A DIEU
SONNET
Gomment vettx-tu que je me dirige vers le port divin, lorsqu'à TépreuTe je vois qu*ane partie des compagnons que tu m'as donnés est inûdèle, et que le croyant n'a qu'une faible intelligence?
Ceux qui ont la science et la fol, comme des lièvres cramtifs se cachent, fuient et ne m'aident pas ; et s'il arrive qu'ils joignent l'audace à la science et à la foi, la captivité et la misère les enchaînent.
Ma raison troublée dédaigne l'honneur que tu me fais» mon propre intérêt, le secours que tu m'envoies (1) et par ^equel tu m'annonces liberté et grandeurs.
Je crois et j'agirai, si tu rends les impies croyants; mais il faudrait, pour m'élever jusqu'à cette hauteur, que je me fisse toi et que tu te fisses moi.
(1) Ce secours dont il parle est un homme qui lui avait prédit Xvitnir, comme envoyé de Dieu .
ll'l POÉSIES
A TÉLÉSIO DE COSEiNZA.
SONNET
Télésio, les traits de ton carquois ont détruit la troupe des sophistes, mis en déroute le tyran des esprits (1) et affranchi la vérité.
Bombino et Montan à Brescia chantent ta gloire sur une noble lyre ; et ton Cavalcante, éclair puissant, renverse les citadelles de Tennemi (2).
Le bon Gaiéta orne la grande femme de vêtements diaphanes et resplendissants qui lui rendent sa beauté natureUe (3).
Elle séjourne maintenant dans le temple universel, grâce aux accents nouveaux de ma cloche (/t), et elle y prophétise la fin et le commencement des êtres.
(1) Arisloie.
(2) BoaibiQo, Montan, Cavalcanle, disciples de Télésio.
(3) Gaiéta a^écrit sur la beauté de la vérité.
(4) Allusion à son propre nom.
DE CAMPÂNELLÂ. 113