LIVRE TROISIÈME
J)loNSiEUR CoLBERT m'ayant demandé des nourelles de l'Académie française , dans la pensée qu'il avait que j'en étais , je lui répondis que je n'en savais point, n'ayant pas l'honneur d'être de cette compagnie. Il parut étonné , et me dit qu'il fallait que j'en fusses « C'est une compag^ûe « àjoùta-t-il, que le roi affectionne beaucoup ; et comme mes affaires m'empêchent d'y aller aussi souvent que je le imidf aïs , je serai bien aise de prendre connaissance par votre moyen de tout ce qui s'y passe : demandez la preniiàre place qui vaquera. » Peu de tems après, M.'Boîleau, frère de M. Despréaux , vint à mourir. Tous les acadétniciens à qui j'en parlai ou en fis parler me promirent leur voix et me dirent qu'il fallait avoir l'agrément de M. le chancelier. L'étant allé trouver à Saint-Germain-en-Laye , il me dit qu'il avait promis la place que je lui demandais à madame la marquise de Guiche , sa fille , pour M. l'abbé de Montigny ; mais qu'il me donnerait son agrément avec plaisir pour la première qui vaquerait.
A quelques mois de là , M. de La Chambre , médecin très-célèbre , et de l'Académie française , vint à mourir* Toute l'Académie résolut de me nonmier en sa place ; mais M. Colbert me dit que je n'y songeasse pas, parce que Mé de La Chambre , médecin, et fils du défunt, lui en avait parlé pour son frère , curé de Saint-Barthélemi. Je n'y