XXXV) MÉMOIRES
(ession , eût pu faire rien de si beau. La pensée do péristile est de moi , et l'ayant communiquée à mon frère , il Fapprouva et la mit dans son dessin , mais en Tembellissant infiniment : ce dessin fut exposé dans la salle comme les autres ; ce fut un plaisir d'entendre les jugemens qu'on fit de ce dessin : il fut trouvé beau et magnifique , mais on ne savait à qui l'attribuer. Les plus versés dans ces matières, ne connaissaient personne , hors quelques étrangers qu'ils nommaient , qui pût dessiner si promptement ni si correctement. M. Colbert fut trèS'K:ontent du dessin de mon firère : mais pour ne rien oublier dans une affaire de cette conséquence , il résolut de prendre l'avis des plus excellens architectes d'Italie , et de les inviter comme il avait fait ceux de France , à donner des dessins. On fit des copies dos projets de M. le Vau , qu'on envoya à Rome , et que l'on adressa à M. Poussin , peintre ordinaire du roi , et un des meilleur» qu'il y eût alors. M. Colbert m'ordonna de lui faire une lettre , et la voici»
» Vous connaîtrez par cette lettre l'estime particulière que le roi fait de votre mérite. Sa Majesté ayant résolu d'envoyer à Rome les plans et les élévations de son palais du Louvre , pour avoir les avis et les pensées des plus fameux architectes qui y font leur demeure ; et pour cet effet ayant besoin d'une personne très-intelligente et très-capable pour les consulter de sa part sur cette matière , elle a cru ne pouvoir remettre le soin.de cette affaire en de meilleures mains que les vôtres. Elle a non-seulement considéré que la connaissance parfaite que vous avez de la peinture et de l'architecture vous rendait très-capable de cet emploi , mais