‹ Œuvres choisies de Ch. PerraultChapitre 41 sur 97 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Al. CoLBERT mena un jour AL Huggens à Versailles pour le lui faire voir. Ce savant admira tout ; mais ayant vu une tour fort haute sur la chaussée de l'étang de Clagny, il me demanda àquel effet on avait bâti là cette tour. Je lui dis que c'était pour élever l'eau de l'étang. « Est-ce , reprit-il, qu'on veut faire une fontaine sur cette tour ? Nullement , lui répondis-je, c'est pour la faire aller de-làdans les réservoirs et, des réservoirs à toutes les fontaines. Il n'était point nécessaire, me dit-il, de faire monter Teau sur cette tour r la pompe l'aurait portée aussi aisément de l'étang dans les réservoirs, sans aucun entrepôt, et la dépense de la tour est assurément très-inutile. » Je compris la chose dans le moment même, et je le dis à M.Golbert, qui en demeura d'accord sans hésiter , en ajoutant : « Que voulez-vous? il faut bien payer son apprentissage. » Mais ce qui est encore bien plus étonnant, c'est qu'on a fait la même faute à Marly , où l'on a bâti une tour encore plus large et plus haute , et d'une dépense incomparablement plus grande que celle de Versailles, et qui n'est pas moins inutile ; car avec la même force qui élève l'eau d'une hauteur immense sur cette tour, on pouvait la pousser,^ par les tuyaux de conduite , dans les réservoirs de Versailles sans l'élever ainsi. Je ne me mêlais point du tout de ce travail, et comme M. Colbert eu savait autant que moi sur cet article , je ne crus point devoir lui en parler. Quand on proposa de faire le canal de Versailles , le sieur

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