le moins. Elle est du petit nombre des oiseaux qui chantent en volant; plus elle s'élève , plus elle force la voix, et souvent elle la force à un tel point qi|e, quoiqu'elle se soutienne au haut des airs et à perte de vue, on l'entend encore distinctement, soit que ce chant ne soit qu'un simple accent d'amour ou de gaieté, soit que ces petits oiseaux ne chantent ainsi en volant que par une sorte d'émulation et pour se rappeler entre eux. Un oiseau de proie qui compte
sur sa force et médite le carnage doit aller seul, et garder dans sa marche un silence farouche, de peur q]ue le moindre cri ne soit pour ses pareils un avertis- ' sèment de venir partager sa proie, et pour les oiseaux faibles un signal de se tenir sur leurs gardes : c'est à ceux-ci à se rassembler, à s'avertir, à s'appuyer Içs uns les autres, et à se rendre ou du moins à se croire forts par leur réunion. Au reste, Talouette chante rarement à terre, où néanmoins elle se tient toujours lorsqu'elle ne vole point; car elle ne se perche jamais sur les arbres, et on doit la compter parmi les oiseaux pulvérateurs ; aussi ceux qui la tiennent en cage ont-ils grand soin d'y mettre dans un coin une couche assez épaisse de sablon où elle puisse se poudrer à son aise, et trouver du soulagement contre la vermine qui la tourmente; ils y ajoutent du gazon frais souvent renouvelé, et ils ont l'attention que la cage soit un peu spacieuse.