‹ Œuvres choisies de Campanella: précédées d'une noticeChapitre 24 sur 70 · MÉTAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

MÉTAPHYSIQUE

Êtres finis, nous ne recevons d'impression que de ce qui jfrappe les murs de notre prison , par les soupiraux de laquelle entre notre savoir vain et borné, d'où naissent les fausses amours. De là, nous croyons que l'ah*, la terre et le soleil sont inanimés, tandis qu'ils ont des sensations libres et non enchaînées comme les nôtres. C'est pour cela que nous

DE CAMPAJN£LLA. H

nous plaisons dans notre prison, et que nous haïssons injustement ceux qui nous rendent au cieL C'est par ces tromperies que le sort nous retient dans les fers, tant que c*est nécessaire à ses jeux ; mais rien ne meurt Réjouis-toi, âme orgueilleuse, que Toubli^du passé tortura toujour». Oh ! heu* reux celui qui^ libre et pur, possède l'intelligenct pour comprendre les vies successives, et qui, uni à Dieu, marche toujours assuré et tranquille, sans craindre la mort ni l'enfer.

mes vers ! reconnaissons, à la honte des impies, l'auteur de l'univers; confessons que toutes ses œuvres sont belles, bonnes et heureuses, par rapporta lui et par rapport au tout, et qu'elles sont si parfaitement ce qu'elles doivent être, qu'un seul atome déplacé détruirait l'ensemble ; ce qui fut existe toujours ; car tout être sera plus heureux qu'il ne le pense. C'est ce que nous dirons tous, avec stupeur, quand le grand mystère du Léthé nous sera révélé.

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