LIVRE II. xlix
doit âtre regardé comme wie maison d'hiver , parce qne dans les autres saisons le roi peut demeurer dans ses maisons de campagne. Il faut que Tappartement où sa personne, sera logée soit exposé au midi, c'est-à-dire sur la rivière, où sera aussi la belle vue. Il faut encore poser pour constant qu'on ne peut établir le lieu où Sa Majesté couchera, que dans le pavillon qui termine Taile qui regarde sur la rivière ; car de faire Tappartement du roi sur la face d'entrée, comme vous Tavez proposé, il faudrait mettre des sentinelles avancées pour empêcher le matin le bruit des carosses et des charettes ; or ce pavillon n'a que trois croisées , dont deux sont employées pour la chambre de cérémonie : ainsi il n'en restera qu'une pour la chambre à coucher , qui, par ce moyen sera si petite , comme je l'ai déjà dit, que la moitié de ceux qui doivent y entrer n'y pourront pas tenir. '>
Le cavalier promit qu'il penserait à cet inconvénient. Trois jours après , il apporta à l'assemblée du Louvre pour les bâtimens , où éuient M. Colbert et M. de Chambray «, frère de M. de Chantelou, et moi, un dessin qu'il tenait appuyé contre sa poitrine ; et s'adressant à M. Colbert, il lui dit qu'il était persuadé que l'ange qui préside au bonheur de la France l'avait inspiré ; qu il reconnaissait sincèrement n'être point capable de trouver de lui-même une chose aussi belle , aussi grande et aussi heureuse que celle qui lui était venue dans la pensée : lo sono intrato , poursui?ii-il^ in pensîere prqfundo. Il prononça ces mots avec une telle emphase , qu'il semblait qu'il fût descendu jus-
* M. de Chambray est auteur d'un excellent livre d'architecture , lotitalé : Parallèle de l* Architecture ancienne avec la moderne,
( Note de Patte, )