‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 16 sur 97 · LIVRE I. XXxiij · texte numérisé non relu

LIVRE I. XXxiij

de lîeo plus propre pour placer cet édifice , qae celui où il a été constmît* Il a Paris au nord, où il n'y a point d'observation à faire : il regarde directement le midi et découvre tout Thorizon, depuis le lerer d'été et au-delà, jusqu'au coacher d'été et beaucoup plus loin encore. Mon frère eut ordre de M.Colbert de faire le dessin de cet observatoire ', ^'il approuva Y et qui a été exécuté sans y rien changer, si ce n'est <{u'à l'arrivée de M* de Cassini en France , M.Garcavi qui voulait le faire valoir , lui mit dans l'esprit de iaire changer quelque chose. M. le Yau, premier architecte du roi, chagrin qu'un autre que lui donnât des dessins poorlesbâtimens , appuya la pensée de M. de Cassini : ce fut de changer le plan de l'étage noble , et d'y faire une grande pièctf qu'il prétendait nécessaire aux observations. Mon frère eut beau représenter que cela ne pouvait se faire sans hausser le bâtiment , ce qui était Impossible, la grande cormche étant posée, à moins que de surbaisser extraordinairenent la voûte de cette grande pièce, ce qui rappetissalt la moitié de la cage du grand escalier , et le rendait fort rude et peu agréable, de très-beau et de très-magnifique qu'il était, et que d'ailleurs cette grande pièce ne paraissait point nécessaire, il fallut en passer par l'avis de M. de Cassini et de M. le Yau , et faire une espèce de petit attique au-dessus de la grande corniche, pour donner plus d'élévation au bâfiment. L'escalier fut gâté , et la grande pièce n'a jamais servi k aucune des observations auxquelles on la destinait. Il ' est même arrivé que pour avoir fait cette pièce trop grande, la voûte s'est fendue , de même que le motif, et qu'il a fallu raccommoder et la voûte et la terrasse de ciment qin est audcssos. Ce fut une grande faute à laquelle mon frère ne

'' Les fondcmens de TObservatoIre furent jetés en 1667, et tout ce oàlÎTDent fnt achevé en 1672.

XXxir MÊMOIEES, LIVRE I.

consentit jamais. M. de Cassini a en encore l'entêtement de ne vouloir point qu'on représentât aunaturel les douze figures du zodia({ue , en marbre et par pièces de rapport , quoique M. Cplbert y eût consenti. Cette résistance qu'on n'a jamais comprise , a empêché que cette pièce n'ait été toute pavée de marbre : car les guerres qui sont venues depuis, ont fait abandonner ces sortes de dépenses. M. de Roberval, qui n'aimait pas M. de Cassini , et qui le regardait comme son concurrent en mathématiques, dit assez plaisamment sur l'empressement qu'avait M. Carcavi de faire valoir les avis de M. Cassini : « M. Carcavi ressemble à nn écuyer qui veut faire valoir le cheval qu'il met dans l'écurie de son maître. » Lorsqu'on commença k bâtir TObservatoire, vers le mois de mars de l'année 1667, il y avait déjà dutems qu'on travaillait au bâtiment du Louvre. Ce qui s'est fait touchant ce bâtiment est très-curieux et de très-grande conséquence : c'est pourquoi je reprendrai la chose dès son commencement.

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