SUR LE PEUPLE
SONNET
Le peuple est ane bête changeante et grossière, qui ignore ses forces, supporte les coups et les fardeaux les plus lourds. Il se laisse guider par un faible enfant qu'il pourrait renverser d'une secousse.
Mais il le craint et le sert dans tous ses caprices ; il ne sait pas combien on le redoute, et que ses maîtres lui com« posent an philtre qui Fabrutit,
Chose inouie! il se frappe et s'^dbuitiie de ses propres mains, il se bat et meurt pour un seul de tous les car Uni (1) qu'il donne au roi.
Tout éé qui est entre le ciel et là trffe est à lui^ mais il rignore ; et si quelqu'un Ten avertit^ il le terrasse et le tue.
(1) Petite monnaie napolitaine^
LA PERVERSITE
jNOUS NUIT DANS CE MONDE ET DANS l' AUTRE, TANDIS QUE LA TERTU NOUS FAIT HEUBEUX ICI-BAS ET LA-BAUT.
SONNET. V
Toute faute est un mal et entraîne après elle son châtiment, qui nous atteint dans notre intelligence, notre corps ou notre renommée. Elle porte tôt ou tard préjudice soit h notre fortune, soit à notre vie, soit à nos affections.
Pécher sans le vouloir n'est point une faute réelle; et si comme Madeleine on accepte les douleurs avec joie, le re-> pentir se change en vertu.
La conscience d'une vraie bonté suffit pour donner k l'homme le bonheur, tandis qu'une conscience hypocrite et ignorante, bien qu'<Hf ueiUeuse, le rend malheureux.
C'est pourquoi Simon-Pierre (1) disait à Simon le ma- « gicien : On voudrait en vain soutenir que l'âme périt, elle ff se prédit i elle-mSme des destinées immortelles. »
(1) Saint Pierre.
DE CAMPANSLtA. 85