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Chacun est tenu de connaître ces différentes fonctions» qui sont proclamées les plus nobles. Oe là vient que celui qui connaît à fond plusieurs arts on métiers est le plus estimé, bien que chacun ne soit employé qu*à la branche d*industrie pour laquelle il a le plus d*aptitude. Les travaux les plus fatigants paraissent aux Solariens les plus dignes d'éloges. Tels sont la maçonnerie et la manutention du fer. Aussi, personne ne refuse de s'y adonner ; d'autant plus qu'on a consulté le goût naturel de chaque individu. Par la juste distribution du travail, la part qu'en fait chacun,, loin d'affaiblir ou de briser ses forces, les augmente. Les métiers les moins fatigants sont exercés par les femmes. Tous les Solariens sont tenus de savoir nager, et à cet effet des piscines, alimentées par des sources, ont été construites audedans et au -dehors de la ville. Ils font très-peu de commerce. Ils connaissent pourtant la valeur des différentes monnaies et en ont pour subvenir aux dépenses des ambassadeurs et des explorateurs envoyés à l'étranger.
Des marchands viennent des diverses parties du monde acheter aux Solariens leur superflu. Mais ceux-ci, bien qu'ils paient souvent en argent, n'en veulent point accepter. Ils se contentent d'échanger leurs marchandises contre celles dont ils ont besoin. Les enfants de la Cité rient aux éclats en voyant quelle quantité de marchandises ces commerçants livrent pour quelques pièces d'argent ; mais les vieillards n'en rient pas ; ils ne veulent pas laisser corrompre les mœurs par les esclaves et les étrangers. C'est pourquoi toute vente et tout achat se fait aux portes de la ville ; c'est là aussi qu'ils vendent leurs prisonniers de
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guerre, à moins qu'ils ne les emploient à creuser des foss&si ou à faire d'autres travaux fatigants hors de la ville. Quatre troupes de soldats veillent sans cesse sur les champs et sur ceux qui y travaillent. Ils sortent chaque jour par les quatre portes de la ville, qui s'ouvrent sur quatre routes allant jusqu'à la mer, et facilitant le transport des marchandises et le voyage des étrangers, envers lesquels les Solariens se montrent toujours prévenants et généreux. Pendant trois jours tous les étrangers sont nourris aux frais de la communauté. On commence par leur laver les pieds ; puis on leur fait parcourir la Cilé, et on leur en explique lousles usages; ils sont admis à l'I^onneur de la table commune. Des magistrats sont spécialement chargés de veiller h la sécurité, ainsi qu'au bien-être des Jiôtçs de la ville. S'ils ont le désir d'en devenir citoyens, on les fait passer par diverses épreuves, pendant un moi^ à la campagne et pendant un mois dans la Cité même; ensuit^ on décide de l'admission ou du refps. En cas d'acceptation, ils sont reçus après certaines cérémonies et plusieurs serments qu'on leijr fait prêter. Les Solariens fopt un si grand cas de l'agriculture, qu'ils ne laissent pas une palme de terre inculte. Ils observent les vents et les constellations pour tous leurs travaux des champs. Quand l'époque propre à chaque opération est arrivée, ils sortent presque tous annés de la ville, trompettes et tambours en iête et précédés de bannière, pour labourer, semer, sarcler moissonner, cueillir les fruits et vendanger. En peu d'hpures toiit est terminé. Ils ont inventé et se servent de chars surmontés de voiles qui marchent même contre le vent, grâce à un admirable mécanisnje de roues opposées les unes aux autres. Lorsque le vent manque tout-à-fait, une seule bête
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de somme suffit à traîner le plus grand de ces chars. C'est une admirable invention ! Des gardes du territoire armés parcourent la campagne tour à tour. Les Solariens ne se servent ni de fumier, ni de boue pour engrais, pensant que ces deux modes de fertiliser ]a terre corrompent la semence, dont les fruits énervent et abrègent la vie. ils comparent à ce prdt)os la terre à la femme qui s'embellit par le fard et non par l'exercice de son corps, et qui engendre, faute de vigueur, une progéniture faible et languissante. Et de là, ils Icoh'clUèht qd'ii de faut paà Hôd plus ^^rdëf la terre, rnài's ïe contenter de l'èxèréë^; ce iqû'ilsfoût, dil ffeste, atfed un. art ihfiiii ; car ils ont des secrets pour hâter là fêcbildatioh dé la semence, là murti[iliér et ëmpëbhè^ Qu'elle iië âë perde, ils ont un livré siir ces matières, inlitute : G'éorgî'ques. i\i ne cultivent une ))art de \m tëi-rhoirë qbë |^bd^ èe <}ui est nécessaire à lëdi'â besoins. Lé l'esté mi de ^âtUfàgeâ aut bei^tiâUx.
L'art d^élever et de soigner les chevaux, les bœufs^les moutons, les chiens et en général tous les genres d'animaux domestiques ou apprivoisés, est eslimé chez eux comme il. le fut du temps d'Abraham. On accouple ces animaux de madière à produire de belles races. On représente et^ péihtdre les fadeuifs, moutods et thieVàùt \^t plds beaut. Lei$ étâlbdà ne paissent pas avet les jutdents \ ^ n'est qu'ed temps op* pôrtun qu'on les' accouple dàtis les cours dés étiiries cham*^ pêtres. On codsulte, pour connaître te moment faVofàble, le Sagittaire, sous une bonne influence de Mars et de Jupiter; pour les bœufs, le t&ureao; pour les rdoutods, le bélier, etc.,' selon led )m de Tastrotogie. Les poules sont sous l'influence
des Pléiades, ainsi que les canards et les oies, que les femmes conduisent gaiement aux champs dans le voisinage de la ville, où sont disposés des abris pour ces animaux et des bâtiments où les femmes s'occupent de la confection du fromage, du beurre, etc ; elles y élèvent un grand nombre de chapons. Un livre intitulé Bucoliques traite de toutes ces choses.
Tout abonde dans la cité du soleil, parce que chacun tient à se distinguer dans son travail, qui est facile et court, et à se montrer discipliné. Le chef qui préside à chaque chose est appelé par le subordonnré : Hot, ce titre n'appartenant, suivant eux, qu'à ceux qui savent et non à ceux qui ignorent. C'est une chose admirable que de voir avec quel ordre, hommes et fenunes, divisés en bandes, se livrent au travail, sans jamais enfreindre les ordres de leurs rois^ et sans jamais se montrer fatigués comme nous le ferions. Ils regardent leurs chefs comme des pères ou des frères aînés. Il y a dans le p'iiys des Solariens des bois et des forêts, où ils s'exercent à chasser les bêtes féroces.
L'art'nautique est très-honoré chez eux ; ils ont des vaisseaux et des trirèmes qui marchent sur la mer sans voiles, ni rames, par un admirable mécanisme, et d'autres avec des rames et des voiles; ils connaissent à merveille les étoiles et le flux et le reflux de la mer; ils voyagent afin d'étudier les diverses nations, le pays qu'elles habitent, ainsi que ses productions. Us ne se laissent pas insulter, mais ils ne bravent personne, et ne se battent qu'à la dernière extrémité. Us
disent que le moode ender en viendra à adopter leors usages, ce qui ne les empêche pas de chercher si, parmi les autres nations, il en est une qui soit meilleure que la leur. Ils ont conclu des traités avec les Chinois, et avec plusieurs con« trées ducuntinent et des îles ; tels que Siam, la Gochinchine, Galicut les Solariens ont pour leurs combats de terre et de mer des feux artificiels, et un grand nombre de machines inconnue^; aussi ne sont-ils presque jamais vaincus.
l'hospitalier.
J'aimerais maintenant que tu me fisses connaître quels «sont leurs aliments, leurs boissons, la quantité qu'ils en consogiméhl et la manière dont ils les préparent.
LE GÉNOIS
Ils pensent qu'il faut d'abord r^ler la vie de la communauté, sauf à s'occuper ensuite des existences individuelles.
Leur nourriture se compose de viande, de fromage, de miel, de beurre, de dattes et de différents légumes. Dans le principe ils ne voulaient pas tuer d'animaux, car cela leur paraissait cruel ; mais lorsqu'ils réfléchirent qu'il était également cruel de détruire les plantes qui sentent aussi, l'homme ne pouvant se laisser mourir de faim, ils comprirent que les choses secondaires sont créées pour les supérieures. C'est pourquoi maintenant ils mangent tous de la chair des ani« maux. Cependant ils ne tuent pas volontiers les ^manx
prâdy«tif)i et vmài téM qtiiâ im bmh et m tàmhib tU dimtltgiieiit fort bien l«è àlimeiits ttniâlbiéë Û^s âliftiènt lâ^ luitt^e» i en tria la mMeeifië iéttr «st fôrt tittte.
Là composition du repas change tous les jours, tin jour, t*ësl de là viande, )è lendemain, du poisson , et le troisième jour, des légumes. Le quatrième, on revient à la viande, et ainsi de suite, afirl que Tëstomac ne se fatigue pas. Les aliments d'une digestion plus facile sont réservés aux vieillards, qui matîgëilt trois fois par Jour, mais fort peu chaque fois. La communauté fait deux repas et les en- Mts qtlàtfe, Sëiott Tâvid du médiectn. le% Marl^tiÈ VtVënt ordinairement jtlkqii^à cent ails, t)lbsiëiir^ tttênié jt)s({û'à deux cents anl
Ils sont très-tempérants. L*usagë du vin n*est permis aux eunes gens qu*à l'âge de dix-neuf ans , à moins que leur satoie m r^kigè. A cette ëpôcfti^, ils te boiveMt ttibpê dlesHi, dé œèin^ (jué la femmes. Là plupart des fal»iiitn«é de titt^ quante ans n'y mettent plus d'eau. Ils mangent les aliments leà plus siibâtatltiels de chaque mîbobi suivent en toot ceiâ le ré|[ime prescrit par h proto-médecin chargé die ce boita. L^ Solariens pensent qu'aucun produit de là terre ne pétti êths nuisible au temps où Dieu le fait naître, à motnB qu'on n'ien abuse. Ainsi, durant l'été, ils se noi^rrissent de fruits» qui, par leurs sucs et leur fraîcheur^ les soulagent de la sdf et de la chaleur; pendant l'hiver, de fruits et de légumes secs; cil automne, de raisins, que Dieu fait mûrir à cette époque de Tannée pour cbiusser rbomeur noire et la tristesse. Ib
PU 80i£li. 307
Il s^mi b^QfPHP de purfnmB. pn m le^aat le matin, ils
W P^WnP^ Ç( ll^fPl )f^ur| m^iiiii it leur ¥}»ge avec de l'eau If Qide ; pni;; i|s fpichçut 4e U mepth§, 4u j^r^il m du (ér ))Qp|i, et «A frottept leurs ffît^iQ^ |.e$f yieilUrfla font ^sj|ge d*encçn$L E|isuite, tournas vers rQriçnf, |te disept uq^ çonrte prière, semMablç k c^lie qiie npvia ep^^lgpa J^^^^ Puis ii^ sorteot, les qns papr aller aid^r le^ f ieiUard^ i le9 auirei^ poMr se repdre ^ V^^ç^blée qu auf fonctiPOfidjvçr^s qu'ils e^fircent. D'abord i^^ VPPt çpt^ndre les leçpps qpi l^qr ^ml nécessaires, ppjs i{s se repden( ^u imv\^A PW^ aii¥ exercices du corps, ensuite ils $*f(s^eyept pour Pfeodr^ pu peu de repos et se réunissent enfin au réfectoire.
Ils p'opt jamais pi gquUe, pi rhuniatisin^, ni qit^rrl^ft^, j}isçiatiqqf, pi çpliqpes, pihydropiçie, pi Pfitpo^Ué, ç^ pp? i^9l<ldies paisiient de la msmvskisfi sécrétion dea hppaeurg ^t d^ gQpQespents, et les Solarieus dJ3aipept Içs ))uoi0m« i^t i^ flatiipsités II l'aide d'pp exercice réglé. L^s vents çt l'ei^pep* toration sont regardés comme honteux ; car ils sont produits, djsent-ils, par le manque d'etercjce, la paresse,, la Sfji'ppl^ ^\ l'iptepipér^nce ; jls soufrent plqtôt d'ipflftipmatipp^ ç^ de sp9S{pe^ ^cs , maMjes auxquelles ils ren^édiept p^r W^p poprrilpre $aipç et abondai^te. ]Les baip^ ^dQuciss9Ptf, jq lai(||g^, le séjour dans de belJie^ caa)pa|[pe3 ^t pp exercice agréable et modéré sont employés contre la cqpsop^p' tion. Les maladies vénériennes n*ont aucune prise sur eux, grâce à Tusage de se laver fréquemment avec du vin, de se frotter avec des huiles aromatiques et de se donner beaucoup d'exercice, ce qui dissout en sueur les vapeurs fétides qui gâtent le sang et attaquent même la moelle*, ils craignent
encore moins h phthisie, car les huineurs ne séjoaraent pas dans leurs poitrines, à plus forte raison rasthme produit par les humeurs épaisses. Ils traitent les fièvres ardentes par l'eau froide ; les éphémères par Icfs parfums, les bouillons gras, le sommeil, la musique et la gaité ; les fièvres tierces par les saignées, la rhuliarbe ou tout autre attractif, les décoctions de racines, de plantes purgatives et acides. Ils boivent pourtant rarement de purgatifs; ils guérissent facilelement les fièvres quartes par une frayeur subite ou par les sucs des plantes dont les propriétés sont contraires à cette maladie ou même semblables.
Ils m'enseignèrent leurs secrets contre ces fièvres. Ilssoi«gnent beaucoup plus attentivement les fièvres continues, qu'ils craignent plus que les autres; ils les combattent par l'obser^ ration des astres, par les plantes médicinales et les prières. Les fièvres quintanes, sextanes, octanes, etc., n'existent presque pas chez eux, leurs humeurs ne s'épaississant jamais.
Ils se servent de bains ot de thermes semblables à ceux des Romains; ils se frottent d'huiles et de beaucoup d'autres essences, inconnues chez nous, pour conserver la propreté, la santé et la force. C'est à l'aide de ces moyens et d'antrès encore qu'ils combattent la maladie sacrée qui les atteint souvent.
* l'hospitamer.
C'est là un signe de puisfmnce intellectuelle ; car Her-
cale, Socrate, Calliinaqae, Scott et Mahomet furent aussi affligés de ce mal.
LE GÉNOIS
LesSolariens cherchentà le guérir en adressant des prières au ciel, en affermissant le cerveau et en faisant usage des acides. Ils donnent au malade des bouillons gras mêlés de fleur de sureau, et s'efforcent de Tégayer ; ils sont très-habiles dans Tart culinaire ; ils assaisonnent les aliments avec de la muscade, du miel, du beurre et des aromates fortifiants ; ils tempèrent les mets gras avec des acides, afin qu'ils soient moins nauséabonds; ils ne rafraîchissent pas les boissoni avec de la glace, ni ne les font chauffer, comme les Chinois; car ils trouvent inutile de remplacer par une chaleur factice celle que Thomme doit avoir naturellement; mais pour activer leur sang ils emploient Tail trituré, le vinaigre, le serpolet, la menthe, le basilic, et surtout comme préservatif contre l'cnervcment des grandes chaleurs ; ils ont un élixir qu'ils prennent tons les sept ans, et qui leur donne, pour ainsi dire, une nouvelle vie. Cette boisson est sans danger, trèsagréable et d'un admirable effet
L'HOSPlTALfEB. '
Tu ne m'as |>as encore parlé des sciences et des magis«^ trats.
2J| LA (UTt
LE GÉNOIS
Je croyais pourtant l'avoir fait ; mais puisque je te vois sî curieux de détails, j'en vais ajouter quelques uns à ceux que je t'ai déjà donnés. A chaque nouvelle, ainsi qu'à chaque pleine lune, on rassemble, après un sacrifice, le conseil. Tous les individus au-dessus de vingt ans y sont admis à donner leur avis sur Fétat de la république, à faire valoir leurs plaintes contre les magistrats ou à leur accorder des éloges. Tous les huit jours les magistrats se rassemblent; c'est-à-dire, d'abord le Soleil^ puis Sagesse, Puissance et Amou7\ qui ont chacun trois magistrats sous leurs ordres, chargés de la direction des arts dont ils ont la spécialité, ce qui fait déjà douze magistrats. Puissance dirige tout ce qui concerne l'art militaire ; Sagesse ee qui regarde les sciences ; Amour s'occupe de la nourriture, des vêtements^ de la génération et de l'éducation. Les chefs de divisions tant hommes que femmes, les décurions, les centurions et les hommes de cinquante ans sont également convoqués. Dans cette assemblée on débat les affaires de la république et on élit les magistrats qui n'ont été que proposés auparavant dans le grand conseil. Tous les jours le Soleil et les triumvirs se réunissent pour se consulter sur les nécessités du moment, pour corriger, identifier et exécuter ce qu'on a décidé dlans les élections ; enfin, pour pourvoir à tout ce qui est pressant ; ils ne prennent le sort pour arbitra que dans les cas tout-à-fait douteux. Tous les magistrats peuvent être changés par la volonté du peuple, à l'exception des quatre grands dignitaires, qui ne se démettent de leur cliarge que lorsque, après en avoir délibéré entre eux,
DU JSQLPL. 2tt
ils la transmettent à quelqu'un qu'ils reconnaissent pour être plus sage, plus apte et pln^ i)igne qu'eux de Toccuper. Et, en ce cas, leur probité est si grande, qu'ils n'hésitent pas à abdiquer et à se soumettre ensuite entièrement à leur successeur. Mais ces changements sont peu fréquents. Après le Métaphysicien {(eSoleif), qui préside, comme un architecte» à tous les travaux, et qui aurait honte d'ignorer rien de ce qu'il est donné à l'homme de pouvoir apprendre, après lui, dis-je, Sagesse a sous ses ordres les chefs de chaque branche des sciences, tels que le grammainen, le logicien, le physicien, le médecin, le politique, le moraliste, Cècono-' miste, l'astrologue^ l'astronome, le géomètre, le cosmographe, le musicien, le professeur de perspective, l'arithméticien, le poète, le rhéteur, le peintre^ le sculpteur. Sous lé triumvir Amotir sont les magistrats chargés de la génération, de l'éducation et de l'hygiène, des vêtements, de l'agriculture, de l'art pastoral, des troupeaux, de la nourriture des animaux, de l'engraissement des bestiaux, de la cuisine, etc. Sous Puissance, les magistrats chargés des stratagèmes, de la castramétation, de la manutention du fer, des arsenaux, des monnaies, du trésor, de l'architecture, des chefs des explorateurs, de la remonte des chevaux, de l'infanterie et de la cavalerie, des gladiateurs, des artilleurs, des frondeurs et enfin le Justicier. Tous ces différents chefs ont sous leurs ordres des officiers secondaires spéciaux.
l'hospitalier.
Tu ne vfiÇi parles p^s de^ juges..
212 Ik OTÉ
LF GÉNOIS.
J*allais le faire. Chaque individu est sous la juridiction immédiate du chef de son emploi. Par conséquent, les magistrats qui président à chaque fonction sont les juges de tous leurs subordonnés ; ils les punissent par Texil, le fourt, la réprimande, la privation de la table commune, l'interdiction du temple et du commerce des femmes. Lorsqu'un Solarien a tué ou blessé quelqu'un avec préméditation, on lui applique la loi du talion, c'est-à-dire : la mort, s'il a tué; on le prive d'un œil s'il en a crevé un à sa victime, du nez, etc. La peine est atténuée, s'il n'y a pas eu préméditation, comme dans une rixe. Cette diminution de peine ne peut cependant être faite que par les triumvirs et non par le juge. On peut même en rappeler des triumvirs au Soleil^ non pour qu'il change la peine, mais pour qu'il fasse grâce, s'il le juge convenable. Lui seul a ce droit. Il n'y a qu'une prison dans la Cité, encore n'est-ce qu'une tour où Ton enferme les ennemis rebelles. Les accusations ne se font pas par écrit , mais sont portées seulement devant le juge, qui entend le.s témoins et les réponses de l'accusé. Puissance assiste également aux débats. La sentence est rendue séance tenante. Si le condamné en appelle au triumvir, dès le jour suiyanl la première sentence est cassée ou confirmée. Enfin, le troisième jour, le Soleil ou accorde la grâce, ou maintient définitivement l'arrêt. Le coupable est obligé de se réconcilier avec l'accusateur et les témoins, comme avec les médecins de sa maladie, et de les embrasser en signe de paix. La peine de mort n*est iniligrc
bU SOLEIL. 313
que par le peuple, qui tue ou lapide le coupable. Ce sont» toutefois, les témoins et l'accusateur qui doivent commencer l'exécution; ils n'ont ni bourreaux, ni licteurs, afin ne n'être pas souillés par le voisinage de te|s hommes. Parfois, cependant, on permet au condamné de se faire mourir lui-même. En ce cas, après avoir été exhorté à faire une bonne mort, le coupable s'entoure de sacs de poudre et y met lui-même le feu. La Cité tout entière se lamente et prie Dieu de s'apaiser; car les Solariens regardent comme une marque de sa colère l'obligation où ils se trouvent de retrancher un mem* bre gangrené de la république,- D'ailleurs, la sentence ne s'exécute que lorsque, par des raisonnements convaincants ils ont persuadé au coupable qu'il est nécessaire qu'il meure, et qu'ils l'ont amené au point de désirer lui-même l'exécution de sa sentence. Mais si un crime est commis, soit contre la liberté de la république, soit contre Dieu ou contre les magistrats suprêmes, l'auteur en est puni sur-le-champ et sans rémission. D'après la religion, on conduit celui qui doit mourir devant le peuple, et là, on le force à dire les raisons qui pourraient le disculper et à dénoncer les crimes incon-' nus de ceux qui selon lui méritent la même peine. Il doit accuser aussi les magistrats qui, d'après sa conscience, devraient également périr au milieu des supplices. Si ses raisons sont trouvées bonnes, on se contente de l'exiler, et la Cité offre à Dieu des prières et des expiations. Ceux qui ont été dénoncés par le coupable ne isont cependant pas inquiétés, mais seulement réprimandés. Les fautes commises par faiblesse ou par ignorance ne sont punies que par une réprimande et par l'obligation dans laquelle on met le coupable de s'habituer à la modération, ou de s'appliquer à
St4 U Gl'IÊ
I« ^i(^pe oq à Vipâastrie qull ai négligée. Im Solao'içns fe conduisent les ^qs eqver^ le« m^v^ de telle sorte, qw^oa les .Cirait (es «i^embfes d'mi Ri^we corpa. 11 l»it eqcoFe que tu saches que si quelqu'un ya s'accuser lui-mèiB^ d^nne faute f^ïèW^ en en demandant la punition à son magistrat, celui-ci pofnipne la peine qu'on aurait infligée au coupable, sMl B'eût pji^s bit Faveu de sa faute. On est toujours en garde pour que personne ne succombe sous une accusation calomnieuse ; au reste, le calomniateur est puni par la loi du talion , c^est-lidire, qq'ij subit la peine qui eût été prononcée contre le ca- .lomnié. ConmielesSolariens ne sont jamais seuls, mais toujours réunis par groupes, il faut cinq témoins pour qu'une accusation soit yafôble. A défaut de témcânst onrenfoîe Taccusé sur son serment d'innoceqcei en l'avertissant toutefois. Si la piêmeaccusation est portée une secopde et une troisième fois contre le même individu, il suffît de de.ni^ ou trois témoiRs pour qu'il soit condamné li une peine douille, (.eqrs lois peu nombreu^s, courtes et claires sont écrites sur des tables d'airain suspendqes aui^ portes et aux colonies du temple. Les définitions de l'essence des choses spnt inscrites sur ekaqqe colopnet eq style métaphysique très^cQucis ; c'est-à-dire, ce que c'est que Dieu, les ïinges, le monde, les étejles, rhomme, le destin, la vertu, etc.; tout cela est es^pliqué tr^-savauir ^lent. On voit là la définition exacte de chaque vertu. Les j liges ont qn siège ap-de^us de te colonne oft se trouva lu ^éfinitjQP de ja vertu dopt ils M>nt let» m^gistri^is, #t lorsqu^ls dojvent porter uqe seq^epce, i| s'y asseyent «t disent à l'ac-r tusé : » ^Q^ fils, tu ^s péché contre cette définition ^acpte > d^ la l^ienf^is^ifcç, dp te magnaninûté, etc.,.. Lis.... »
]puis, ^N 9ï<ûr entend<i l'^ecupé, ili la eopdamettt k U
nir wiMU 918
peine qu'il a eBemiriMi fielon (]ii*il a manqué à la iiiwiU« saficei k la digoité, à riMolHitét à la rccoanaissaitcè, etc. Ces «oodamaatÛMifl sont dto préservattfe ponr TaTenlr^ et plu^ tôt dea sîgaei d'aiaitié paternelle que des cërreetiona.
l'HDSPiTALlÉR.
tl êSt tëàips t}tiè ttî me parler dôâ prêtres, des sacriftces, éè la fëligton et d(ï là ck-oyàhce de te peuple.
LE GÉNOIS
Le Soleil lui-même est le grand- prêtre des Solarieoik Aii^ dessous de lui tous led principaux magistrats sont revêtus du sacerdoce. Lear emploi est de purifier les consciences de toutii iautei Tous les S(^iens déclarent sea^éttsment ledrs péchés aux magisbmts par la confession ^ ainsi qne cela se pratique parmi nous^ GrICe à cet usage^ les magistrats purgent les âmes et savent quels sont les péchés qui se multiplient d«W9 le peuple» Ges magtHtrats sacrés confessent eux^-mémes aux triumvirs leurs piDpk'eS fautes et celles des autres^ avec circonspection, sans nommer pl&rsonne, surtout pour les fautes leë plus graves et pour celles qui peuvent porter atteinte il la prospérité de la république. Les triumvirs confessent également leurs pécbés et ceux des autres au Soleil, qui, con-* naissant ainsi toutes les fautes qui se commettent le plus fré* quemment dans la Cité, s'efforce d'y remédier. Il offre en expiation des prières et des sacrifices à Dieu, et, lorsqu'il le juge nécessaire» monté sur l'autel, il déclare ien présence du
âi6 LA CtTÉ
Seigneur, pabliquement, mais toujours sans nommer personne, les péchés de toute la Cité. Puis il absout le peuple en l'exhortant ^ ne pas retomber dans les mêmes fautes, enfin, confessant lui-même à haute voix ses propres péchés, il offre un sacrifice à Dieu, pour qu'il pardonne ^ la Cité, qu'il l'instruise et la protège. Une fois l'an les chefs de chaque ville sujette aux Solariens viennent faire au Soleil la confession des peuples qu'ils gouvernent, afin qu'il n'ignore pas les maux des provinces et qu'il puisse y remédier par tous les secours temporels et spirituels. Le sacrifice se fait de la manière suivante : Le Soleildemmde au peuple quel est celui qui veut s'offrir en sacrifice à Dieu pour ses frères; le plus saint s'ofire de iui*même. Alors, après certaines prières et cérémonies^ on le place sur une table carrée, ayant à chacun de ses angles une corde qui descend d*une poulie fixée dans le petit dôme. On demande au Dieu des miséricordes qu'il daigne accepter ce sacrifice humain volontaire. Les Solariens n'offrent pas , ainsi que le faisaient les Gentils, de sacrifices d'animaux, parce qu'ils sont involontaires. A l'instant fixé pour le sacrifice, le Soleil donne l'ordre de tirer les cordes et l'holocauste est élevé jusqu'au centre de la petite coupole. Là, il se livre à de ferventes prières. Les prêtres, qui ont leurs cellules autour de cette coupole, lui donnent des aliments par une des fenêtres, mais en très-petite quantité, jusqu'à ce que l'expiation soit com- |)lète. Le pénitent, après vingt ou trente jours de prières et de jeûne volgntaire, lorsque la colère de Dieu semble s'être apaisée, devient prêtre, ou bien (mais fort rarement) il revient parmi ses concitoyens, en descendant par Textérieur du temple, où sont les cellules sacerdotales. U est traité avec
DU SÔLBIL. 1 211
beaueoup: de respect et d'estime durant le reste de ses jours, pour s*être aiosi dévoué jusqu'à oKm sa vie à Dieu ; mais Dieu ne veut la mort de personne en sacrifice.
Vingt-quatre prêtres habitent dans les dépendances du tem* pic; ils chantent des psaumes quatre fois par jour, à midi, à minuit, le matin et le soir. Ils sont aussi chargés d'observer les étoiles, de remarquer leurs mouvements avec l'astrolabe, d'étudier leur influence sur les choses humaines et leurs différents effets ; aussi savent-ils toujours quels changements sont arrivés ou arriveront dans les diverses parties du monde , ainsi que Tépoque précise à laquelle ces change* ments doivent avoir Heu ; ils envoient des explorateurs vérifier le résultat de leurs observations, afin qu'apprenant en quoi ils ont rencontré juste ou se sont trompés, ils puissent rectifier leurs calculs par l'expérience. Ce sont ces prêtres qui fixent le moment des unions sexuelles, des semailles, des moissons et des vendanges; ils sont enfin les interprètes, les intercesseurs, les liens entre les hommes et Dieu. Le Soleil est ordinairement choisi parmi eux : ils écrivent dans la solitude des choses admirables et approfondissent les scien* ces; ils ne se montrent qu'à l'heure des repas, et ne s'U' nissent charnellement aux femmes qu'autant que leur santé l'exige. Le Soleil va les visiter tous les jours et s'entretient avec eux sur ce qu'ils ont découvert de nouveau pour le bien de la Cité, et pour toutes les nations du monde.
Un solaricn est continuellement en prières devant l'autel dans rintérieur du temple* il est remplacé toutes les heures»