‹ Œuvres choisies de Campanella: précédées d'une noticeChapitre 54 sur 70 · X*HOSPITALIER · texte numérisé non relu

X*HOSPITALIER

C^M ce qëeiïenible dire Saint Augiistiit Mais IHinitCié "n'est donc ri^'chezxesgens^lày'pdisqu^ils ite (^etftientlte ^rendre de nrotaetesenrices:?

LE GÉNOIS

Il y a t)lu^,'atlctin d'eul nepeût recevoir de présent 'd'ctii autre, tout ce Hont 'ils ont besoin leur i^tant donné par 'fa communauté. les magîstrsits empêdbent qu'airôun n'kft '{)lus qu'il ne 'bérlte, m^is rien de nécessaire ii^ést re- %sé ^ persëtihe. X'âmitié se fait connaître par lès serVice^ qu'ils sérënkedt^ la guci'i'eou éhcas (le'inaladie/ôtibién encore dans l'étude des sciences, où ils s'aident de leUrlùtriiêres réciproques, de leurs soins, de leurs éloges. S'ils se font des présents, c'est sur le nécessaire qu'ils les prélèvent. Ceux du même âge s'appellent frères entre eux; ceux qui ont plus de vingt-deux ans sont sïppéléB pères par ceux qui sont plus jeunes, et leur donnent le nom de fils. Les magistrats veillent rigoureusement à ce que personne n'enfreigne cette loi.

l'hospitalier.

Quels sont leurs magistrats ?

LE GÉNOIS

Il y a chez eux autant de magistrats qu'il y a chez nous de noms de vertus, et chacun d*eux porte ce nom en guise de titre. Ainsi, on les appelle iTnagnammitéj courage, chasteté, libéralité ^jitsttce criminelle et civile, adresse, vérité , bienfaisance, reconnaissance, gaîté, activité, sobriété, etc. , et Ton élit à telle ou telle de ces charges celui qui, dès son enfance, dans les écoles, à montré le plus de penchant pour telle ou telle vertu. Mais comme ils ne connaissent ni le vol, ni le meurtre, ni la débauche, ni Tinceste, ni Tadultère, ni aucun de ces crimes dont nous nous accusons entre nous, ils s'accusent d'ingratitude, de malignité, d'inciviUté, de paresse, de tristesse, de mauvaise humeur, de légèreté, de médisance et de mensonge. Ce dernier défaut leur semble plus effroyable que la peste. Pour châtiment, on prive les coupables de manger en commun ou de voir des femmes pendant un temps que les juges proportionnent à la gravité de la faute.

l'hospitaueu.

Dis-moi comment les magistrats sont élus.

LE GÉNOIS

Tu ne me comprendrais pas bien, si je ne te décrivais auparavant leur vie. D'abord, il faut que lu saches que le vêle-

ment des deux sexes est à peu de chose près le même. Seulement, celui des femmes descend jusqu^au dessous du genou, tandis que celui des hommes n'arrive qu'au dessus (ce vêtement est propice au combat).

Tous ensemble sont instruits dans tous les arts. D'un à trois ans ils apprennent l'alphabet et la langue sur les murs, en se promenant. Les élèves sont répartis en quatre divi sions et conduits par quatre vieillards très-instruits. Bientôt on les fait s'exercer aux jeux gymnastiques, tels que la course, le disque et plusieurs autres jeux, qui fortifient également chaque membre. Ils gardent toujours la tctc et les pieds nus, jusqu^à Tâge de sept ans. On lés conduit tous ensemble dans les lieux ou Ton pratique des métiers, dans les cuisines, les ateliers de peinture, de menuiserie, où l'on tra* vaille le fer et où l'on fait des chaussures, etc. , afm que la vocation de chacun d'eux se détermine. Après leur septième année, lorsqu'ils ont appris sur les murailles les termes mathématiques, on leur enseigne toutes les sciences naturelles. Quatre professeurs ont ce soin, et dans un espace de temps de quatre heures, les quatre divisions ont reçu leur leçon ; car, tandis que les uns exercent leur corps ou servent aux besoins publics, les autres s'adonnent au travail intellectuel. Ensuite ils s'appliquent aux hautes mathématiques, à la mé« decine et à toutes les autres sciences. On les fait discuter entre eux ; ceux qui se sont distingués dans telle ou telle science ou dans un art mécanique, sont faits magistrats et chacun les regarde comme des maîtres et des juges. Alors ils vont inspecter les champs et les pâturages des bestiaux. Celui qui connaît un plus grand nombre de métiers

nu LA CITÉ

et les exerce le mieux, est le plàs considère. Tlrieiitàù mepris que nous avons pour les artisans et de Testiftie dont jouissent chez nous ceux qui n'apprennent aucun niiéâér, vivent dans l'oisiveté et nourrissent une multitude aè vaîets pour servir leur paresse et leur débauche ; cette manière de vivre engendre de grands maux pour Télat; uùe foule d'hommes pervers sortent d'une société pareille édiMfriie d'une école de vices.

tes autres magistrats sont chciisîis par les quatre dhefs , le Métaphysicien y Pon, Sin et Mor et par le professeur spécial de la carrière à laquelle se destinent les concurrents, câ(r ce professeur peut connaître, mieux que tout autre, si riûdiviàu est apte ou non <i enseigner telle ou telle vertu, tel ou tdàrl les concurrents ne se présentent pas eux-mêmes comufie candidats , mais sont proposés dans le conseil par les magistrats; et quiconque a quelque chose à faire valoir pour oti côlntre Télection, a la parole. Personne ne peut occuper la place dé Métaphysicien^ s'il ne connaît à fond l'histoire , les rites, lés sacriûces et les lois de tous les États, tant républicains que monarchiques. Celui qui prétend parvenir à ce haut grade, doit aussi savoir les noms des inventeurs des lois et des ^rts, l'histoire de tout ce qui se passe au ciel et sur la terre. Il doit connaître également tous les arts mécaniques (en dèuk jours ils peuvent s'instruire sur un de ces arts àù moins, grâce aux peintures dont nous avons parlé et à leur éducation première, la connaissance pratique n'étant pas exîgfe), la physique , les mathématiques et l'astrologie. On ne demande pas aussi sévèrement la connaissance des langues ; car ily a dans la république une grande quantité d'interprètes.

Mais cequ*ou demaude surtout, c'est que l'aspiraut connaisse parfaitement la métaphysique et la théologie, Vorigine, les fondements et les preuves de tous les arts et de toutes les sciences, les rapports de similitude ou de dissemblance des choses; la nécessité, le sort et l'harmonie du monde ^ la puissance, la sagesse et l'amour des œuvres de Dieu ; les degrés des êtres et leurs ràp^rts avec le ciel , la terre, la mer et avec les desseins de Dieu, autant qu'il est permis à Thomme d'atteindre à cette connaissance. H faut quil ait aussi étudié les prophètes et qu*il sache Tastrologie. — Les habitants delà cité jugent quel est celui d'entre eux qui peut prétendre )k ïa dignité de Soleil^ mais nul ne peut l'obtenir qu'après avoir atteint l'âge de trente-cinq ans. Cette charge est perpétuelle, à moins qu'on ne trouve un autre citoyen qui, par sa science et par son génie, ^it plus digne àè gouverner que le àièt pirécédemmént élu.

Mais qtti ^eut réAn!^ tant de sciences t et â'à^Reurs trou- Veraft-on an hôînme aussi prodigiéùk ? il me «emfate qù^aVèflt 'Ôoùnëtoift ktfiifeblpà i Véïtxàe , il serait peu propre ï gou- Tefiïèr.

ht GÉNOIS.

€'è8l aussi ce ^uô je lètrt- objectai. Vbîct ce (J^'ils ïïit ré- 'pondfrfent :

ff Koifô somHli^s bien liluîî cerUinà de l'aptitddé d'uti tel

') homme à régner , que vous ne l'êtes de celle des hommes » par lesquels vous vouslaissez commander et que vouscroyez » propres à gouverner , par cela seul qu'ils sont fils de » princes ou qu'ils sont portés au pouvoir par une faciion. »> D'ailleurs, un homme possédant d'aussi vastes connaissances » que noire Métaphysicien fût-il incapable de tenir les rênes » de l'État , ne sera jamais ni cruel , ni pervers, ni tyran. » Cependant cette déduction tirée de la science de notre chef » n'aurait pas la même force chez vous, où vous regardez » comme le plus savant celui qui connaît le mieux la gram- » maire, la logique d'Aristote ou toute autre auteur ; de te!le » sorte que chez vous la science n'est qu'une affaire de me- » moire et de travail. Delà vient que dans vos contrées l'hom- » me s'égare, parce qu'il ne contemple pas les choses en elles » mêmes, mais qu'il les étudie dans les paroles des livres et » dans la lettre morte. C'est pourquoi son intelligence ne peut » arriver à comprendre la manière dont Dieu gouverne les » êtres, ni à connaître la nature et ses lois, non plus que les » usages et les mœurs des nations. Pareille chose ne peut » arriver à notre Soleil^ car pour apprendre tant de sciences » et tant d'arts, il faut avoir une intelligence supérieure apte » à tout et par conséquent à régner. Nous pensons que celai n qui ne connaît qu'une science, ne la possède pas vraiment » toute entière et à plus forte raison ignore les autres, et que » celui qui n'est apte qu'à une seule science, puisée dans les » livres, est un homme incapable. C'est le propre du génie » d'approfondir promptement toutes les sciences. Tels sont » les hommes, qui, par nature, peuvent considérer l'essence » des choses, et tel doit être noire Métaphysicien, Au surn plus, on apprend dans notre cité les sciences avec une

» telle facilité, qaeles élèves y profitent plus en un an, que les » votresen dix ou quinze. Vous pouvez en faire l'épreuve» en » vous entretenant avec ces enfants, et en les interrogeant. •

La chose m*étonna en elle-même , mais je fus bien plus surpris lorsque j'interrogeai ces enfants, qui parlaient fort bien ma langue maternelle. On m'apprit que trois d'entre eux devaient en effet la savoir, trois autres l'arabe, trois le slave et ainsi de suite pour toutes les autres langues. On ne leur donne aucune trêve , qu'ils ne soient très-savants. Ils sortent cependant et vont dans la campagne, où ils s'exercent à courir, à lancer des flèches et des javelots et à tirer de l'arquebuse; à chasser aux bêtes fauves, à connaître les plantes et les minéraux. Ils y apprennent aussi l'agriculture et l'art de soigner les bestiaux. Chacune des divisions profite lour-à tour de cette liberté sagement réglée.

Les trois grands dignitaires, assistants du Soleil {le Métaphysicien^^ doivent connaître plus spécialement les arts qu'ils dirigent^Ils n'apprennent que la théorie des autres arts, mais ils savent à fond tous ceux quiles regardent exclusivement^ et c'est à ceux-là qu'ils s'adonnent surtout. Puissance, par exemple, possède entièrement l'art équestre, la manière de ranger une armée en bataille, et la castramétation ; il connaît la fabrication des armes de tout genre, ainsi que des machines de guerre, les strata* gêmeset en général tout ce qui concerne la tactique militaire, Mais, outre ces connaissances spéciales, les trois magistrats dont nous parlons doivent conn<iitre la philosophie, l'histoire, la politique et la physique.

'1^8 l'a CltÉ

l'hospitalier.

Parlé-mol, jeté prie, de toutes les fonctions ^Uiqties, 'doûne«moi'àce sujet les plus petits détails, ainsi qoesor *tinit'Ce qui touche à Téducation commune.

LE GENOIS.

Maisons, chambres, lits, tout, en un mot, est commun (entre eux. Tous les six mois les magistrats désignent à chacun le cercle, la maison et la chambre qu'il doit occuper. Le nom de celui qui l'habite momentanément esl écrit sûr la porte de chaque chambre. Tous les arts mécaniques et spéculaiifssoot communs aux deux sexes. Seulehfient, les travaux qui exigedtplusde vigueur et qui se font hors des murs sont exécutés par les hommes. Ainsi, le labour, les semailles, les mois8ons,le battage des grains et parfois lest ëndangé^ sont faits par eux. Les femmes sont employées à traire les brebis et à faire le fromage. £IIes cùltîveht et cueillelit lés fruits dans les environs dé la cite. Les arts qiii n'exigent aucun déplacement sont adssi de leur ^ressort. Elles tissent, ûlent, cousent, coupent les cheveux et la barbe ; elles préparent les médicaments et elles font les habits. I\lais elles ne soht pcis employées à travailler le bois et le fer, ni à fo fabrication des armes. On leur permet de s'occuper de peinture, qvoind dies en ont lé goût. La musique est réservée dux enfants et aux ïerâmes, parce que leurs voix sont pîùs agréables. LHisage du tambour et de la trompette IcQr estcepetidantiii-

DU. SOttjH.. if%

^ï|t.. servies par dç». jpuq^ filles et de» g^xç(m au^dçsispus deTipgt ans. Chaque cex^^le à seis cuisines. ses.gre-. Qîers, ses ustensiles» ses. provisiops de nourriture et; de liquidesi, Ua vieillard et une vieille femme respectaJjJes prj&ir. sid^l h chaque fonction et ils ont le droit de fraji^^er ou de^ fiiire^frapjper.les négligents, et les. indociles. Ils remarquent! dans quelles fooctions chaque garçou et chaque fille se. disr^. timgiis. dayatuige^ I^es Jeunes, geA$ servent tpus ce«¥ quî{ sont âgés de plus de quarante anSr Ce maître et cette, nioi!*», tresse les conduisent le soir dans leur chambre où ils coud^f^li sei4l«Q« ^4ei)X;», ^hIcç ma^P i|s.le».eaT<MOl oàJtfiv 4g^ifv.lfft,a{4)^. Les.jçunesg§nsrsejseryfwt Ton r«uti«», cttqj^f))iepir à cdui<qui'refuserait,di^ le^faîre. Il y; aJe^iNrer. n^^ef etJes^Goydes tabless : (^Cjune d'ejUi^ a.uiM^rangtej d%-siéë^'de«chàq^ei<^^ ; d*ua.côt4si9 m^lept jea hoiÉms^ et de^ llantrçt' lès femm^. 'On garde- le sitence» coÎEmni^ dstiKVl 1# rét^tfûres "des couvents, e|mi jeune faomm assii \

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pai^r «AiA4es»pli¥^'r«i^ta|»leéi^ TiuneBltAéib €fé^

u|ieAiu^}#a;.toiiâhië^e,iK(e à^-Mikt^é^èqi^é&e^^^ q|ifU|&4ç^t#rJcé cief^. JeoMs^n^^ f en bliÙît» dé^»; : ftnîî^lt^^ sqi^iFifijMl^» la.t^Ùe ^^UL^es^^éMi arissi.aé k manière phânaK d'ti^iX9/ç^(f/^i^ eiftre eux. éê«^ ^

antii^ qwM^èri^f ^^^ib,-- cqs pè^es^^. ctr ces vaèté^:' Chacu^ *^ a^sa^il^rviettev .s<9i-€ouverfr # sïe portait Là médcai^fiù'" soét châlit derdke aux ^ cw^îojer»^ ie&: meta q^^^ cbti-i '

a\;^ m^hujlea. Us.j»ag^4ratSion<jde».pQrtioaspIus twtes.et-

plus délicates, et ils en donnent une partie aux enfants qui se sont distingués le matin parleur travail. Cette faveur est regardée comme un honneur très-grand. Les jours de fête on chante à table, mais à une ou deux voix seulement, avec accompagnement sur la lyre. Gomme chacun y met le même zèle, rien ne manque jamais au service. Des vieillards expérimentés veillent aux mets qu*on doit servir et surveillent ceux qui sont chargés des réfectoires. Ils font grand cas de la propreté des tapis, des maisons, des vases, des vêtements, des ateliers et des portiques.

Tous les habitants de la cité portent une chemise blanche sur la peau, et sur cette chemise un vêtement qui couvre tout le corps : il est sans plis et fendu depuis le c6té jusqu'au bas des reins; on peut fermer ces fentes à Taide de boutons. Les pieds sont couverts par une sorte de demi cothurne serré par un lacet, et par-dessus cette chaussure ils mettent des souliers; le tout, comme déjà nous Favons dit, est couvert par une toge. Ces vêtements sont si bien adaptés au corps que, lorsqu'ils ôtent leur toge, on distingue parfaitement toutes les formes du corps. Ils changent quatre fois Tan de vêtements, c'est-à-dire, quand le soleil entre dans les signes du bélier, du cancer, de la balance et du capricorne. C'est l'afialre du médecin et du préposé au vestiaire de chaque cercle, de déterminer les conditions et Topportunilé de ces changements. Ce qui est remarquable, c'est que tous peuvent avoir au même moment des habiUements chauds ou légers qui se trouvent prêts, dès que le besoin s'en fait senthr. Tous les habits sont blancs et lavés chaque mois à la lessive ou au savon. Le rez-de-chaussée

nv SOLEIL. 181

de tous les édifices est occupé par les ateliers, les cuisines, les celliers, les greniers, les offices, les réfectoires et les lavoirs. On lave près des piliers des péristyles, et l'eau sale est conduite dans les égouts par des canaux. Sur Tesplanade, qui se trouve entre chaque cercle, sont des fontaines où l'eau arrive du bas de la montagne, à l'aide du mouvement d'une ingénieuse machine. Il y a aussi des citernes alimentées d'eau de pluie par des canaux communiquant avec les toits des maisons. Tons les Solariens se baignent souvent, selon rordi*e du médecin et du magistrat. Les arts mécaniques s'exercent sous les péristyles et les spéculatifs, dans les galeries supérieures et sur les terrasses où se trouvent les peintures scientifiques. Dans le temple, on étudie les sciences sacrées; dans les vestibules, il y a des horloges solaires et d'autres, et sur les tours des enceintes, des girouettes à Taide desquelles on connaît l'heure et la direction des vents.

l'hospitalier.

Parle-moi de la génération.

LE GÉNOIS

L'âge auquel on peut commencer à se livrer au travail de la génération est fixé, pour les femmes, à dix-neuf ans ; pour les hommes, à vingt et un ans. Cette époque est encore reculée pour les individus d'un tempérament froid, mais en revanche il e^t permis à plusieurs autres de voir avant cet

âge quelques femmes, mais ils ne peuvent avoir de rapports

qh'rreè célies ()tii Mbn! o¥i iitèfl«è§ fttt MCëfliktèk C^ti« j^^ niission leur est àteordéé, cie créintè t]ii1& É^ Ékï^lmeàk leurs passions pabffe^ mby^à bbntHe iiàtâVi: 'd(^ liiàhrtss^ matrones et des màtti'eâ iieillaitls pourvoient anx bbsMHil chariiels de ceux qil'kit) tempt^ranieht p\ûs ardeht stîtfaiiiife davantage. Lès jeunes gtiii côhfiieht ëh Secrcl leuW dtteltt â ces maîtres, qui savent d'ailkiirs les ))énétt*e'r ft là jfôttgiié que montrent les aiultels dans les jeui piibUcâ. Cependant, rien ne petit se faire à cet égahl sans l'ftutoHsatién du magistrat spécialement préposé à là généràtiotl; et ^tli è^t M très habile médecin dépetadattt imii&édiàtètneilt dd tMâinvif Amour. Cetix qu'on sbrprértd en flàgl-ânl délit de Sbtfomié sont i-épritriàndés et bondamnés à porter pendant dietlt jtitirà leurs souliers pèiidus âo cou; comme pour dire qu'Us ont interverti les lois nàtureMès, et quMlsont mis, pblih ainisidirè; les pieds à la tête. SMl y à récidive; la |^iiie est aiigmentéé jusqu'à ce qu'elle atteigne enûn graduellement jusqu'à la^ peine de mort. Mais ceux qui gardent leur chasteté jusqu'à l'â^e de vingt et un ans et mieux encore de vingt-sept ans, sont honorés et célébrés par des vers, chantés à leur louange, dans les assemblées publiques.

Dans les jeux publics, hommes et femmes paraissent sans aucun vêtement, à la manière de» LâcèdémonietoSi et les magistrats voient quels sont ceux qui, par leur cidiitortitalioni doivent être plus ou moins aptes aux nnions setiiettes,etd6lit 1rs parties se conviennent réciproquement le mieut. C'est après s'être b<ii;jnés, et seulement toutes les trois nuits qu'ils |yettvent se livrer à l'acte générateur. 4^8 rebnm^ stâliA^ et

ou ^tl^\L tSS

liellesiie sqot |in|ça qu*H^^ hammes grands çt U^n consti^ t^és; \f^. femmes qui qpt (|e ^'eqiboiQppiiit son( unies à de^ doiDmes sc^çs, q( ce|lp^ qqi n'^n (^^^ pas çont réservées à des ^oinoieg gfa§, pour oue Içurs djyers tei]|)pér(^ments se fon^ 4^qt çt iqm'ils produi^ept que f^c^ bien constituée, he soir, les enfa(its viennent préparer les lits, puis vont se coucher, sur l'ordre du maître et de la maîtresse. Les générateurs nç peuyent s'unir que lorsque la disestion est faite et qu'ils ont prié Dieu. On a placé dans les chambres à coucher de belles statues d'hommes illustres, pour que (es femmes les regardent etdçm;)ndent au Seigneur 4? {^ur accorder pne belle progéniture, li'l^omme e( la (emu^p dorment dans deijx cellules séparées jusqu'à l'heure de l'union ; une matrone vient ouvrir les deux portes à l'instant fixé. L'astrologue et le médecin décident quelle est Theure la plus propice; ils tâchent de trouver l'instant précis où Vénus et Mercure, placés à l'orient du soleil, sont dans une case propice à l'égard de Jupiter, de Saturne et de Mars, ou tout-à-falt en dehors de leur in^ fluence (1).

Ils regardent comme une chose défavorable que le géniteur n'ait pas été trois jours sans voir charnellement de femme avant l'union, et qu'il ne soit pas pur de toute mauvaise action également depuis trois jours, ou que du moins il ne soit pas réconcilié avec Dieu après avoir péché. Ceux qui s'unissent sexuelleinent avec des femmes ou enceintes, ou stériles, ou dégradées, par plaisir ou par ordonnance de

(1) Sull un mofccau sur l'aslcolosie lout-à-fait îDinK^lligible

médecin , ne sont pas soamis à ces règles. Mais les magîs^ trats, qui sont tous prêtres, et les hommes qui ne s'occupent que de science, doivent, avant de se livrer à Tacte générateur, se priver de femmes pendant un laps de temps beaucoup plus long, et se soumettre à des lois spéciales. Car le travail affaiblit chez eux les esprits vitaux, leur cerveau, sans cesse tendu par la pensée, ne transmet pas les mêmes forces génératrices, et ils ne peuvent produire qu'une race débile. Pour y remédier, on leur choisit des femmes vives, fougueuses et belles.. Et par la raison contraire, on ne livre aux hommes actifs, énergiques et, pour ainsi dire, furibonds, que des femmes grasses et d'un tempérament doux.

Les Solariens pensent que les vertus fructifient en nous, grâce à une bonne complexion, et que sans elle on ne peut les acquérir. Ils ajoutent que les méchants ne font quelque bien que par crainte des lois ou de Dieu, mais que si cette crainte vient à cesser, ils font beaucoup de tort à la république, soit par de sourdes menées, soit ouvertement ; et que, pour éviter ces tristes conséquences, il faut apporter beaucoup de soin à la génération et bien peser à cet effet les qualités naturelles, sans tenir compte de la richesse et de la noblesse de naissance qui trompent souvent.

Lorsqu'une femme n'a pas conçu par suite d'une première union charnelle, on Tunit sexuellement avec un autre homme. Si enfin elle est reconnue être stérile, elle devient commune. Mais, en ce cas, on ne lui accorde pas les honneurs dont jouissent les mères, ni dans le conseil de h gc-

m SOLEIL. 185

nératian, ni a table, ni dans le temple ; afin de contenir, par cet exemple, les femmes qui pourraient se rendre stériles par libertinage. Celles qui ont conçu s*abstiennent de marcher pendant quinze jours , puis, elles prennent peu à peu quelque exercice, afin de fortifier leur fœtus et de lui ouvrir les voies de la nourriture, et graduellement elles lui donnent des forces par un exercice toujours croissant. Elles ne mangent que ce qui doit leur être profitable, d'après Tavis des médecins. Après l'accouchement, elles nourrissent ellesmêmes l'enfant et l'élèvent dans des édifices communs réservés à cet usage; l'allaitement dure deux ans et plus, si le médecin le juge à propos. Une fois l'enfant sevré, on le confie aux mains des maîtres ou des maîtresses, suivant son sexe. Les enfants sont exercés tous ensemble à connaître l'alphabet et les peintures, on les fait courir, se promener, lutter, et on leur apprend les langues et les histoires qui se déroulent en tableaux sur les murs. Ils portent dès-lors de beaux vêtements. Après leur sixième année, on commence à leur enseigner les sciences naturelles ; ensuite les choses auxquelles ils paraissent le plus aptes, d'après le jugement des magistratrats. Puis enfin on les initie anx sciences mécaniques. Les enfants d'un esprit plus lourd sont envoyés dans les campagnes, et si, plus tard, leur esprit s'ouvre, ils reviennent dans la ciié. Presque tous ceux qui ont été engendrés sous la même constellation ont des penchants semblables ; il en est de même pour leurs mœurs et surtout pour leurs qualités physiques. De là vient une grande concorde dans la république, car ils se soutiennent tous par leur affection mutuelle.

^ 1100» qq!o|) leor 4onne ne sonf pas pris aa ))fi^d^ mids c'est le Métqphtfsici^ qui en jfppoçe de relf|(|{is apx q^9l||tés e^térieiifei^ ai^| gu'on le ftiisaiî çbez {es affcien^ ror mains. Les Spl^î^nf (^'appelleront, par exempt, 1^ ff^atj, le tçr€hi, le ntaiqref etc. ; et lorsqu'il ^ f^isiingue^it, ^\\ ^^q^ les arts, soi( dans I9 gRerre op la paif , o^ fljo^f^ M^ ^^9(1 nom ail pregiierT Mfé Çi^t^ ipis de )ep|:s fjcti^s : c^m^ j$ ^a?i(/, Ve3pcellq^f^ IP /fl'"^ IÇ Wf, |ç vamcfueMr^ ou 4'i}jy| conquête : T^iff^f^!**, l'africc^m, y^jfusg^e, çtc. Ce ?aq| le^ magistrats suprê;Qe§ qui déc^r^ient 4'prdJOiijre ces ï^o\fi^^ ep (es ^goippagnapt d'i;nç cQ||ran;ie cju'oii remet ^uij^ p^qs 4ignes, au milieu des ^ppl^uçlissemepts et de {a mqsiqqç, ||^ n'emploient l'or et Fargept que pourep faire des ^i^^ et ^çs prpements dont la jouissance est ^fQl^n^i^ ^ tP^^*

L'uOSfITALIER.

N'y a-t^il pas de jalousie entre eux? Et ceux qui n'ontpu obtenir les emplois qu'ils désiraient ne montrent-ils point de mécontentement?

LE GÉNOIS

Pas le moins du monde. Car chacun à non seulement son nécessaire, mais aussi ses jouissances. Tout ce qui regarde la génération est scrupuleusement réglé, non pour le plaisir àes in4ividus, mais pour le bien de la république. Il faut nécessairement obéir au]( magistrats.

Nous croyons que la nature exige que nous connaissions et

qngpouséiavioQsceuf qqe nqu^engendrofig; que pous ayons upe mai^p, uae f^mpie et des enfants ^ nous. £|]x le nient et Sfps^pt» ^vec s^int Thprp^s, qqe la génération est faite pour ç^Q|iu{erFer {-espèce et non |*indivi4^* 1^9 reproduç(|qf) regarde 4onç 1^ r4P^M^^^ ^ P94 ^^ particuliers, si ce n'est comme W^ 4r tPt?^ W f^^ ^^ république. £t comme les particuiJfiFS f98$P4'*-^^ ^ él^v^^t tri^s-rpal leurs eafants, il peut e{} F4s|}{|^ un ^r9<^4 W\ P^^^ 1^ république qui, dans ce cas, a raison de ne s'en remettre qu'à elle-même sur un point de cette importance. La sollicitude de la paternité regarde donc bien plus la communauté que l'homme privé. On cherche à cet effet à réunir les géniteurs et les génitrices, selon les enseignements de la philosophie. Platon pense qu'on doit s'en remettre au sort pour la formation des couples, de crainte que ceux qui se verraient privés de femmes fortes et belles né s'en prissent aux magistrats et ne se révoltassent contre eux. Il pense aussi que, dans le tirage au sort, les magistrats doivent user de ruse, ne donner les belles femmes qu'à ceux qui en sont dignes, n'accorder aux autres que celles qu'ils méritent et non pas celles qu'ils désirent. Mais cette ruse serait inutile chez les Solariens, pour unir les hommes difformes aux femmes qui le sont, car on ne trouve pas de difformité chez eux. Les femmes, grâce à l'exercice qu'elles se donnent, ont des couleurs vives, des menibres robustes, et sont grandes et agiles. La beauté des femmes consiste pour les Solariens dans la force et la vigueur, et Ton punirait de mort celles qui farderaient leur visage pour s*eml)ellir, se serviraient de chaussures élevées pour se grandir, ou porteraient de longues robes pour couvrir des pieds défectueux. D'ailleurs, quand dles le voudraient, elles

ne pourraient avoir recours à ces artifices, car où en trouveraît-elles les moyens? Vs disent que de tels abus naissent chez nous de l'oisiveté des femmes et de leur paresse qui les affaiblissent, les pâlissent, et diminuent leur taille en la ployant Alors il faut simuler la fraîcheur du coloris, se grandir par des chaussures élevées et paraître belle par la frêle délicatesse des formes, et non par la force d'une bonne constitution ; et c'est ainsi qu'elles détruisent leur tempéramment et celui de leurs enfants.

Si, par hasard, un homme et une femme s'éprennent mutuellement l'un de l'autre, il leur est permis de converser et de jouer ensemble, de se donner des guirlandes de fleurs ou de feuillage et de s'adresser des vers. Mais s'ils ne sont pas dans les conditions voulues pour une bonne génération, ils ne peuvent en aucuns cas s'unir sexuellement, à moins que la femme ne soit déjà enceinte (ce que l'amant attend avec impatience), ou bien qu'elle ne soit stérile. Au reste, ils ne connaissent guère que l'amitié en amour, et ne sont presque jamais poussés par la concupiscence. Les Solariens attachent en général peu d'importance aux choses matérielles et s'en inquiètent à peine, car chacun reçoit tout ce qui lui est nécessaire, et le superflu ne lui est donné qu'a titre de récompenses honorifiques, ces récompenses se distribuent dans les grandes solennités ; où l'on offre aux héros ainsi qu'aux héroïnes, soit de belles couronnes, soit des vêtements somptueux, soit des mets plus exquis. Bien qu'ils portent des vêlements blancs le jour et dans la cité, pour sortir de la ville et pendant la nuit ilsen portent de rouges, soit en laine, soit en

soie. Ils détestent le noir, comme étant un symbole d'abjection , et c'est pour cela qu'ils méprisent les Japonais, qui aiment les couleurs sombres. Ils regardent l'orgueil comme le vice le plus exécrable, et toute action orgueilleuse est punie par une très-grande humiliation. Aussi, ils ne croient pas s'abaisser en servant la communauté, soit à table, soit dans les cuisines, soit encore en prodiguant leurs soins aux malades. Ils disent qu'il n'est pas plus honteux de marcher avec les pieds, que de voir aveC les yeux et de parler avec la bouche, C'est pourquoi fous remplissent les ordres qu'on leur donne, quels qu'ik soient, en en regardent toujours Taccomplissement comme honorable. Ils n'ont pas de ces serviteurs payés qui corrompent les mœurs, car ils se suffisent à eux-mêmes. Hélas! il n'en est pas de même chez nous. On compte soixante-dix mille âmes à Naples, et c'est à peine s'il y a dix ou quinze mille travailleurs dans ce nombre. Aussi, ceux-là s'épuisent et se tuent par un travail au-dessus de leurs forces. Les oisifs se perdent par la paresse, l'avarice, les maladies, le libertinage, etc. Ils pervertissent les autres, en les retenant à leur service, parce qu'ils sont pauvres et faibles, et ils leur commimiquent leurs propres vices. De-là vient que le service public se fait mal, qu'il n'y a pas de fonctions utiles bien dirigées, que l'agriculture, la guerre et les arts sont délaissés par la plupart des citoyens, et que ceux qui s'en occupent le font avec dégoût. Dans la cité du Soleil, au contraire, les magistratures, les arts, les travaux et les charges étant également distribués, chacun ne travaille pas plus de quatre heures par jour. Le reste du temps est employé à étudier agréablement, à discuter, à lire, à faire et à entendre des récits, à écrire, à se promener, à exercer enfin le corps

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et )'e$prit, tout cela arec plaisir, Le3 j^ox Q^efiHir^, t^ que lf|s. cartes, les échecs, etc., son| ^éfeq^us. \jf& Solarleo^ joueot àlapayp^ei, au ^t, i)sluttçf)t, lapçedt 4fs (jèçties çt <le^ javelots ettireat de l'^rguel^us^. {^^t pauvreté, 4i?^fit-iUt euf eodre la feas$es^, TastHçe, le dol, le vol, le^ ir^ttjsqps, le iaux témoignage, le yag^))9u^ag^ et 1? ||iei)4icj|i|; ix^|is la richesse prqdMit aus^l i;iu$ql^pç^, rprguçâl, VigîlûF^flÇe, l^f présomption, |si trq<opçrie, la ifauter^ç^ Tégçaspie p\ |a |(rQ^* $ièreté. Gfâç^ •! la cona wpu^^lé, les (iqpipç^ ne ^pl ni r\ç^^ pi pauyrçs. \\s spnt riches, parce qu'il^ ppssè4^n); en 0901^ mim, pamvres, parce qu'ils n*opt rien en propre. Ils se servent des choses, niais ne {es se^ vept pas. G*^t ce qu*|ls 34" niirent d^ps les religieux d^ la chr^||enté, fi\ ençfirç plu$j

dans la w d^s apOtres.

^opt cela me ^n\W très-saipt et tf ^-hçau, vffli^ <5cp§9dant |a question de |a çqippqpauii p^fiait b|f;n d|(Bç|{^ l r^p^re. Saint Ç|émept «|e ||qjpe ^it q^e, i'^jçès \^ ips^T

tptipps des apôtres, les f^n^mes dP^Y^Q^ ^[fe ep cpipmPQ e( approuve Sppratç ^| plqtop, qpi rep^igpèrçpt ; îpais la gl()^ entend que cette çominpnauti\ p^ va pa^s jppqu*aq \ïL TÇfartulliep, d'acpprd avec )a| glp^, dit gpç [es pf^^iiersi çiff^r tiens avaiept tout ep çoipp^un, hor^ k^ ffPftfflWi km tlBS par ç^arit^ e\k^ sç 44TQti9s^R( 9P service de topf^

Je pç cop^ai^ pèrp le^ Ij^F^ 49ÎJÎ fu p pafleg. ^p ^js

m iëuit. t91

BéfttefHèlrtl qHë là ëttes lés SehiHëni fa comntiiiâuté des fmôie§ s*étehd jirsqti*'A(i lit^ elte n'y existe pari à b ma* irièVë a^8 bfuteSi qtii s*t^pàr«iit de là première femelle qtt*ilS riehcbtt»*et)tv tââfs suivant les Ids de la générationv comme je l'ai déjà dit. Je crois cependant qu'ils peuvent être dans l'erreur à ce sujets quoiqu'ils s'appuient sur l'autorité de Platon, de Socrate et aussi de saint Clément, sans doute mal interprété» comme tu le dis. Il prétendent que saint Augustin approuve la communauté, mais non jusqu'à l'union charnelle avec toutes les femmes, car c'est là rh'érésié des Nicolaîtes, et que notre église n'a permis le mariage que pour éviter un plus grand mal, et non pour produire uii plus grand bien. Il pourrait se faire que cet usage tombât chez eux en désuétude, d'autant plus que dans les villes sujettes, tout en instituant la communauté, ils ne l'ont pas étendue jdsques-lii. Néaniiiolris Wi Regardent cela bottnhe une itnperTectioil et tih maiiqtie de philosophie dé la part des hàbitàhts dé ees villes cbuquifpès. L'hairftddé i^énd léâ femmes p^iôphes il là gtiérire et à bfeâUconp à*autres exercices. Cette aptitude feR qùb j'àpprbttVe liifiuiinênt l'ot)lnibn de PlàtôA Û de Atitre (1) iGaTëta èuv ce pôiât, et que je désa{)prouvè tôifij^Iéfetn^Ut ^eite d'Aristotè. (Ce qui rend encore les St)lariëns dfgueé d'éhlges, t'est qU'àucuné diflbnhilé li'àutok-isis un homiue à tivre daUs l'ôlsiveté ; lei» Vieiihrdâ seuls sont exceptés, et pourtant ils sont encore utiles par les conseils qù'ilè donnent. Le boiti?ux sert de surveillant, l'aVengle cardé Ta laine et choisit h plttme pour les mateiats et les coUssinS. La i^publique Se »èrt de là voix et des oreilles de ceux qui

ODt perdu leurs Jambes et leurs yeux. Enfin, ne leur restâtil plus qu'un membre, elle les emploierait dans la campagne, pour surveiller et rendre compte de ce qu^ils voient. Les infirmes sont, du reste, aussi bien traités que les autres^

l'hospitalier.

Parle-moi maintenant de la guerre, s'il te plaît Ensuite je te prierai de m'entretenir de la manière dont ils se nourrissent, puis de leurs arts et de leurs sciences, et enfin de leur religion.

LE GÉNOIS

Le triumvir Puissance a sous ses ordres les chefs de l'artillerie, de la cavalerie, de l'infanterie, du génie militaire, etc. Ceux-ci commandent un grand nombre d'autres chefs et de gens choisis parmi les plus expérimentés dans leur art Puissance a également sous lui des athlètes qui enseignent les exercices militairjj. Parmi les athlètes, ceux à qui l'âge donne plus de prudence , initient les enfants au-dessus de douze ans au métier des armes ; des maîtres subalternes les ont habitués à la lutte, à la course, à lancer des pierres, etc. Puis on leur enseigne à frapper un ennemi, un cheval, ua éléphant; à manier une épce, une lance, un javelot, une fronde; à monter à cheval, à poursuivre Tenuemi, à battre en retraite, à rester dans les rangs, à aider ses compagnons d'armes, à prévenir les attaques et à vaincre. Les femmes reçoivent la même éducation militaire» sous des maîtres

DU SOL£a. i9S

et des maltresses» afin qu*elles puissent, si la nécessité l'exige, secourir les hommes dans une bataille qui serait livrée près de la cité ou défendre les remparts,^ en cas d*inTasion soudaine ; elles imitent et honorent ainsi les Lacédémoniennes et les Amazones. Elles savent fondre des balles et les lancer, à Taide d'une arquebuse, écraser Tennemi du haut des créneaux, avec des pierres, et soutenir son attaque; elles sont habituées à chasser la peur de leur âme, et celles qui en montreraient seraient sévèrement punies. Les Solaricns ne craignent pas la mort, car ils croient tous que Tâme est immortelle, et qu*en sortant du corps elle va rejoindre les bons ou les niauvais esprits, selon ses mérites. Quoiqu'ils soient brachmanes et pythagoriciens, ils n'admettent la transmigration des âmes que par quelques jugements exceptionnels de Dieu. Ils ne craignent pas de frapper tout ennemi de leur république et de leur religion, car il est, par cela seul, disent-ils, indigne de pitié. On passe l'armée en revue tous les deux mois, et tous les jours on l'exerce» soit dans un camp, soit dans l'en* ceinte de la cité. On lit des livres où il est traité de l'art militaire, tels que les histoires de Moïse, de Josué, de David, des Machabées, de César, d'Alexandre, de Scipion, d'Annibal, etc. ; après chaque lecture tout le monde émet son opinion. Le professeur répond ensuite et décide les questions débattues.

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