LA FAUVETTE
Le triste hiver, saison de mort, est le temps du sommeil, ou plutôt de la torpeur de la nature; les insectes sans vie, les reptiles sans mouvement; les Végétaux sans verdure et sans accroissement ; tous les habitants de l'air détruits ou relégués, ceux des eaux renfermés dans des 'prisons de glace, et la plupart des animaux terrestres con6nés dans les cavernes, les antres et les terriers : tout nous présente les images de la langueur et de la dépopulation. Mais le retour des oiseaux au printemps est le premier signal et la douce annonce du réveil de la nature vivante; et les feuillages renaissants, et les bocages
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revêtus de leur nouvelle parure, sembleraient moins frais et moins touchants sans les nouveaux hôtes qui viennent les animer.
De ces hôtes des bois, les fauvettes sont les plus nombreuses, comme les plus aimables : vives, agiles, légères, et sans cesse remuées, tous leurs mouvements ont Tair du sentiment, et tous leurs accents le ton de la joie. Ces jolis orseaux arrivent au moment oii les arbres développent leufs feuilles et commencent à laisser épanouir leurs fleurs ; ils se dispersent dans toute Tétendue de nos campagnes : les uns viennent habiter nos jardins , d'autres préfèrent lésa venues^ et les bosquets; plusieurs espèces s'enfoncent dans les grands bois, et quelques-unes se cachent au milieu des roseaux. Ainsi les fauvettes remplissent tous les lieux de la terre, et les animent par les mouvements et les accents de leur tendre gaieté.
A ce mérite des grâces naturelles nous voudrions réunir celui delà beauté ; mais en leur donnant tant de qualités aimables , la nature semble avoir oublié de parer leur plumage. Il eSt obscur et terne :. excepté deux ou trois espèces qui sont légèrement tachetées, toutes les autres n'ont que des teintes plus ou moins sombres de blanchâtre , de gris et de roussâtre.