‹ Œuvres choisies de Campanella: précédées d'une noticeChapitre 23 sur 70 · FRAGMENT DU CHANT D'AMOUR SELON LA VRAIE · texte numérisé non relu

FRAGMENT DU CHANT D'AMOUR SELON LA VRAIE

PHILOSOPfflEI.

Amonr , q>bère iufinie , intelligente et tendre , qui as ton centre de satisfaction au ciel, et parmi nous d*indigence! Toi, qui es entouré du cercle sensitif, et par qui celui qui sent le plus aime davantage; je te chante, te loue et te décris; moi, qui, ainsi que toi, m'assimile toute chose. Par toi, le vide attire les solides et la matière , les puissances agissantes, d*où Baft Tordre admirable de l'univers; c'est par toi qu'il est peuplé d'astres et d'êtres humains. Par toi, le soleil tourne, et là tefie prend cette vigueur qui lui fait enfonter toute chose. Par toi, nous résistons à la mort et au mal qui nous détruit. Père de la bonté, ennemi de la haine, les républiques 1^ ray^imaye; «oint tpa euvr^ige , ainsi que l'amitié, cet 9g^^g t^fb^,% qui niût ^ut ce qui est bien pour combattre le maL De toute éternité tu es le frère de l'espériiac^» de cette surabondance des plaisirs éternels. Tu l'emportes sur

DE eAMPAMELLA. I9

FRAGMENT DE LA CANZONE SUR LA Bï:AUTE, SIGNE DU BIEN, OBJET DE UAMOUll.

Lft pi^portion et la symétrie des membres, la force, Vagi-» ]ité » la carDatioa brillante , la grâce des mouvements etde^ gestes, telles sont les conditions de la beauté parfaite du corps« Dieu adonné un plus grand nombre de ces qualités à Thomme qu'à la femme; c'est pour cela qu'il est plus beau et plus divin et qn*il est plus aimé qu'il n'aime. Les nains, les infirmes, les hommes contrefaits, les crétins, les vieillards , les gens failles, pales, gros, paresseux, tordus, maladroits manqui^iil; de beauté. S'il est un être qui réunisse toutes les conditions de la beauté, celui-là est un être parfait. Toute beauté est le signe de quelque bien; la grâce est le signe de quelque beauté. Mais la grâce est incertaine, car elle dépend du goût de dacmi.

liifftri^Qt rignovapee* la tyrannie, la trahisoa, la mort, lilbWÎPÎdlMi, h^ afortements et les malheurs de toute es-

tA POÊSI£S

pèce sont agréables au inonde, comme à nous la chasse, les jeux des gladiateurs, les fous divertissants, la destruction des arbres employés à faire du feu et des meubles ; celle des cenfs et des poules, qui nous servent à réparer nos forces; celle des fruits delà vigne et du miel des abeilles; ainsi qu*à Faraignée la toile dans laquelle elle prend le moucheron. De même les malheurs feints d'une tragédie nous divertissent. Tout esl donc beau, mais il vaut mieux que certaines choses Qous paraissent belles, et d'autres repoussantes ; autrement, faute de contrastes , nous retomberions dans le cahos. Enfin, tout cela n*est que la comédie universelle; et celui qui, par la philosophie, s'unità Dieu, voit avec Dieu que les laideurs et les maux ne sont que des masques; il en rit et s'en amuse.

FRAtiMENT DE LA CANZONE DU SOUVERAIN BIEN

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