CHANT DU REPENTIR
O Seigneur! j'ai^trpp péch^, je Favoue, et je ne^m*étonne plas de mon horrible et long martyre; car mes prières impies méritaient un poison mortel, et non un remède à mes maux. Insensé! j'ai dit : Jugj^^moi, Seigneur, sans pitié; mais ton éternelle et inaltérable patience, qui fait que tu ne «il^,?.%fîH?4SQy^.me doçne çnçor^ Fespérî^ce dji pardçn.
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Hélas! je souffre en vain misérablement depuis quatorze ans, accumulant sans cesse erreur sur erreur, et voulant persuader aux autres que j'étais euToyé par le Dieu que j'ai méconnu, pour défendre la vérité et la justice; ainsi qu'un pouTeau Christ, une pierre choisie qui devait écraser l'ignorance et la perversité! Je te conjure, ô mon Dieu! derece* voir tant de douleurs pour contrebalancer tant de fautes or-
(*) Berillo est don Brigo de Pavie, son am^ homme renommé pour sa charité et S8t sainteté.
DE CAMPANELLA. ilû
<8«teHleii8e$4 Mais n'estHse pas upe^ présomption nouvelle que de ite-^emagder qu'mi.peii de sérénité succède k mon mal- ^etH^JMnpie?
Je sens que j*ai mérité d*être anéanti, quand je songe, Seigneur, à mes pensées et à mes actions si coupables. Mais je reprends quelque espérance lorsque je réfléchis que je su is ^tâ^cFéatuse, que-je désire ideTenirineiUeorY et que c'est à toi ^ ttmmnmâ&tvKtM&^fm^^mMé^fiAwikù'h Awà% mes longs «Mft-i]iefltii^flWlr8spéi<sii|M«r|ai|t4i||te^ re-
«f€iliKr)4eit(irfuift'JKoiigue.
Je croyais que Di^û était aVecmoi^andls que je ne suivais que les fausses lumières de ceux qui ont préparé ma mort et celle de bien d'autres justes. L*esprit humain, quoique naturellement clairvoyant et pieux, devient aveugle et impie, lorsqu'il veut améliorer le sort des hommes, si tu n'as dai» > guéi iS^igoeur, te otontrer^ik lui, l'insptfer et' l'armer de si'^ If ne»ti}9taiiis^»ettliiîdQQ]]ajit ili.4)ni^ai|Qe *d|B^(fiiifie «den mira- ^cksfiet eii<le t^flif sMmqpmaie Mi çnvoyé.
I^ démon poussa les uns et Torgueil les autres à vouloir
itiS POÉSIES
faire des choses nouvelles. Dieu le permit, par des raisons tantôt claires et tantôt obscures. C'est pourquoi celui qui sent en lui une surabondance d'intelligence se remplit de fausses utopies ; il s'imagine que les envoyés divins étaient semblables à lui ; il méconnaît la bonté de Dieu, qui se montre à nous lorsqu'il lèvent; il cesse de croire et il s'égare.
Homme, observe les lois sous lesquelles tu naquis. Regarde les princes et les prêtres comme les représentants de la divinité, et leurs ordres comme des ordres divins, bi^ qu'ils te semblent parfois injustes, ainsi qu'à tout le peuple. Si Dieu permet les inondations, les incendies et les guerres, lui qui régit tout ; s'il souffre en silence ces ministres de sa colère, tais-toi de même et suis sa volonté. Fatigué de la route, en faisant des vœux, aspire au port sans te heurter aux écueils.
Celui qui méprise les lois et suit ses caprices , celui qui joue avec le péché ou y prend plaisir, celui qui , après un premier avertissement, ne fuit pas le péché plus qu'une couleuvre , celui pour qui la justice invisible et secrète n'est pas formidable , doit comprendre qu'il a mordu à l'appât du mal : ceux qui sont morts sur le rivage de la mer Rouge en sont un exemple, ainsi que moi. Le pccbcur ne
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connaît pas ia laideur et la puanteur du péché; il est semblable à AiUiochus, qui était pourri et dévoré tout vivant par les vers.
O mon âme ! tu ne regardes que ceux qui pèchent avec impunité et qui sont toujours tranquilles et heureux, mais tu ne pénètres pas dans leur conscience, et tu juges légèrement ; car peut-être sont-ils exempts du mal dont tu les crois chargés, et peut-être aussi ont-ils des maux qui les tourmentent davantage, la colère, le soupçon, l'inquiétude ^ ces vers intérieurs ; tu ne penses pas à la fin et aux décrets de Dieu, d'autant plus terribles qu'ils tardent plus. Oh ! cela nous force à convenir qu'an eiifer éternel est nécessaire !
Je reviens à toi bien tardivement, ô mon père ! j'invoque bien tard le médecin ; et, je le sais, le mal enraciné devient incurable. Plus je veux élever mes regards vers ta splendeur, et plus je me sens ébloui. Puis , je tente en vain de sortir du lac inférieur avec les forces que je n'ai plus, malheureux ! Je me suis perdu moi-même, et le secours divin, qui seul peut me sauver, je le désire et je lui résiste!
Lorsque j'ai le désir de désirer tes grâces, qui sont la vie
certaine et évidente, je sens qu*une puissante volonté me i)ousse vers toi; mais, quand cette volonté n*est pas ferme, je ressens le mal anssitôt. Or, je ne puis me 'soutenir sur les ailes mouillées et brisées de ma volonté. Âccorde-moi les faveurs pour lesquelles je tMmplore. De grâce, Pierre et Paul, flambeaux du ciel, Rbadamantbe et Minos de la loi divine et de l^Évangile, priez pour moi, car je ne le puis faire moi-même.
Je suis chargé d*indigaité8, à cause de ces grands péchés que j'ai comniiis contre loi, mère du Christ, el contre tous, qui demeurez auprès d'elle, esprits bienheureux, liahitan^s de la lumière qui remplit le monde, et qui n'a pas encore purifié la terre ingrate. Je vous prie, contre toute raison et toute espérance, d'obtenir la grâce de votre orgueilleux ennemi, qui se ligua avec des pécheurs et fut le plus grand des iinpieB.
Ab ! combien ma faute superbe et mes folles actions me çottt présentes aujourd'hui et me torturent sans relâche ! elles m'arrachent l'âme et m'enlèvent tout espoir ! Air, toi qui me sens et me touches, ciel vivant, étoiles sacrées, et vous, esprits qui volet au milieu d'eux, quim'écoutez main-
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tenant et que je ne puis voir, jetez les yeux sur mon mar-» tyre. Vous qui êtes assurés de votre sort, priez pour [moi«
Chant grave et triste qui pleure sur mes iniquités^ cours \ers Berillo, choisi par Dieu pour purger les âmes du péché : dis-lui que la mienne se repent et qu'il m*absolve»;en implorant pour moi le .Jout-Piji$^nt.